Election présidentielle: Banny face aux électeurs


19 Oct. 2015

Banny

“Face aux électeurs” episode 5, c’était avec hier avec le candidat indépendant Charles Konan Banny.

Côté journaliste

Victorien Angoua, Agnès Kraidy et Ali Diarrassouba ont constitué le trio du jour. Dès le démarrage ils ont séduit par leur verve, leur dynamisme et leurs questions pertinentes. En effet, ils étaient bien documentés, parlant avec conviction, recadrant certains propos du candidat qu’ils jugeaient loin de la vérité.

Malheureusement sous les frustrations répétées de Charles Konan Banny, leur ardeur n’a pas fait long feu. Ils ont fini par s’enfermer dans des questions sans intérêt, laissant le candidat faire son «one man show, » les insulter à la limite et rire tout seul de ses « private jokes ». Tantôt Agnès, tantôt Madame, Agnès Kraidy est sans doute celle qui a le plus souffert « sous ponce Banny ».

Toutefois, avec Banny, chacun en a eu pour son compte.

Morceaux choisis:

«Non vous avez mal lu» « vous n’allez pas connaître, vous êtes un citadin ». « Agnès, si je n’étais pas face aux ivoiriens, je vous aurais dit de retirer ce mot ». «Quand je dis j’’ai l’impression que c’est moi qui parle en bon français ça veut dire il me marche sur la langue». « Mon frère, on ira à l’hôpital demain tu vas voir… » « Que veut dire BOT que vous venez de citer ? » « C’est quoi votre problème, vous ? » « Vous n’écoutez pas bien, dommage ».
Journaliste : « veuillez réexpliquer parce qu’on n’a pas n’a pas compris »
Banny: « c’est vous seul qui n’avez pas compris »
« je parle aux ivoiriens ! ».Comme si ceux sur le plateau était des étrangers importés pour l’occasion.

E2

Côté RTI

Félicitations à la RTI pour le sang-froid des journalistes. Une question chère aux internautes a été posée. Comment le candidat compte rembourser la dette du pont Henri Konan Bédié, vu qu’il souhaite annuler le péage. Bien entendu, fidèle à lui-même, il a fait une des pirouettes linguistiques dont il a le secret.

Côté Candidat

J’ai vu un candidat des paradoxes. Alors qu’il insistait sur sa volonté de réconcilier les ivoiriens, il n’était pas très tendre avec les journalistes, ivoiriens, sur le plateau. Tandis qu’il disait ne jamais personnaliser les problèmes, il citait pourtant des noms. Alors qu’il disait à qui voulait l’entendre qu’il était un parangon d’humilité, il nous a donné le spectacle d’un homme qui prend les autres de haut. Il n’hésitait pas à leur faire la leçon et la morale. De la condescendance même dans les compliments. Pour lui Magic System doit le succès mondial de Premier Gaou, qui est une fierté nationale, à deux notes de musique seulement.

J’ai aussi vu un candidat qui maitrise parfaitement les maux des ivoiriens et ceux qui sont à la base de ces maux. Banny n’était pas en campagne mais en plein procès et tout le monde était sur le banc des accusés. D’ailleurs le banc était devenu trop étroit pour la pléthore de personnes qu’il y avait convoqué. Ado, Soro, Bédié, le PDCI, la RTI, la Côte d’Ivoire, les ivoiriens et les journalistes. Il n’y a pas à dire, Banny maîtrise parfaitement les choses qui « dépriment » les ivoiriens et c’est la raison pour laquelle il dit ne pas leur proposer de programme de campagne mais plutôt un projet. Un projet qu’ils pourront décliner ensemble en programme afin que chacun y trouve son compte, quand il sera Président. Et ça, c’est tout à son honneur ! Enfin quelqu’un qui va nous associer et ne pas venir avec un programme sur mesure nous faire croire qu’il a la panacée.Démarche très honnête donc du candidat Banny.

Cependant je préfère m’arrêter là et passer à l’énumération des points que j’ai pu retenir dans mon « kounglo » de citadine.

