27EME CAFE-LITTERAIRE: TIBURCE KOFFI, l’AUTEUR DU JOUR


Le 27ème café littéraire s’est  tenu ce Mercredi 10 février à la case des arts et  a reçu le professeur, chroniqueur et journaliste TIBURCE KOFFI. Son œuvre : Mémoire d’une tombe, qui a été élue prix ivoire pour la littérature africaine d’expression francophone 2009, était sous le feux des projecteurs.

L’ ŒUVRE

Pensée depuis octobre 1987, dans les confins d’une prison, C’est finalement en 2004 que Tiburce Koffi se décide à coucher sur papier cette rage, ce trop pleins d’émotions qui bouillonne en lui. A travers un pays purement fictif, on découvre les failles d’un système corrompu, vicié, dont l’engrenage enroué par le retard, la gabégie, la cupidité, et bien d’autres maux, conduit inexorablement à une révolution. Une révolution militaire, avec son lot d’espoir, de rêves et de sang. Au fil de l’ouvrage, ceux qui n’auront pas pu identifier dès le début les anagrammes entre les personnages fictifs et ceux qui ont réellement existé et existent encore, se rendront compte finalement que ce pays ne leur est pas si étranger.

L’ECHANGE

Plusieurs thèmes ont été abordés durant l’échange qui a été très enrichissant. Les questions parlant de l’Afrique en général ou de la vie de Tiburce Koffi en particulier, ont toute reçues des réponses appropriées. Une fois encore, les hommes de lettres ont répondu présents à l’appel et ont rehaussé de leur présence, ce café. Ce qu’il faut retenir:

  1-L’Afrique ne rêve pas suffisamment. Or pour construire une nation, il faut apprendre à rêver, rêver debout, éveillé, et non plus en dormant, afin que ces rêves ne restent pas stériles.

   2-Être militaire n’est pas un indice d’incapacité ou de capacité à gérer un pays, mais pourrait être le premier pas vers l’apprentissage de la discipline et de la rigueur, indispensable à la bonne gouvernance d’un Etat. Régime civil ou militaire, c’est la qualité des dirigeants qui compte, qualité qui laisse à désirer aujourd’hui dans notre pays. Il y a une incohérence totale entre la prévalence de gauche des dirigeants du  pouvoir en place et leurs réalisations. L’idéologie qu’ils défendent est celle du bonheur du groupe. Être de gauche, c’est un comportement sociologique qui prend des dimensions spirituelles dans ses sphères les plus élevées à travers le détachement des biens personnels pour rechercher le bien-être d’un ensemble plus vaste. Et pourtant, force est de constater que le pays stagne depuis une dizaine d’années.

  3-Pour certains auteurs, la vraie révolution ne tue pas. Car il ne sert à rien de détruire ce qui existe pour espérer rebâtir quelque chose qu’on ne pourra pas recréer. La révolution c’est penser autrement.
Pour Tiburce, la révolution est au dessus de l’évolution. Elle remet en cause un système et une structure jugée désuète.Si c’est pacifiquement, tant mieux, car nul n’a dit qu’une révolution devait être sanglante, mais si c’est dans le sang, tant pis.

  4-A ceux qui reprochent la fin quelque peu tragique du roman, il a été dit que l’écrivain a parfois mal d’emmener son personnage au tombeau. Mais celui ci impose son destin à l’écrivain qui n’a plus de prise alors, sur ce qu’il écrit et devient simple spectateur privilégié.

5-Pour Tiburce, l’Afrique ne sortira pas de son retard et de ses problèmes tant qu’elle n’aura pas rejeté les préceptes de religion qui ne la concerne en rien: ISLAM et CHRISTIANISME, pour revenir à ses fondements de tolérance; ce qui d’ailleurs a été vivement contesté dans le public. Tiburce sortira très bientôt un essai sur ce sujet.

LES POINTS FORTS

Il y avait du très beau monde. Régina yaou, Hyacinthe Kakou, Gnalehi Bebey, Flore Hazoumé, Luisiano N’Dohou, Gina Dick, Foua Ernest Saint Sauveur, Serge Grah……

LES POINTS FAIBLES

Prévue pour 17 h, la rencontre a débuté à 17h50. Il y a eu également quelques petits problèmes de micros.

ANECDOTES

  • La jeune fille qui était venue de Soubré au 25ème café a encore effectué le déplacement, avec toujours autant de passion.
  • Tiburce Koffi qui fustige le retard et ses conséquences sur près de dix pages dans son livre est arrivé avec plus de 45mn de retard. La plaisanterie a fait long feu à ce sujet.

revoir le compte rendu du 25ème café littéraire

Stay blessed!!!!!

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A propos de l'auteur

Je suis Yehni Djidji, écrivain, scénariste, chroniqueuse, entrepreneur web et ce n'est que la partie visible de l'iceberg. Je crois qu'avec la foi on peut tout accomplir, même s'accomplir !

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