Cybercriminalité: quand les brouteurs passent du virtuel au spirituel


16 Nov. 2014

plcc

La cybercriminalité est un fléau qui a posé ses valises sur les bords de la lagune Ebrié depuis plusieurs années maintenant. Si certains situent son origine à la naissance du mouvement musical «  coupé décalé », d’autres affirment que les initiateurs de ce style ont uniquement contribué à vulgariser un phénomène démarré depuis bien longtemps et à favoriser son expansion fulgurante.

Une chose est sûre, les cybercriminels appelés « brouteurs » sous les tropiques ivoiriens, sont bel et bien là, entachant la réputation de la Côte d’Ivoire, conduisant le pays à être blacklisté sur plusieurs sites internet. Dans cette ère où le monde se veut un gros village planétaire, ils réduisent de façon significative, par leurs attitudes, les opportunités des ivoiriens à l’étranger.

Pour traquer les escrocs du net le gouvernement ivoirien a mis en place une plateforme de lutte contre la cybercriminalité (PLCC). Elle publie régulièrement sur Facebook des images d’escrocs tombés dans ses filets. Parmi eux, des adolescents.

D’un autre côté, les campagnes de sensibilisation se font de plus en fréquentes et se diversifient pour contrer l’augmentation des jeunes gens, attirés par l’argent rapide et facile, qui basculent du côté obscure. Les internautes essaient d’être plus attentifs à leurs actions en ligne et identifient aussi assez aisément quelques pièges tendus par les « brouteurs ». Les loteries que l’on remporte sans y avoir jamais participé, les héritiers qui ont besoin d’aide financière avant de pouvoir entrer en possession de toute leur fortune, les mourants qui veulent léguer leur richesse à un parfait inconnu à condition que…sont autant de piège devenus des classiques.

Alors nos arnaqueurs varient les techniques d’escroquerie. Pis encore, pour mettre toutes les chances de leur côté, certains « malins » se tournent vers la magie noire. On passe du monde virtuel au monde spirituel, de l’électronique au mystique. La tendance est aux sacrifices humains pour influencer « spirituellement » le pigeon à plumer, assujettir l’esprit du nigaud à attraper de sorte qu’il fonce tête baissée dans le piège.

On est tenté de se demander que peut-il bien se passer dans la tête de ces  jeunes gens ? Mais tout n’est-il pas mis en œuvre pour continuer d’alimenter cette tendance au gain facile ? Les différentes crises politique qu’a connu la Côte d’Ivoire, la violence que l’on a érigé en mode de revendication, ce culte que l’on voue à des personnes à la fortune d’origine douteuse et que l’on plébiscite auprès de la jeunesse comme modèle, les médias qui offrent leur tribune pour que ces « faux modèles » puissent s’exprimer, les parents qui démissionnent… La liste peut s’étirer davantage.

Dans une dernière tentative pour s’attirer la sympathie, certains cyber escrocs revendiquent  une éthique. Ils n’escroqueraient que des occidentaux, parce que ces derniers ont pillé les ressources de l’Afrique et continuent d’ailleurs le pillage, contractant ainsi une dette vis-à-vis des Africains : « la dette coloniale ». Leurs activités criminelles seraient donc une façon d’obliger « les blancs » à dédommager « les noirs », de les forcer à s’acquitter du remboursement de cette dette. Tant d’intelligence et d’ingéniosité mis au service du mal laissent pantois. On en vient même à se réjouir du faible taux de pénétration d’internet si c’est pour en faire une telle utilisation.

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A propos de l'auteur

Je suis Yehni Djidji, écrivain, scénariste, chroniqueuse, entrepreneur web et ce n'est que la partie visible de l'iceberg. Je crois qu'avec la foi on peut tout accomplir, même s'accomplir !

Un commentaire sur “Cybercriminalité: quand les brouteurs passent du virtuel au spirituel

  1. C’est d’autant plus triste que ces « défenseurs » de la cause africaine ne savent pas ce qu’ils disent.
    Étaient-ils présents au moment où les occidentaux contractaient cette « dette »?
    Pourquoi ne pas aller réclamer directement aux personnes concernées ou à leurs descendants?
    Mieux pourquoi ne pas former un collectif pour revendiquer officiellement et juridiquement leur « dû »?
    Dépouiller d’honnêtes citoyens, les spolier de biens acquis au prix de nombreuses années de sueur et de sacrifices; si c’est ça leur dédommagement alors il ne faut pas être surpris de les voir disparaître dans des conditions difficiles à expliquer parce que quelque part, il y quelqu’un qui veille…

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