  1. Depuis la disparition du père de la nation la Côte d’Ivoire va de crise en crise. Banny a donc une offre politique à proposer à la Côte d’Ivoire.
  2. A chaque fois que son pays a eu besoin de lui il a apporté sa contribution. Les ivoiriens ne se sentent pas bien. Ils ont peur. Ils ne sont pas en sécurité. Banny veut rassurer.
  3. La Côte d’Ivoire est déprimée à travers les individus qui sont déprimés, hypertendus.
  4. Le projet de Banny est de mettre de côté tout gouvernement patrimonial. Le peuple doit contribuer à la définition et à la gestion des affaires. On doit faire un programme ensemble, qui ne trahisse pas les pensées profondes des ivoiriens.
  5. La coalition n’est pas un parti politique. Mais un groupement de personnes qui veulent le changement. Ce n’est pas un groupement anti-Ado.
  6. Nous ne devons plus accepter que la violence aux élections soit la règle.
  7. Il ne voit plus les hommes politiques pérenniser les valeurs de Houphouet. Voici ce qui motive sa candidature.
  8. Il n’est pas normal que le PDCI, 2e plus vieux parti après l’ANC n’ait pas de candidat à ces élections.
  9. Le meilleur soutien c’est le peuple, pas un parti politique. Etre président sans un parti politique ça peut arriver. Tous les ivoiriens ne sont pas des militants.
  10. Les enseignants chercheurs peuvent nous dire ce que Banny a fait pour eux.
  11. Il faut développer la coopération avec les autres pays pour lutter contre le terrorisme.
  12. L’avantage de Banny c’est qu’il a touché plusieurs domaines dans son autre vie.
  13. L’hygiène dans le milieu hospitalier est très important. Il faut que la santé aille vers les ivoiriens en créant des unités mobiles de santé.
  14. Le modèle économique de Banny est le libéralisme social : l’homme au centre. Le pont à péage deviendra gratuit et le moment venu, il trouvera l’argent pour rembourser la dette.
  15. « C’est celui qui est le chef qui réconcilie » dicton en Malinké, Baoulé et Français pour justifier que l’échec de la CDVR n’est pas de son fait. C’est plutôt la responsabilité du Président de la République.
  16. Ce qu’on retient d’un homme ce n’est pas la longueur de sa mission mais la qualité de ce qu’il va faire.
  17. La liste électorale est infectée de doublons.

Paroles fortes

Est-ce qu’il y avait une parole de Banny qui n’était pas forte ? Non. Je ne pense pas !

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Je vous en prie, sauvons la Côte d’Ivoire!

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A propos de l'auteur

Je suis Yehni Djidji, écrivain, scénariste, chroniqueuse, entrepreneur web et ce n'est que la partie visible de l'iceberg. Je crois qu'avec la foi on peut tout accomplir, même s'accomplir !

8 thoughts on “Election présidentielle: Banny face aux électeurs

  1. Merci pour cette analyse. J’imagine que tu as dû avoir un peu plus de mal à rédiger ton papier qu’avec les autres candidats. Au pays des aveugles le borgne est roi et CKB nous l’a bien fait comprendre. Hier, il y avait un candidat instruit face à une nation d’incultes. Qui d’autre que lui pour prendre es rênes de ce pays ? Votons le donc !
    Les noms donnés sous forme de sigles seraient-ils à la bas ? Espérons que après KKS, KKB fera mieux…

    1. Très cher ami, on peut être d’un avis contraire sans nécessairement être un inculte.
      Et si TOUTE la nation était inculte, c’est bien un inculte qu’il lui faudrait pour la gouverner. J’ai bien peur qu’un homme tellement trop instruit comme CKB ne puisse rien faire rentrer dans le « kounglo » de tous ces incultes, incapables qu’ils sont de le comprendre.

      Il lui faudrait soit trouver une nation de digne hommes intelligents et gouvernable, soit apprendre à parler le langage des incultes.

      Pour info, il faut être un bon dictateur pour arriver à gouverner un peuple qui ne comprend rien à votre démarche. Pensez-y

  2. YEHNI, je commence a tomber « atrocement » amoureux de ton intellect! super! trois reporting et zéro défaut! tu gagne en beauté de l’écrit, de l’analyse et des formules propres à ton style ma foi unique! un model d’analyse cohérent, concis,juste et « honnête » ! bah , j’avoue qu’il sera difficile d’en faire mieux! Bravo et bonne continuation. Au passage si tu as l’analyse relative au passage du Pr candidat, prière me le send . bien à toi

      1. lool! je constate que j’ai visé juste » avec mon mot choisi. allez « atrocement » merci et vivement le prochain reporting. merci pour le lien.

  3. Chapeau hein ma cocotte; mais franchement, j’ai été comme toi et kongo le disent, « atrocement » déçu des journalistes qui étaient sur le plateau. un débat qui a été éclaboussé par l’incohérence de ceux qui tenaient le micro et le tendaient à Banny. pas de chronologie. c’était tout simplement du coq à l’âne et de l’âne au coq. un tel débat doit être mieux préparé; cela suppose que les tenant du micro et de la plume doivent s’instruire et pourquoi pas mener des enquêtes. Franchement j’ai été déçu de mes confrères qui ont perdu tout leurs repères. Excusez moi tu terme mais, c’était très nul comme débat. il aurait été mieux que CKB viennent faire un « one man show. » Je suis resté sur ma faim et je crois que je suis maintenant affamé.

  4. Banny est un homme cultivé alors ces journalistes n’ont ni son expérience ni son niveau de connaissance.
    Il a dominé l’émission, mieux que ses prédécesseurs. En démocratie, il a marqué un point important.

  5. Bravo Yehni, ton article est excellent !

    Et je parle juste de l’article bien entendu, car je suis de la « nation d’incultes » dont parle M.C Agnini ; Ceux qui attendaient que CKB présente un programme cohérent et qui ont plutôt découvert un homme arrogant.

    J’assume de n’avoir rien compris de sa démarche, de ses méthodes (qu’il n’a pas exposé une seule fois) comme de son projet.

    J’admire cependant le fait que tu aies réussi l’exploit d’en faire un si bel article.

    Bravo, la vielle Mère ! Respect !

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