2eme Conférence Internationale sur l’émergence en Afrique


émergence

01 Avr. 2017

« La 2ème conférence internationale sur l’émergence en Afrique a tenu toutes ses promesses » disait le Premier Ministre Amadou Gon Coulibaly lors de son discours de clôture le 30 Mars 2017 à l’hôtel Ivoire.

Je ne sais pas ce qu’ils se sont promis mais à mon niveau j’ai appris beaucoup sur cette fameuse émergence, ses défis et la façon dont différents pays africains essaient de la mettre en place.

 

L’émergence en question

Emergence Kesako ? Le Président Alassane Ouattara semble bien aimer cette boutade. Il explique que lors d’un sondage sur la télévision nationale un interviewé a défini l’émergence ainsi: la capacité de quelqu’un qui est dans l’eau à sortir la tête de l’eau et à finir par s’envoler. Passons. J’aime bien les tentatives de définitions extraites d’interventions tout le long de ces trois journées.

« L’émergence n’est pas une destination. Ce n’est pas l’arrivée. C’est un état d’esprit, une volonté. Celle de faire de son pays où de son continent le meilleur endroit où l’on puisse vivre sur la terre. »

« L’émergence ce n’est pas seulement des projets à mettre en œuvre mais des vieilles habitudes à changer. »

« L’émergence n’est pas un slogan, ni l’affaire d’un Gouvernement ou d’un parti politique mais elle exprime plutôt la volonté collective d’un peuple de sortir d’une situation de vulnérabilité et de prendre son destin en main. Il s’agit d’un contrat social, basé sur un rapport de confiance, dans lequel tous acceptent de consentir, ensemble, pendant un certain temps, des sacrifices afin de réussir collectivement. Ainsi, il sera possible de partager les retombées du développement économique et social afin de garantir une meilleure qualité de vie aux futures générations. »

«La finalité de l’émergence est d’apporter des changements réels pour le bien être des populations et la qualité de vie.»

 

Les atouts de l’Afrique

L’Afrique dispose de nombreux atouts à savoir :

  • une demande croissante de produits manufacturés ;
  • une opportunité d’industrialisation accélérée du fait de la hausse des coûts de la main d’œuvre dans les grands pays émergents ;
  • un développement de marchés régionaux nécessaires à l’émergence d’industries compétitives sur le marché international.

 

Des avancées notables sans impacts significatifs

Plusieurs Etats africains ont connu une croissance économique forte ces dernières années. Malheureusement cela ne se ressent pas sur les populations les plus défavorisées (et pas que à mon humble avis). Elles n’ont toujours pas accès aux services sociaux de base (santé, planning familial, éducation) ou à des emplois productifs et décents.

Le Sénégal, le Libéria, la Guinée,  la Côte d’Ivoire, le Rwanda, le Gabon, le Burkina et plusieurs autres pays ont pu partager leurs expériences.

Les défis à relever pour l’émergence

Comme on peut s’y attendre, les défis sont multiples pour accéder à l’émergence tant convoitée.

  • Meilleure mobilisation des ressources internes avec un accent sur la valorisation des matières premières et l’investissement dans l’énergie ;
  • Réforme en profondeur des systèmes éducatifs pour répondre aux besoins du marché, favoriser l’innovation et améliorer l’employabilité;
  • Maitrise de la démographie et planification de l’urbanisation ;
  • Accélération de l’intégration régionale pour bénéficier de ses potentialités de croissance et réduire la vulnérabilité des économies africaines ;
  • Facilitation d’un engagement citoyen constructif, d’un dialogue politique inclusif et participatif ainsi que de l’établissement de contrats sociaux à long terme.

Bien sûr, la paix et la sécurité sont un préalable indispensable à toute cette démarche.

Les recommandations

  • Parachever l’opérationnalisation du comité de haut niveau avec l’installation des membres titulaires et la désignation des membres plénipotentiaires qui se réuniront entre deux conférences pour faire le suivi de la mise en oeuvre des décisions prises par le comité de haut niveau;
  • Soutenir les efforts d’émergence engagés par les Etats à travers l’établissement d’un Secrétariat Exécutif, appuyé par un Comité Scientifique;
  • Renforcer les capacités de pilotage des processus d’émergence par les Etats.

 

Mes impressions

J’ai noté que certaines réalités ivoiriennes avaient été légèrement améliorées dans les discours. Si chaque pays est venu à ce rendez-vous du donner et du recevoir en mode « réalité augmentée » je ne sais pas si les conclusions seront aussi pertinentes qu’elles auraient dû être.

De plus, si moi en tant qu’individu j’ai appris de nouvelles informations, je pense que les différents gouvernements présents étaient déjà au fait des atouts, défis, avancées. Le plus important et le plus difficile dans cette affaire demeure la mise en oeuvre effective de ces solutions/recommandations. Cela part d’une réelle volonté politique et citoyenne sinon on sera encore au même niveau dans deux ans, comité de veille ou pas.

Je retiens une vérité à ne surtout pas occulter. Elle se résume en cette phrase tirée du discours du Président Sénégalais Macky Sall:

« Sur la voie de l’émergence, il y a des besoins urgents qui demandent une prise en charge immédiate en faveur des couches sociales vulnérables. 2035 c’est encore dans 18 ans mais il y a des urgences sanitaires. Des urgences pour l’accès à l’électricité, des urgences pour le désenclavement des zones éloignées.»

Oui, 2020, 2030, 2060 sont des dates encore lointaines. Pendant que nous gardons les yeux fixés vers l’avenir, n’oublions pas de répondre aux besoins immédiats et urgents des populations.

 

Phrases fortes

Quelques phrases fortes tirées des discours et échanges pour terminer:

« Le programme de l’émergence doit être adapté au contexte socio culturel de chaque pays. »

« Il faut comprendre que la croissance en elle-même ne règlera pas tous les problèmes de l’Afrique. Il faut l’orienter. »

« Croissance sans résilience n’est que ruine de l’économie. »

« Le problème de l’Afrique n’est pas qu’il n’y a pas d’épargne. Mais notre épargne est exportée et nos investissements importés. Investissons notre épargne ici. »

« Les pays Africains sont pauvres, pas parce qu’ils manquent de ressources mais parce qu’ils sont incapables de les traduire en richesses pour leur population. L’Afrique exporte ses opportunités d’emplois et importe le chômage. »

 

Vous pouvez revoir certaines vidéos de la conférence en cliquant ICI

Accédez au site internet de la conférence en cliquant ICI . Il s’y trouve une documentation intéressante.

 

categories 225newsDossier

A propos de l'auteur

Je suis Yehni Djidji, écrivain, scénariste, chroniqueuse, entrepreneur web et ce n’est que la partie visible de l’iceberg. Je crois qu’avec la foi on peut tout accomplir, même s’accomplir !


3 thoughts on “2eme Conférence Internationale sur l’émergence en Afrique

  1. J’ai pris part à un panel pendant la conférence. C’était enrichissant et intéressant. Il y a beaucoup à faire mais tout est possible avec de la volonté de nos dirigeants. Merci pour l’article.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.