Diplômes ou compétences ?


26 Août. 2014

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Le Vendredi dernier je me suis rendue dans un centre de traitement de texte pour imprimer des documents. Le nombre de clients était nettement supérieur à celui des employés préposés aux services. Alors que chacun essayait de suivre deux ou trois lièvres à la fois pour satisfaire tout le monde, un seul employé semblait ne pas s’émouvoir de toute l’agitation ambiante.

Assis, juste derrière lui, un monsieur avec une feuille en main. Une feuille que j’ai identifié aisément comme étant un bulletin scolaire, un relevé de notes. Sur l’écran, le même relevé de notes. Et l’employé, les yeux plissés par l’effort modifiait case après case, les notes de l’individu. Avec une technique acquise sans doute après des années d’exercice dans l’art de la transformation, il imitait même les observations des professeurs. Car les anciens qualificatifs « élève médiocre, peu attentif en classe » ne correspondaient plus aux nouvelles notes qui méritaient des propos plus élogieux.

J’assistais donc « en live » à une falsification de documents en bonne et due forme. Voici un étudiant passable qui se refaisait une nouvelle identité scolaire grâce à la technologie. Vive les TIC. Lui aussi il dira à ses enfants qu’il était toujours premier de la classe.

Au delà de l’acte répréhensible que ce Monsieur posait, je vois l’entreprise qui souhaite l’embaucher, le concours auquel il veut participer où on exige ces documents avant de pouvoir lui donner une chance.

Peut-être qu’il est compétent, peut-être qu’il vaut bien plus que ceux qui possèdent le précieux sésame, peut-être que cette année-là il n’était pas au mieux de sa forme, mais qui s’en soucie? Sans cela, impossible d’accéder au poste. Alors comme lui, beaucoup réécrivent le scénario de leur aventure scolaire. Bien malin qui découvrira le pot aux roses, surtout quand il s’agit de diplômes issus d’écoles « boutiques » qui ferment du jour au lendemain. Je connais quelqu’un qui a travaillé dans plusieurs entreprises qui ont fermé aujourd’hui et étudié dans des écoles qui on subit le même sort. Juste un concours de circonstances. « Tu veux vérifier mon diplôme? ça ne me gêne pas mais l’école est fermée. » Que répondre à cela? Est-ce qu’il n’a pas le droit de travailler pour autant?

Il y a des personnes aujourd’hui qui vivent ainsi une vie usurpée, pleine de mensonges jusqu’au fameux jour du propriétaire contre lequel l’adage met le voleur en garde. Depuis quelques années où des vérifications minutieuses sont faites dans la fonction publique par exemple sur les diplômes des agents de l’Etat, on ne compte plus les cas de fraudes avérées. Au Nigéria, une Ministre a démissionné il y a quelques mois pour avoir menti sur ses diplômes.

Est-ce qu’il n’est pas finalement préférable de juger les gens sur leurs compétences plutôt que sur les diplômes, sachant de toutes façons sous nos cieux, la manière dont certains les acquièrent. On peut tricher sur le papier mais c’est indéniablement au pied du mur qu’on voit le vrai maçon.

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A propos de l'auteur

Je suis Yehni Djidji, écrivain, scénariste, chroniqueuse, entrepreneur web et ce n’est que la partie visible de l’iceberg. Je crois qu’avec la foi on peut tout accomplir, même s’accomplir !


Un commentaire sur “Diplômes ou compétences ?

  1. Ce phénomène de falsification de diplômes serait assez difficile à contrer et cela vue la non informatisation des fichiers dans nos écoles, universités et j’en passe. Pour moi je suis d’avis que l’authenticité du diplôme acquis se jugera sur les résultats que l’individus fournira. Tant bien qu’il aura triché sur ses diplômes et qu’il reste compétent, l’on ne pourra lui tenir rigueur. Seul alternative informatiser nos fichiers depuis le début de notre parcourt scolaire. Merci

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