DABOU ET JACQUEVILLE: INTERDICTION DE LA PÊCHE ET DE LA CONSOMMATION DE POISSON DE LA LAGUNE


10 Juil. 2013

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Depuis le 6 Juin 2013 un arrêté du Préfet de département interdit la pêche et la consommation des poissons provenant de la lagune de Dabou et de Jacqueville. La mort massive et brusque de poissons, découverts sur la baie lagunaire, a conduit les autorités à prendre cette mesure tout en saisissant le Ministère des ressources animales et halieutiques pour des examens. Le conseil des Ministères du 13 Juin 2013 a entériné cette décision.

Depuis plusieurs semaines donc, les résultats des examens demeurent inconnus même si un rapport du Ministre des ressources animales et halieutiques dit déjà que :  » La mort de ces poissons est due à un phénomène cyclique. Des espèces ne supportant pas la chaleur, peuvent trouver la mort. Il en est de même quand il y a manque d’oxygène pour certaines espèces. Aussi, le lessivage des terres dû aux fortes pluies de ces derniers jours, a ramené dans les eaux des produits phytosanitaires qui ont servi de traitement des sols pour certaines cultures agricoles ».

Les populations vivants des produits de la pêche ne font que s’appauvrir.  C’est ce qui ressort des différentes interventions dans les journaux et à la télévision. Plus de 300 femmes sont au chômage et certaines affirment avoir un chiffre d’affaire de 5 millions par mois en commercialisant les poissons. Par cette activité, elles nourrissent toute leur famille (maris absents, à la retraite ou au chômage). Le témoignage qui m’a particulièrement touchée est celui de ce père de famille interrogé à la télévision sur RTI 2 qui a déclaré prier aujourd’hui pour que son fils en classe d’examen échoue, afin de ne pas avoir à acheter de nouveaux livres, compte tenu du manque d’argent lié à la mesure d’interdiction. Entendre un père dire de telles choses, c’est bien triste.

Deux éléments retiennent mon attention dans cette affaire. Aucune mesure d’accompagnement concrète ne semble avoir été prise pour soutenir les personnes directement affectées par cette interdiction. Le maire Soukou Sess a invité les commerçantes à s’approvisionner en poissons dans les régions de Sassandra et Guessabo, exemptes de ce phénomène. Quant au Préfet Kouakou Assoman il aurait déclaré qu’il aidera les femmes à acheter du poisson dans les villes voisines. Et pourtant les populations continuent de se plaindre dans les médias. De plus, là où certains parlent de 3 mois d’observations, d’autres disent que l’interdiction sera « en vigueur jusqu’à nouvel ordre » et on ne peut faire plus vague.

Un autre point qui ressort de cette situation est, et on ne le dira jamais assez, qu’on peut tirer des revenus décents voire conséquents des activités comme la pêche, l’agriculture, l’élevage (même si ici nous avons pour ce cas précis uniquement l’indication du chiffre d’affaire et non du bénéfice net). Ces activités souvent négligées au profit d’un poste à la fonction publique nourrissent pourtant ceux qui se tournent vers elles pour assurer leur subsistance.

J’espère vraiment que la situation se décantera rapidement parce que le préjudice est grand pour les vendeuses, leur famille et même les populations de la zone qui se nourrissent beaucoup de poissons. D’ailleurs, ceci conduit plusieurs personnes à transgresser l’ordre en pêchant nuitamment, puisque paradoxalement les autorités de la région qui doivent assurer le suivi n’ont pas le matériel qu’il faut pour patrouiller efficacement sur la lagune.

crédit photo: abidjan911

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A propos de l'auteur

Je suis Yehni Djidji, écrivain, scénariste, chroniqueuse, entrepreneur web et ce n’est que la partie visible de l’iceberg. Je crois qu’avec la foi on peut tout accomplir, même s’accomplir !


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