CONFESSIONS D’UN MARTYR (2)


12 Nov. 2010

…..Tu es en sursis dans ce vaste mouroir
que j’ai tellement de mal à appeler ‘ma Côte d’Ivoire’.

Le taux de chômage a atteint des sommets inégalés.
Les cerveaux inutilisés sont tombés en désuétude,
et se sont lancés dans des analyses politico-tribaliques, préludes
d’une division à la note trop salée.

Comme le panier de la ménagère a rétréci!
Alors que les immeubles poussent comme de la mauvaise herbe,
Alors que les voitures neuves pullulent à m’en faire perdre le verbe!
Leurs anonymes propriétaires, n’ont-ils pas vécus la guerre eux aussi?

Les élans putrides des immondices, qui partout s’amoncèlent,
se sont mêlés aux effluves des déchets toxiques dont on fait le recèle.
Les cœurs intoxiqués ont fermé leurs sentiments à l’appel
de la fraternité, de la tolérance. L’amour est à présent conjoncturel.

Les moindres faits anodins deviennent conflictuels.
La paix ne tient plus qu’à une misérable ficelle.
Le patchwork harmonieux que formait nos langues,
La fresque colorée de nos ethnies, est exsangue.

Les frères ce sont violemment empoignés.
Oubliant qu’à la même mamelle ils ont tétés.
Oubliant toutes les épreuves qu’ils ont traversés,

Le constat est triste, choquant et amer
La pilule à avaler est délétère.
Qu’espérer de cette génération qui se perd,
Sous les yeux de personnes adultes, qui n’en ont que l’air?

Si Adam et Eve du jardin d’EDEN, ont été chassés,
Et pour un ‘délit de pomme‘ envoyés sur terre,
Où les ivoiriens-aie pitié de nous Seigneur- seront-ils déportés?
La luxure, l’impudicité, l’iniquité qui nous caractérisent ont fait grimper les enchères.

Jeunesse vaillante d’Eburnie,
Sort de ton infâme léthargie.
Prend conscience de ton importance.
Arrêtes de plaider l’impuissance.

Car rien ne justifie la stérilité de tes actes,
L’improductivité de tes projets,
L’aridité de tes pensées.
Avec la mort as-tu signé un pacte?

Si le pouvoir était dans la rue,
les mendiants l’auraient déjà pris, on l’aurait su!
Ouvres l’œil, car ceux qui t’y incite sont repus.

La liberté n’est pas au bout de la kalach,
sois vigilent, les commanditaires sont souvent des lâches.
Quand les canons grondent, ils se cachent.

Ton avenir tu le construiras toi même,
Si tu oublies la facilité et la flemme.
A force de travail et de sagesse,
Tu atteindras la terre de toutes les promesses.

……..(A suivre)

confessions d’un martyr 1

categories épopée ivoirienneLes petites histoires de YehniLittératureprivate property

A propos de l'auteur

Je suis Yehni Djidji, écrivain, scénariste, chroniqueuse, entrepreneur web et ce n'est que la partie visible de l'iceberg. Je crois qu'avec la foi on peut tout accomplir, même s'accomplir !

9 thoughts on “CONFESSIONS D’UN MARTYR (2)

  1. morceaux choisis
    « Si le pouvoir était dans la rue,
    les mendiants l’auraient déjà pris, on l’aurait su!
    Ouvres l’œil, car ceux qui t’y incite sont repus. »

    « La liberté n’est pas au bout de la kalach,
    sois vigilent, les commanditaires sont souvent des lâches.
    Quand les canons grondent, ils se cachent »

    les 3 derniers vers me rappellent ces quelques vers que j’ai écrit sur la nouvelle devise de la côte d’ivoire (Union-Difficile-Travail)

    « Plus besoin pour le brave de se tuer à la tâche
    les tacherons deviennent ministres par la Kalach »

    J’aime bien cette série… par contre, j’ai l’impression que dans cette deuxième partie, la narration du martyr a disparu.

    En attente (im)patiente de la suite 😉

  2. @Kouassi, j’espère pouvoir le publier d’ici la fin de la semaine. Le travail me prends un peu de temps.
    @Stéphane tu étais donc dans la révélation avant moi: »Plus besoin pour le brave de se tuer à la tâche
    les tacherons deviennent ministres par la Kalach »

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