CAN 2013: LA CÔTE D’IVOIRE ELIMINEE


03 Fév. 2013

coupeSans tambour ni grelot, les éléphants de Côte d’Ivoire quittent la Coupe d’Afrique des Nations les mains vides. Cette fois ils sortent, sans la consécration suprême, par une porte encore plus petite que les années précédentes : les quarts de final, la fenêtre ! Encore une fois on ajoutera l’injure à l’humiliation en demandant à la population d’aller les accueillir en triomphe à l’aéroport. Encore une fois on targuera de « non patriotes » ceux qui refuseront de s’y rendre et de trouver des conditions atténuantes au crime des pachydermes. Favoris de la compétition et éliminés encore une fois, une autre fois de trop.

Peut-on renier son enfant quand il ne travaille pas bien à un examen, surtout quand il est premier de la classe ? Non, bien-sûr que non !  Mais on peut le gronder, le corriger. Cela n’a aucun lien avec l’amour qu’on lui porte, voilà pourquoi le manque de patriotisme n’est même pas à évoquer. « L’ivoirité » c’est dans le sang, voire même le cœur, ni dans les tenues orange blanc et vert ni dans les propos mièvres. Ce n’est parce que nous dirons clairement à nos joueurs qu’ils ne se sont pas montrés dignes de leur compétence et de nos espoirs que nous seront moins ivoiriens, qu’ils seront moins nos enfants. Ce rôle de père fouettard, nous le laisserons à la Fédération Ivoirienne de Football et au Ministère de tutelle. A eux de découvrir les causes de cette régression, cette dégénérescence footballistique, (de préférence à la télévision), de savoir s’ils vont encore sacrifier à la tradition du changement d’entraîneur ou pas.

Nous, population, tournons au plus vite cette nouvelle page souillée par la défaite et remettons nous au travail.

Nous avons perdu et alors ? On espérait-vraiment une victoire avec le style de jeu que nos « enfants » ont adopté sur le terrain? Un miracle aurait pu survenir et nous aurions gonflé nos poitrines et fermés les yeux sur les lacunes. Nous nous serions vantés là où notre seul mérite aurait été la chance. S’il existe un Dieu du football il n’a pas failli à sa mission de justice et d’équité en donnant la victoire aux Super Eagles du Nigéria. Ils ont mis leurs tripes à nu pour porter haut le drapeau de leur pays à l’issu de ce match.

Non, je n’ai pas de larmes à verser pour les éléphants et je vous invite à économiser les vôtres en ces temps de vie chère. Remettons-nous vite au travail.  Nous ne pouvons nous permettre de faire longtemps le deuil de la coupe. Nous ne pouvons nous permettre une vendetta pour chercher qui brûler, qui frapper, qui insulter. Mettons les deux pieds dans le plat de la réalité et affrontons nos challenges personnels. Les éléphants avaient le leur et ils ont lamentablement échoué. Ne nous insinuons pas dans cette brèche.

Les joueurs parlons-en ! Ils ont certainement tout aussi mal que nous, voire plus. La différence fondamentale est qu’ils se sont eux-mêmes infligés cette douleur et que la population ne fait que subir.  De plus, leur salaire dodu les consolera bien un jour ou l’autre. Nous qui n’avons même pas cela et qui avons crû que cette compétition nous accorderait un peu de distraction et de baume au cœur,  remettons-nous en selle ! Ils aident les nécessiteux à travers leurs fondations, c’est déjà cela de gagné.

Vraiment dommage pour la génération Drogba qui a raté sa dernière chance. Next please !

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A propos de l'auteur

Je suis Yehni Djidji, écrivain, scénariste, chroniqueuse, entrepreneur web et ce n'est que la partie visible de l'iceberg. Je crois qu'avec la foi on peut tout accomplir, même s'accomplir !

3 thoughts on “CAN 2013: LA CÔTE D’IVOIRE ELIMINEE

  1. Entraineur inexpérimenté,joueurs sous pression,supporters survoltés et un peuple déçu.Chers ivoiriens,vous avez crié VICTOIRE trop vite,un peu plus d’humilité SVP…

  2. slt ma grande, très beau commentaire et je ne trouve rien à dire que vraiment désolant. comme tu l’as si bien dit, remettons nous au travail jusqu’à ce que l’argent qui travaille puisse circuler et enfin on jouira de tout pour nous et notre famille. Dieu te bénisse.

  3. Je m’accorde pleinement avec ce commentaire. Je voudrais seulement ajouter ceci, et que nos éléphants devraient retenir: c’est que rien ne peut s’acquerrir d’avance ou d’office sans combattre avec courage, abnegation et dévotion, cela avec une dose minimum d’humilité.

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