CES BRUITS AUX ABORDS DES ECOLES


Un jour ouvrable, un marché, un bruit infernal. Ce ne sont pas les sons usuels qui ne font jamais défaut dans nos marchés urbains. Ce ne sont pas des klaxons d’automobilistes en colère, les voix stridentes des marchands qui veulent attirer la clientèle, les pleurs d’enfants incommodés par la chaleur…C’est du coupé décalé craché à fort décibel et pour cause, une compagnie de téléphonie fait une animation dans un camion à quelques pas. Un groupe de jeunes gens se trémoussent à l’intérieur, sur un podium, aux sons des onomatopée d’un DJ. Excusez moi si je ne peux dire lequel exactement. Juste en face de cette « boîte de jour » où des jeunes gens se contorsionnent dans des positions plus acrobatiques les unes que les autres? Une école…

Oui, un établissement scolaire d’où plusieurs poignées d’étudiants perchés au balcon se régalent du spectacle gratuit à eux offert. Je m’offusque! Comment peut-on faire autant de bruits en face d’un établissement scolaire? C’est absolument déplacé! Mon accompagnateur me fait remarquer que cette situation est un moindre mal comparé aux buvettes et maquis qui ceinturent certaines écoles, ou encore au marché à proximité, qui lui est bel et bien là, tous les jours, avec son vacarme habituel.

Je me tais.C’est tellement vrai. Si cette animation était inopportune, elle a l’avantage de n’être que temporaire. Qu’en est-il des autres maux permanents qui squattent les abords de nos temples du savoir? A qui doit-on jeter la pierre pour ces écoles qui se confondent presque aux marchés? Il fut un temps où je me demandais comment les élèves de l’école « Nangui Abrogoua » d’Adjamé arrivaient à travailler. Peut-être faut-il déterminer de l’une ou l’autre des infrastructures qui était là en premier. Je sais que des actions d’assainissements avaient été entreprises par le Ministère de la Salubrité Urbaine sous Anne Ouloto. Qu’en reste-t-il aujourd’hui?

Quelques minutes après, le camion démarre et s’en va. Je réalise que j’ai bien fait de me plaindre. Je réalise que le moindre mal survient parfois pour nous aider à nous rappeler des maux plus graves, plus permanents, tellement devenus une partie de notre quotidien que nous n’y faisons plus attention.

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A propos de l'auteur

Je suis Yehni Djidji, écrivain, scénariste, chroniqueuse, entrepreneur web et ce n'est que la partie visible de l'iceberg. Je crois qu'avec la foi on peut tout accomplir, même s'accomplir !

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