CHRONIQUES D’UNE EXILEE PAR LALA SOUMAHORO


23 Avr. 2012

Mise à jour du 23 avril 2012: Il me revient que Lala Soumahoro a été impliquée dans des exactions pendant la crise post électorale. De graves exactions. Franchement je suis confuse. Je ne connais pas Lala Soumahoro, j’ai découvert sa chronique récemment. On m’a même envoyé une capture d’écran de propos qu’elle a tenu pendant la crise qui font froid dans le dos. Mais je ne compte pas retirer cet article. Ce n’est pas à moi de la juger. Je transmet l’information. Que chacun en fasse bon usage et laisse la justice suivre son cours.

Connaissez vous Ben Soumahoro ? Le député indépendant qui manie la langue française comme l’escrimeur la lame de son épée? Celui qui a écrit une lettre bien épicée à l’attention de Madame Henriette Dagri Diabaté pour protester contre les médailles qu’elle donne à tour de bras depuis son accession au poste de chancelière. Bref, si vous ne voyez toujours pas qui sait, c’est lui sur la photo.

Sa fille, Lala Soumahoro, aurait débuté depuis quelques jours une chronique sur facebook et un blog où elle raconte comment sa famille et elle ont vécu les moments forts de la crise post électorale. J’utilise le conditionnel parce qu’avec internet, on ne sait jamais qui se cache derrière une page. En tout cas, les explications détaillées et les commentaires indiquent qu’il s’agit bien d’elle. Elle ouvre son coeur en relatant la peur, la fuite, l’exil, la frustration…
C’est sûr on trouvera dans les camps adverses des personnes avec un témoignage tout aussi poignant. Des Alassanistes, des Guéistes, des Bédiéistes et même ceux qui ne sont les « istes » de personnes pourront nous dévoiler leur souffrance de 1999 à aujourd’hui. 
Mais je pense qu’ici il faut se départir de toute notion de camp. C’est l’aspect authentique du récit qui séduit.  C’est le témoignage d’une ivoirienne obligée de vivre loin de sa terre natale à cause de la politique et je crois que cette histoire vaut la peine d’être lue Même si on sent sourdre un profond ressentiment contre ceux qui sont au pouvoir actuellement et qu’elle n’hésite pas à clamer qu’elle aime Gbagbo, c’est sa vérité, sa réalité. A chacun de se faire une idée.
« L’écriture de cette chronique est une cure pour moi, je ne vois pas la nécessité de mentir. Mentir ne m’apporterait rien de constructif, et je sais que cela n’aiderait pas non plus ceux qui veulent guérir en lisant. Si j’écris, c’est parce que ça m’a fait mal. Egoïstement, j’ai eu mal pour ma petite personne. Je sais que ceux qui me voyaient passer dans ma grosse voiture, ceux là qui ont oublié qu’auparavant, j’étais à peine visible dans ma petite Nissan Sunny de 1991, se sont réjouis de ma Chute. Je sais que ceux qui me voyaient heureuse en couple, ont dansé de joie dans leurs salons en me voyant séparée. Je sais que ceux qui entendaient parler de ma réussite professionnelle ont fait des culbutes et ont ri sous cape en voyant mon bureau cambriolé et dévasté. Dieu sait que j’ai eu mal. Mais je n’ai pas pleuré. Au début j’ai pensé que c’est parce que je n’avais pas réalisé, et puis j’ai compris que mon Cerveau était déjà préparé à recevoir pire. Et j’ai reçu pire. Le 11 avril 2011, assise devant une télévision, dans une maison où nous étions cachés depuis plus de 5 jours suite à l’attaque de notre maison, j’apprends que les Forces Françaises ont arrêté le Président Gbagbo Laurent. Mon Héros. L’homme Invincible, Celui auquel je croyais dur comme fer. Mon monde s’effondre. mes jambes ne me portent plus, je ne vois plus rien…. »

categories épopée ivoirienneQue deviennent-ils????

A propos de l'auteur

Je suis Yehni Djidji, écrivain, scénariste, chroniqueuse, entrepreneur web et ce n'est que la partie visible de l'iceberg. Je crois qu'avec la foi on peut tout accomplir, même s'accomplir !

4 thoughts on “CHRONIQUES D’UNE EXILEE PAR LALA SOUMAHORO

  1. je suis d’accord quand tu dis que c’est son aspect authentique qui séduit. les autres chroniques sur facebook parle généralement de relations amoureuses…enfin c ‘est ce que je pense vu le titre . tout le monde a souffert dans cette affaire, pas besoin d’être un(e) « iste »

  2. La plume ou plutot devais-je dire le clavier est une bonne thérapie pour aller mieux face à un tel traumatisme.Total respect pour son vécu,sa douleur et ses souvenirs qui resteront à jamais gravé dans sa tete.

  3. j’ai découvert ton blog depuis peu ; je viens de lire une partie de < < chronique d'une exilée>>
    Je voudrais te Féliciter Yehni (je me permets) parce qu’il faut du courage et un certain respect de la démocratie pôur oser publier ou juste parler de cette chronique!tout mon respect , de cette démocratie qui permet de laisser l’autre s’exprimer.
    j’essaye d’écrire sur son blog mais comme il faut passer par Facebook, je ne le peux.
    Un jour si tu dois rencontrer cette jeune femme sans vouloir la juger, dis-lui que je demande au Tout-Puissant (et d’ailleurs je le demande pour tous les ivoiriens) de lui faire comprendre que tous ont souffert dans votre beau-pays et que nous africains avons souffert pour vous. Tous sans exception; elle a de grandes qualités littéraires et j’espère qu’un jour après sa thérapie elle les metrra au service de la PAIX pour la CI mais aussi pour l’Afrique.
    Yehni sois bénie ; que l’inspiration continue pour que tes rêves se réalisent

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