Climackathon: 24 heures pour parler climat avec l’AFD


13 Déc. 2017

Les mutations du climat sont un problème universel. Peu importe le continent où l’on se trouve, on ressent les cris de cette planète qui souffre, victime des abus des hommes et des conséquences néfastes de leurs « progrès » technologiques, industriels et scientifiques mal maitrisés.

Un problème universel

Que l’on soit un des pays les plus pollueurs ou pas, nous sommes tous concernés par la destruction de cette nature que nous avons en partage. Quand le Bangladesh perd 1/3 de son territoire sous les eaux, à cause de la fonte des glaciers, on ne peut que penser à tous les pays insulaires en danger, et à notre « Grand-Lahou » que les eaux grignotent tout doucement.

Oui, en Côte d’Ivoire aussi, bien que nous ayons raté le coche de la révolution industrielle, nous voyons et subissons les bouleversements des périodes de pluies et de sécheresses que l’on nous faisait apprendre à l’école primaire.

Les pluies diluviennes qui s’abattent impunément en Décembre alors que l’harmattan traine les pieds et draine un lot impressionnant de poussière, donnent à réfléchir. Mais il a fallu ma participation hier à un Panel sur le climat organisé par l’AFD et modéré par le journaliste Fernand Dedeh pour réaliser que ce que nous voyons n’est qu’une infime partie de la pollution et de ses conséquences. Il y a vraiment péril en la demeure.

Les eaux polluées et toxiques

Monsieur Evariste Aohoui qui exerce dans le domaine du recyclage des déchets électroniques dépeint une situation inquiétante. Un canal de Vridi envahi par les résidus de nos appareils électroniques, une lagune émettant une forte toxicité, des poissons contaminés qui arrivent dans nos assiettes et poursuivent leur chemin dans nos ventres, suscitant de nombreuses maladies chez nos concitoyens.

Les conséquences sur le monde agricole

Monsieur Daniel Oulaï, entrepreneur dans le domaine agricole n’a pas non plus eu des propos plus rassurants. L’agriculture est la première victime de ce climat qui tangue. De plus les nouveaux intrants dits « améliorés » vendus sur le marché enferment le paysan dans un cercle vicieux de dépense. Ils ne permettent pas une réutilisation des anciennes semences pour de nouvelles plantations mais obligent plutôt le paysan à repartir acheter à chaque fois. C’est justement ce que Monsieur Oulaï essaie de combattre avec son équipe en développant des semences paysannes qu’il met à la disposition des cultivateurs.

Il s’est beaucoup appesanti sur l’importance de repenser notre agriculture. Pas en important le modèle occidental mais en trouvant notre propre modèle en se basant sur nos réalités.

« Pour 2000 ha de plantations aux USA on emploie 5 personnes. Pour 2 ha en Afrique on peut employer 25 personnes. Si on veut suivre le modèle d’industrialisation occidental on risque de créer un taux de chômage sans précédent. » a-t-il dit.

Il faut aussi développer une meilleure conservation des produits car environ 60% des récoltes de tomates sont perdues parce qu’elles sont pourries et que plus personne n’en veut. Or, la tomate n’est pas le seul produit concerné.

Et c’est dans ce contexte que la Côte d’Ivoire accepte les cultures OGM et annonce la construction d’une centrale à charbon. On a envie de s’arracher les cheveux et de crier au sabotage.

Des initiatives à encourager

Heureusement des initiatives sont mises en œuvre pour tenter d’apporter des solutions aux problèmes vécus par les populations. Monsieur Armel Koffi par exemple était là avec Solarpark, un cartable solaire qui permet à l’enfant d’avoir accès à l’électricité emmagasinée dans le sac pour étudier le soir. Une initiative excellente que le gouvernement ivoirien a décidé d’accompagner en produisant 40 000 exemplaires qui seront distribués aux enfants dans des zones prioritaires.

L’AFD au coeur du combat pour le climat

L’Agence Française de Développement également, soutient la cause climatique en octroyant par exemple du financement à des banques qui font des prêts subventionnés à des projets énergétiques, a expliqué Mihoub Mezouaghi, économiste et Directeur adjoint de l’innovation et de la recherche à l’AFD.

Monsieur Bruno Leclerc, Directeur de l’AFD en Côte d’Ivoire a annoncé un plan de communication plus intense sur leurs actions pour 2018 parce qu’ils interviennent dans plusieurs domaines clés.

Discours au nom de l’ABCI

L’association des blogueurs de Côte d’Ivoire (ABCI), que j’ai désormais l’honneur de présider, a tenu à associer son image au climackathon et à participer à la conversation car il est important d’amplifier les voix qui traitent de ce sujet crucial pour la survie de l’espèce humaine et de faire écho à toutes les solutions proposées.

Les phénomènes d’immigrations clandestines qui défraient la chronique aujourd’hui trouvent aussi leurs causes dans ces mutations climatiques. La migration est une réponse au besoin de confort naturel que ressent l’être humain. Et si ce confort ne semble pas possible près de chez soi, c’est vers l’autre côté des mers que nos frères et sœurs continuerons de s’élancer au prix de leur vie.

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A propos de l'auteur

Je suis Yehni Djidji, écrivain, scénariste, chroniqueuse, entrepreneur web et ce n'est que la partie visible de l'iceberg. Je crois qu'avec la foi on peut tout accomplir, même s'accomplir !

Un commentaire sur “Climackathon: 24 heures pour parler climat avec l’AFD

  1. Chercheur en planification politique environnementale et éthique au Centre de Recherche Européen et Ethique de l’Université de Strasbourg, c’est avec ravi que j’ai lu votre initiative locale « CLIMATCKATHON » en Côte d’Ivoire. Bonne continuation.

    Par ailleurs, pour susciter l’intérêt pragmatique des dirigeants locaux et des populations sur les bonnes actions à mener pour éviter l’augmentation des dérives environnementales et climatiques, mettez l’accent sur l’état de santé de la planète, et à un niveau local ivoirien sur les conséquences directes des déviations « en chiffrant les inconvénients » : baisse de la productivité agricole, avancée de la mer, taux de toxicité lagunaire, types de contaminent, espèces menacées, maladies envisageables, taux de mortalité, etc.), tout ceci spécifiant les conséquences primaires, secondaires, et tertiaires et leurs portées dans une échelonnement cadrant le court, le moyen et le long terme afin de donner plus d’impact psychologique à vos alertes.

    Une telle démarche est très importante pour nous qui sommes à l’extérieur car elle est censée donner plus de valeur aux solutions technologiques mentionnées et aux financements reçus que si ces solutions montrent à quelle dimension du probleme environnementale ou climatique elles s’attaquent. En quoi ils les réduisent et de combien par ans ?
    En effet, pour vous soutenir et relayer vos initiatives il est important d’avoir des chiffres concrets et des inventaires concis pour mieux nourrir vos argumentations et défendre la place de notre pays la Côte d’Ivoire pendant que nous rédigions des modèles politiques pour l’Europe et pour les conventions internationales.

    Enfin, pour critiques des bloggeurs et des journalistes, nous attendons des médias plus qu’ils écrivent des analyses pluridisciplinaires sur les facteurs reels qui bloquent la vulgarisation des méthodes et solutions environnementales tout en faisant la promotion de ce qui existent bien sure. Au quel cas, le journaliste devient qu’un marketeur et l’engouement attendu autour de la prise de conscience des problèmes terre ne fait que aller à quatre pattes.

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