« Quand Abidjan se révèle » : Abidjan d’hier à aujourd’hui


30 Sep. 2017

Comprendre Abidjan, qui elle est, d’où elle vient, et peut-être où elle va, c’est le pari réussi par « Abidjan, quand la vie se révèle ». Le documentaire que je suis allée voir, juste parce que j’ai obtenu des tickets gratuits, a finalement été un excellent moment à passer. J’ai pu en savoir plus sur cette ville où j’ai vécu la plus grande partie de ma vie, m’imprégner de son histoire et de ses défis.

La ville hier

Abidjan, 3ème ville choisie par les colons pour abriter l’administration après Grand-Bassam et Bingerville. Un endroit propice à la vie, où terre et eau s’enchevêtrent intimement.

Les Ebriés, précisément les Bidjan, ont dû se déplacer et céder leurs terres pour la cause commune du développement. Tant bien que mal ils tenteront de sauvegarder leurs traditions dans un environnement de plus en plus urbain faisant cohabiter Mairies et Chefferie, immeubles et villages.

Comme toute colonie Abidjan a eu ses quartiers blancs et ses quartiers indigènes. Ainsi, le Plateau conçu pour abriter les maisons des colons a des rues larges de 50m alors que Treichville, réservées aux noirs, se contente de rues de 20 m de large.

Propulsée sur le plan économique par l’ouverture du Canal de Vridi, Abidjan est maintenue comme capitale de la Côte d’Ivoire quand vient l’heure de l’indépendance proclamée sur la fameuse place de la République connue à l’époque sous le nom de la Palud.

Félix Houphouet Boigny, premier Président de la République de Côte d’Ivoire a de grandes ambitions pour cette ville qu’il veut en tout point moderne. Les chansonniers la comparent déjà à Paris. Le Maire Ernest Mobio qui témoigne dans le documentaire, mentionne les critiques essuyées quand le projet de la cathédrale était en train d’être réalisé. « « Au lieu de construire la cathédrale, il y a des gens qui ont faim ». Une phrase que l’on entend encore aujourd’hui lorsque de grands travaux doivent être entrepris.

La crise économique des années 80 freine les ardeurs du Président. Les agences de l’Etat chargées de construire des promotions immobilières se retirent petit à petit de la scène pour laisser la place à la Sicogi et aux opérateurs privés.

Abidjan, aujourd’hui

Aujourd’hui avec plus de 5 millions d’habitants, Abidjan s’est étirée bien au-delà des plans initiaux, au fil des migrations et des exodes. Ses immeubles de Adjamé ou Cocody ont perdu leur lustre d’antan. Abidjan souffre de ce trop plein de monde… et peut être du peu de prévoyance de ses dirigeants.

Abidjan est devenue sale. Chose que George Taï Benson attribue « à la population plus dense et plus ignorante que par le passé ». Abidjan en effet était autrefois très propre avec un service d’hygiène qui circulait de concession en concession et délivrait des amendes aux personnes qui avaient un environnement insalubre. Les vendeuses de rue qui protégeaient mal leur nourriture n’étaient pas à l’abri non plus. Elles pouvaient écoper en cas de manquement, d’une amende de 600 F CFA et leurs ustensiles étaient saisis jusqu’au paiement de cette somme. Or à l’époque, ce n’était pas chose aisée de payer 600 F CFA.

Abidjan est devenue le repère de l’insécurité. Les crises connues depuis 1999 ont laissé leur lot de cicatrices dans le paysage urbain de la perle des lagunes et également dans les comportements. Les pères de famille, préoccupés par la recherche de la pitance quotidienne de la famille, exercice de plus en plus difficile, ont peu à peu délaissé l’éducation de leurs enfants. Tout comme les mères qui ont dû également quitter les cuisines pour devenir une source de revenus supplémentaires au risque de voir leur progéniture être privée de tout. Ce sont cette pauvreté et ce défaut d’éducation qui ont conduit à l’émergence d’une catégorie de plus en plus grande de jeunes et d’enfants non maitrisables, certains devenus carrément et ouvertement « en conflit avec la loi ».

Anecdotes, témoignages, histoires inspirantes, « Abidjan quand la vie se révèle » est une belle occasion de communier avec Abidjan, la ville refuge. Documentaire diffusé jusqu’au 5 Octobre au Majestic. Prix du ticket. 3000 F CFA à Sococé et 5000 F CFA à Prima et Ivoire.

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A propos de l'auteur

Je suis Yehni Djidji, écrivain, scénariste, chroniqueuse, entrepreneur web et ce n’est que la partie visible de l’iceberg. Je crois qu’avec la foi on peut tout accomplir, même s’accomplir !


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