Election présidentielle: Gnangbo Kacou face aux électeurs


23 Oct. 2015

gnLe dernier épisode de la série d’émission “Face aux électeurs”, c’était hier avec Gnangbo Kacou.

Côté journaliste

Kady Fadiga, Ali Diarrassouba et Kolo Coulibaly ont constitué le trio à la barre. Un trio qui a bien souffert sous « Ponce » Gnangbo Kacou. Ali Diarrassouba surtout, constamment remis à sa place et rabroué, comme si les deux hommes avaient des antécédents hors antenne. Kady Fadiga la modératrice du jour a eu bien du mal à faire régner l’ordre quand le journaliste a décidé de faire entendre sa voix également. Or, elle a été une pièce maîtresse dans ce désordre organisé en offrant le bâton pour les battre.

Mauvais geste technique en expliquant qu’il ne s’agissait pas d’un débat, mais d’une émission d’informations destinée à la mise en valeur du candidat à travers la présentation de son programme avec juste quelques relances. Le candidat a donc refusé d’être interrompu ou contredit, arguant qu’on lui bouffait de précieuses minutes et haussant le ton parfois.

« Vous n’êtes pas venus pour me contredire mais pour m’écouter ». « c’est pas aussi intéressant de me couper quand je parle »

« Vous voulez qu’on arrête? Pourquoi vous êtes aussi crispé? J’ai deux heures vous me perdez le temps?”

« C’est les ivoiriens qui doivent me contredire le 25 octobre. Vous, vous devez m’écouter. »

« Calmez-vous ou alors vous prenez une pause! Vous me bouffez mon temps de parole»

La gestion du temps n’était pas non plus des plus performantes et il faut avouer que certaines questions étaient mal formulées et les journalistes mal informés.

Côté RTI

 

Kady Fadiga comme modératrice n’était pas un bon choix. Félicitations pour la mise à la disposition du candidat d’une bouteille d’eau. Elle a d’ailleurs été bien utile à Gnangbo Kacou pour son sprint final.

Je suggère que la RTI publie sur son site internet les programmes de campagne de tous les candidats qui sont passés à l’émission et qui ont servi de base à la préparation des questions.

 

Côté Candidat

 

En tenue traditionnelle, là où ses prédécesseurs arboraient vestons et cravate, Gnangbo Kacou a marqué, même dans son style, qu’il avait quelque chose de différent à proposer aux ivoiriens. J’ai vu un candidat convaincu de porter le projet le plus ambitieux pour la Côte d’Ivoire . Un projet supérieur à celui de ses concurrents, que les journalistes ont laissé quitté le plateau, selon lui, sans demander où ils tireraient l’argent pour financer toutes leurs promesses.

Conscient d’être moins connu que les autres et de ne pas avoir sillonné suffisamment de villes dans le cadre de la campagne, l’émission de deux heures constituait pour lui, un meeting géant. Il ne voulait pas qu’on lui gâche sa chance de séduire les ivoiriens avec ses propositions révolutionnaires.

En effet, il est le seul candidat à vouloir transformer la Côte d’Ivoire réunifiée en Etat fédéral et être ainsi le dernier président élu au suffrage universel. Pas de contradictions inutiles donc. Surtout pas en économie, son domaine de prédilection.

« Mais comment définissez vous ces deux méthodes ? Voulez vous faire un cours d’économie ? Si on vous a dit qu’il y a deux méthodes, allez-y vous renseigner. Allez-y revoir votre cours pour poser des questions. Il n’y a pas deux manières de faire flotter la monnaie. »

Cependant cette volonté de démontrer, l’a conduit à être désagréable sur le Plateau. Il a même commis l’impensable : dire un gros mot : « là je vous ai eu. Le projet de société vous a bien niqué.». Pour quelqu’un qui croit être le 3e homme capable de réconcilier les ivoiriens, il a le sang bien chaud. En plus certaines questions des journalistes étaient légitimes. Moi-même j’ai eu du mal à comprendre ses explications sur la monnaie flottante.

A certains moments, on avait l’impression de voir « Sa Majesté Nanan Gnangbo Kacou » en face de ses sujets qui n’avaient pas droit à la parole. Si le candidat semblait expert en économie, le maniement de la langue française était parfois laborieux.

« A chacun des problèmes « dont » vit la Côte d’Ivoire… ». « La corruption gangrène notre société. Un cancer en phase avancé que je suis prêt à « éradicaliser » ». « On peut pas privilégier UN ethnie au détriment d’UN autre ethnie. ». « Aujourd’hui posez des questions « précis » pour que les ivoiriens comprennent. »

Et ce n’était pas forcément mieux en mathématiques « Si on divise 60 ethnies par 8, on aura 20 à 25 ethnies par groupement de territoire ». Le stress sans doute. Son programme en quelques points.

