élucubrations d’une immergente qui ne sait pas nager.


01 Juil. 2014

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On parle d’un grand désherbage en ville. Les immeubles, maisons et autres constructions qui ont fleuri telle de la mauvaise herbe, seront détruits incessamment comme l’ivraie dans la parabole biblique (Matthieu 13, 20-34) parce que ce sont eux qui seraient à la base des inondations.

Puisqu’il vaut mieux tard que jamais, on louera ce réveil tardif du gardien du jardin public même si au fond on se dit qu’il aurait dû sortir plus tôt de sa léthargie, nous faisant ainsi économiser du temps, de l’eau et des vies.

Je ne sais pas pour les autres mais ce que je reproche à nos gouvernants, c’est d’une part de ne pas avoir pris plus tôt de mesures plus vigoureuses pour régler le problème rapidement et d’autre part de ne pas avoir mis en place un mécanisme d’aide bien huilé pour le cas où les actions préventives ne marcheraient pas.

On a l’impression que le ciel vient de nous tomber brusquement sur la tête alors qu’on le voyait descendre graduellement. Il est vraiment temps de se remuer, comme le font déjà beaucoup de bonnes volontés, notamment à travers #civsocial sur twitter et facebook.

Où sont les personnes qu’on a élues? Où sont celles qui voulaient qu’on les vote il y a quelques années et qui voudront encore qu’on leur donne nos voix bientôt? Où sont ces gens qui nous saluaient par pancartes et affiches publicitaires interposées? (X te souhaite bonne année, Y te souhaite bon ramadan. Eh oh, Z est entrain de se noyer, là). Le bétail électoral a besoin d’être sauvé de la noyade. En effet, quand viendra l’heure de choisir, en pirogue ou en canot, nous irons voter.

Nous avons besoin d’actions concrètes, pas seulement d’images de visites guidées sur les lieux des sinistres, en vestes et souliers. Après avoir paré au plus pressé, nous aurons aussi besoin de « solutions durables » après des études sérieuses faites par des experts compétents. Quand un jour sans pluie on constate brusquement que l’eau commence à monter dans les caniveaux, se met à déborder puis à chatouiller les clôtures des maisons, il y a des questions à se poser.

Non, le gouvernement n’a pas inventé la pluie. On le sait très bien. On sait aussi que la Côte d’Ivoire n’est pas le seul pays victime des inondations. Mais c’est le devoir de nos dirigeants de mettre tout en oeuvre pour faire face rapidement et gérer la crise ou d’avouer leur impuissance et demander de l’aide s’ils sont vraiment dépassés par les événements. Ce n’est pas une affaire de Ouattara contre Gbagbo (soit dit en passant, on n’a pas encore dépassé ce stade? Vraiment? Kinkiode) , c’est une affaire de vie ou de mort.

On pourra le répéter la population aussi est fautive, elle se comporte mal, n’a pas les gestes élémentaires de savoir vivre, de protection de l’environnement, mais nous n’avons pas tous reçu la même éducation. Qui doit obliger les contrevenants à entrer dans les rangs? Qui doit empêcher ceux qui agissent bien de pâtir des mauvais comportements des autres? N’est-ce pas le gouvernement et les institutions dont la mission légale est de gérer tous ces aspects de nos vies? Si on comptait vraiment sur chacun pour s’auto-censurer et s’auto-sensibiliser à quoi nous serviraient la police, la gendarmerie, les prisons, etc…

L’heure n’est pas à la flagellation des criminels (cette heure devrait venir) mais à l’administration des soins adéquats aux blessés et à la prise de mesure pour éviter une nouvelle catastrophe et les bras ne seront jamais suffisants pour aider. Un déplacement des habitants des quartiers précaires est prévu. C’est bien. Mais il ne faut surtout pas oublier nos bidonvilles de luxe, nos quartiers résidentiels précaires. Il ne faut pas occulter aussi que les dégâts ont touché d’autres villes de l’intérieur en dehors d’Abidjan, qui semble être l’objet de toutes les attentions.

Quelqu’un me disait que les hommes politiques qui s’impliquent à grand renfort médiatique veulent juste servir leurs ambitions politiques et électorales, qu’ils ne sont pas sincères. Franchement! Et alors? Que ce soit le cas ou non, où est le problème tant que les familles sont aidées et qu’une solution est trouvée? Chacun pourra à tête reposée, dans une maison décente et sécurisée, réfléchir à l’intention derrière la main tendue de X ou Y. Car c’est de sécurité qu’il s’agit aussi ici. Nouveau Passeport sécurisé, nouvelle carte d’identité sécurisée, nouveau permis de conduire sécurisé, quid de nos maisons?

En tout cas, il faut se bouger. L’eau qui emporte nos biens matériels, nos vies, est entrain d’emporter notre patience et notre confiance en l’obtention de ce lendemain meilleur qu’on nous fait miroiter. Nous ne voulons pas immerger avant d’émerger. Beaucoup parmi nous ne savent pas nager.

categories coup de gueule

A propos de l'auteur

Je suis Yehni Djidji, écrivain, scénariste, chroniqueuse, entrepreneur web et ce n’est que la partie visible de l’iceberg. Je crois qu’avec la foi on peut tout accomplir, même s’accomplir !


3 thoughts on “élucubrations d’une immergente qui ne sait pas nager.

  1. Très belle plume! Au-delà du fonds dont le contenu est soutenu par une argumentation pondérée et efficace, la forme active l’orgasme intellectuel de tout lecteur.
    Vous avez une magnifique plume!

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