AFFAIRE D’INGERENCE!


27 Déc. 2010

« A quelque chose, malheur est bon » dit-on.
Le niveau de langue des ivoiriens est entrain de s’élever de plus en plus à la faveur de la crise. Après l’époque du mot « concomittament », c’est aujourd’hui « la forfaiture », « la forclusion », « l’ingérence », pour ne citer que ceux là, qui sont à l’ordre du jour. Des mots qu’on aurait jamais imaginé employer dans une phrase, puisque nous ne connaissions pas, pour la plupart, leur existence.
Attardons nous un peu sur le dernier mot « ingérence ». Il est devenu le fer de lance du discours de tout les partisans du Président Laurent Gbagbo et le catalyseur exacerbant la fibre patriotique des uns et des autres.
« Défendons la souveraineté de notre territoire et disons non à l’ingérence », semble-être le mot d’ordre.
Mais est-ce le véritable problème de la Côte d’ivoire? L’ingérence? En toute franchise, je ne comprends pas ce concept. 
Quand les USA, la France et bien d’autres viennent intimer l’ordre au Président Laurent Gbagbo de quitter le pouvoir au profit du président Alassane Ouattara. On crie à l’ingérence. 
Mais quand l’Angola, la Lybie et tout récemment le Cameroun, soutiennent le président Laurent Gbagbo, on ne parle pas d’ingérence.
Alors, quoi? L’ingérence serait-elle consommée et avérée, uniquement quand une tierce personne donne un avis contraire à celui des membres du LMP sur la situation ivoirienne?
Je me suis donc mise en peine, de découvrir le sens de ce mot diabolique: « ingérence ».
L’ingérence, de source sûre, est une intervention non désirée dans les affaires d’une tierce partie.
Voilà qui est claire. Intervention non désirée. L’intervention des USA, de la France et de la communauté internationale n’est pas désirée, donc, c’est de l’ingérence.
Mais qui ne la désire pas? Telle est l’autre question? Ici il n’y a pas qu’une tierce partie, il y en a deux en conflits. Dès cet instant l’ingérence dépend du côté où on se place.
Et puis, parlant de l’Angola qui veut soutenir la Côte d’ivoire en cas d’attaque. Si elle avait soutenu la Côte d’ivoire en organisant et finançant les élections, on en serait pas là aujourd’hui. C’est bien beau de jouer les médecins après la mort!
Youssouf Bakayoko
Et entre nous, vous ne trouvez pas que le débat est déplacé? Est-ce l’ingérence le véritable problème des ivoiriens? Non, je ne le crois pas! C’est une des multiples facette des conséquences du problème. Mais pourquoi se focaliser uniquement sur lui? Parce que comme toujours certaines personnes y trouvent sans doute un avantage.
Je crois pour ma part que le problème le plus ancien est la candidature de Alassane Ouattara et ses origines douteuses. Ajoutons à cela la rébellion qu’on lui a mis sur le dos sans qu’il ne s’en défende jamais. Sauf au cours du débat d’hypocrisie historique qui a eu lieu avec son concurrent.
Voilà le problème principal. Pour beaucoup de gens aujourd’hui Alassane Ouattara ne pourra jamais être président de ce pays. Ils sont incapables d’avancer d’arguments solides mais en tout cas, Alassane Ouattara? Jamais. Leur cerveau omet les 48% que Alassane Ouattara a obtenu, selon Yao N’dré, en toute légalité. Même si Laurent Gbagbo fait une déclaration à la nation pour avouer qu’il a triché, ce que je n’affirme pas, comprenons nous bien, ils vont préférer qu’un autre s’installe au fauteuil, surtout pas Alassane Ouattara.
Il y a donc un problème de personne que les gens ont voulu ensuite généraliser en problèmes Chrétien  vs Musulmans et Nord vs Sud. Je crois d’ailleurs qu’ils y ont réussi.
Paul Yao N’Dré
Les deux autres sources de conflits ont été: ISSOUF BAKAYOKO et YAO N’DRE. En effet le premier a violé l’article 59 du code électoral, quand le second a choisi  de tordre le cou à l’article 64. Ces deux là sont-ils morts? S’ils sont en vie, pourquoi ne pas les écouter et interroger chacun sur ses agissements contraires au code électoral plutôt que de nous envoyer des prétendus experts pour nous faire des analyses profitables uniquement à un camp? Youssouf et Yao avaient sans doute des raisons pour agir comme ils ont agit et nous précipiter ainsi dans un chaos annoncé. Nous ivoiriens, voulons les connaître.
Mais non! Au lieu de cela on nous oblige à suivre des débats insipides. On s’agrippe à la thèse de l’ingérence, oubliant qu’elle a bien eu une origine. On veut créer une solidarité africaine contre les occidentaux, comme si cela nous mènera à quelque chose. On fait comme si vivre en autarcie ne nous gênera pas, qu’on peut créer notre propre monnaie du jour au lendemain.
La Côte d’ivoire qui met tant de temps à faire des enquêtes qui n’aboutissent jamais à aujourd’hui des services secrets plus performants que le MOSSAD. Chaque jour que Dieu fait, on découvre et déjoue des complots, on débusque des tireurs d’élites, on identifie des commandos suicides etc…… Alors que jusqu’à présent la police n’a pas pu découvrir l’identité des voleurs qui nous ont cambriolé il y a environ quatre ans de cela.
Ce qui me fait le plus mal, c’est que chaque camp met Dieu au devant, pour se faire passer pour le nouveau Messie.
Rappelons nous de la chanson: « Quand tout va bien,  jeune homme, tu t’en fous de Dieu, quand tout va mal tu dis bien, oh Dieu, oh Dieu ». Aujourd’hui les polygames avérés et les rebelles nous sortent la bible.
Faisons attention! Veillons et prions mais restons vigilants!
PS: Francis Wodié, l’homme à qui les ivoiriens ont coupé la main de l’espoir, c’est prononcé d’une manière assez détaillée. Contrairement aux LMP qui ne parlent que de la forclusion de Youssouf Bakayoko et des RHDP qui ne parlent que de la forfaiture de Yao N’dré, lui, s’exprime sur tout, avec l’oeil du grand juriste qu’on lui connait. Lire l’article ici.
Stay Blessed! 
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A propos de l'auteur

Je suis Yehni Djidji, écrivain, scénariste, chroniqueuse, entrepreneur web et ce n'est que la partie visible de l'iceberg. Je crois qu'avec la foi on peut tout accomplir, même s'accomplir !

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