  1. La Côte d’Ivoire vit une honte très grave. Dans nos coutumes on ne peut pas mettre un chef en prison. Il propose de se sacrifier pour laver la honte que constitue l’emprisonnement de Laurent Gbagbo
  2. On peut faire une économie de 1000 milliards si le budget est bien géré et qu’on arrête la surfacturation. Il a des preuves de ce qu’il dit.
  3. Au lieu de mettre 800 milliards dans les grands travaux, il compte privilégier sur l’industrialisation. Aucune matière première ne sortira de Côte d’Ivoire sans avoir subi sa première transformation. Il y aura des tomates « made in Côte d’Ivoire ». La surproduction permettra de réduire les prix des denrées sur le marché. Nous investirons également dans l’électronique et les composantes. On compte sur l’extérieur. On ne tendra plus la main. On le fera sans emprunt. 80% du budget pour construire l’industrie de la Côte d’Ivoire.
  4. Une usine peut être construite en six mois. Pas besoin d’étude de marché. Le client est à l’extérieur. On fait l’étude de marché pour voir si on peut réaliser le projet et avoir des clients. Les ivoiriens sont pressés. Ils ont faim. Il compte créer 1.500.000 emplois minimum par an avec l’industrialisation. En 5 ans, ça fait 7.500. 000 d’emplois.
  5. Il faut faire du CFA une monnaie flottante. Le processus est long mais il sera court parce que dès son élection il ira en France régler beaucoup de choses.
  6. Quand le privé et le public s’associent pour faire des travaux, on ne sait pas qui rembourse quoi. On ne sait pas où l’argent s’en va. Il va dans une caisse noire. Avec lui, le privé réalisera seul les grands travaux. La ville de Hong Kong a été faite ainsi. Il faut toujours prendre ce qui s’est bien passé ailleurs.
  7. Dans chaque département de Côte d’Ivoire il faut mettre en place une école de formation professionnelle pour pouvoir entrer dans une usine. Le système de formation en côte d’ivoire fait pitié et est grippé. Il faut le déboucher.
  8. Le conseil économique et social ne sert à rien. C’est pour caser ses amis. Il ne fait aucun rapport. Cet organe sera supprimé. La grande chancellerie aussi disparaîtra. On y récompense les amis. Gnangbo Kacou par exemple n’a jamais été appelé pour une récompense. Or il y a des braves hommes en Côte d’Ivoire. Le grand médiateur sera supprimé. Il n’a pas joué son rôle pendant la crise. Il a fallu créer la CDVR. En supprimant toutes ces institutions il y aura suffisamment d’argent qui serviront pour fournir des plateaux techniques modernes aux centres de santé. La couverture maladie universelle ne fonctionne dans aucun pays. Penser que l’Etat peut soigner tous les ivoiriens est un mensonge. Il faut permettre aux ivoiriens de se prendre en charge eux-mêmes.
  9. La Côte d’Ivoire deviendra un Etat fédéral avec 8 Etats groupements de territoires avec souveraineté totale et dirigés par des gouverneurs. Gnangbo Kacou sera donc le dernier président élu au suffrage universel. Une nouvelle constitution sera rédigée pour que le Président soit élu parmi les gouverneurs pour un mandat de 2 ans. L’homme Dieu n’existera plus. On n’aura plus besoin des émissions budgétivores comme « face aux électeurs ». Le Président actuel fait de grands voyages mais ne connait pas bien la Côte d’Ivoire. En créant les groupements de territoires, le gouverneur connaîtra mieux sa circonscription. Chacun aura son budget et ses lois propres, assujetties aux lois nationales. L’union Européenne fonctionne comme ça. Gnangbo Kacou sait copier ce qui est bon chez les autres.
  10. Avec Gnangbo Kacou la devise « union-discipline-travail » deviendra « égalité-discipline-travail ». Quand il y a 60 ethnies ce n’est pas l’union le plus important mais l’égalité. L’union est un fourre-tout.
  11. Il faut une coopération africaine pour arriver à éradiquer le problème des djihadistes.
  12. Il mettra un accent important sur la réconciliation parce que son projet est trop ambitieux pour se laisser distraire par les guéguerres entres LMP et RHDP.

Paroles fortes

 

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A propos de l'auteur

Je suis Yehni Djidji, écrivain, scénariste, chroniqueuse, entrepreneur web et ce n’est que la partie visible de l’iceberg. Je crois qu’avec la foi on peut tout accomplir, même s’accomplir !


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