Côte d’Ivoire: un réveil sans crépitement d’armes


19 Jan. 2017

Les armes se sont tues

« Votez oui à la constitution c’est dire oui à la stabilité, la paix, la modernité… » disaient-ils. La 3e république est née mais porte encore en elle les stigmates des républiques précédentes. Elle n’était donc pas la panacée, comme on avait voulu nous le faire croire. Après plusieurs jours de tirs sporadiques dans différentes villes, les armes se sont tues. Le calme est revenu ce jeudi matin en Côte d’Ivoire. Tout est calme mais tout n’est pas normal. Les choses ont changé. On a compris qu’il ne sert à rien de modifier les textes et les institutions, quand les personnes qui doivent les mettre en application continuent de se cramponner à leurs anciens modes de pensées. On a compris que notre paix est fragile et notre stabilité dans un équilibre précaire. J’espère que nos dirigeants aussi l’auront noté dans les annales de la république et se garderont désormais de nous dire que notre indice de sécurité avoisine celui de Genève.

Une leçon pour nos dirigeants

 

J’espère qu’ils agiront en fonction de cette nouvelle dynamique. Plus question de se reposer sur leurs lauriers. Ils doivent travailler activement à la satisfaction de l’ensemble des ivoiriens, et non à celle de quelques familles ou d’une coalition de partis politiques. Les propos arrogants des uns et des autres doivent cesser.  Tous doivent se mettre en toute humilité au service de la population et réparer les nombreuses injustices pendantes. Ils doivent clairement se positionner comme étant à l’écoute de la population afin que celle-ci comprenne que l’on n’a pas besoin de recourir aux armes pour obtenir ce que l’on mérite sous nos cieux.

L’ivoirien nouveau n’existe pas

 

Toutefois si la classe dirigeante doit revoir son mode de leadership, la population également ne saurait être en reste de ce renouvellement de mentalité. Quelqu’un a dit qu’on a les hommes politiques que l’on mérite. On ne va pas se leurrer, l’ivoirien nouveau n’existe pas. Les évènements récents nous l’ont montré. Les mêmes injures entre pro et pro. Les mêmes souhaits que tout se « gâte » parce que ce n’est pas celui qu’on veut qui est assis dans le fauteuil. Comme si les balles ont la faculté de choisir sur qui elles vont tomber en fonction de son parti politique. Il y a du travail à faire et c’est à tous les niveaux.

Si nous étions vraiment des ivoiriens nouveaux, certains n’allaient pas programmer une marche pour soutenir le Président. Le Président n’a pas besoin de soutien mais de sagesse pour mener à bien la mission qui lui incombe. Il a besoin de bons conseillers pour l’aider à prendre des décisions avisées. Non seulement le contexte délicat se prête mal à ce genre de rassemblement, mais quel est le message que ces personnes veulent véhiculer ? Que le peuple est toujours derrière le Président malgré quelques tondus et pelés qui veulent saboter ses envies d’émergence ? Non. L’émergence, tout le monde en rêve. Ceux qui tirent ou ceux qui font la grève également. Mais il y a eu des insuffisances, tant au niveau de la gestion des affaires de l’Etat que de la communication sur cette gestion. C’est ce qu’il faut régler. Il y a trop de frustrations et ce n’est pas parce que tout le monde ne prend pas les armes qu’il faut occulter cela. On ne peut pas nous demander simplement de « faire confiance » comme avant.

Renouveler le pacte de confiance

 

Si aujourd’hui les fonctionnaires ont poursuivi leur mot d’ordre malgré l’assurance que le gouvernement se pencherait sur leur problème, c’est que le pacte de confiance a été rompu. Il faut le renouveler. Si des élèves peuvent aller au Plateau tenter de forcer les bureaux de la Ministre de l’éducation nationale pour exprimer leur ras-le-bol, il faut comprendre les signes. Le Président n’a pas besoin de griots qui vont lui dire que tout est beau alors que ce n’est pas le cas.  Attention à ne pas faire les mêmes erreurs que les autres.

Nous avons tous besoin de paix, dirigeants comme dirigés. Et nous devons ensemble oeuvrer pour que cette paix devienne une réalité pérenne pour nous et nos enfants. Que Dieu bénisse la Côte d’Ivoire.

 

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A propos de l'auteur

Je suis Yehni Djidji, écrivain, scénariste, chroniqueuse, entrepreneur web et ce n’est que la partie visible de l’iceberg. Je crois qu’avec la foi on peut tout accomplir, même s’accomplir !


21 thoughts on “Côte d’Ivoire: un réveil sans crépitement d’armes

  1. Belle réflexion que je partage entièrement. Le silence du peuple a été faussement interprété par le gouvernement comme une approbation de leur mauvaise gestion. L’ivoirien nouveau ne peut pas naitre avec les anciennes mauvaises pratiques. A force de trop tirer sur la corde, elle finit par se rompre. J’ose espérer que votre appel sera prise en compte par les différents concernés.

  2. Je partage cette analyse qui n’est pas fausse en soi. Mais j’ai peur pour l’avenir de ce pays parce que les germes de problèmes futurs sont nés. Si rien n’est fait 2020 sera une année risquée.

    1. Honnêtement je suis de ceux qui ont peur pour 2020. On a déjà vu dans ce pays ce que les querelles de succession ont donné. Mais qui sait? Si d’ici là les ivoiriens gagnent en maturité, peut-être qu’ils seront unis et feront bloc contre toute tentative de passage en force.

  3. très belle analyse de la situation actuelle , regard impartial et très objectif. sincèrement c’est le meilleur article que j’ai lu ,depuis le début de la mutinerie des militaires et la fronde sociale . bonne continuation Yehnidjidji

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