ENTRETIEN AVEC…BLAN’KO GBICH


13 Juil. 2011

 Les Ivoiriens aiment la lecture. Seulement, il faut leur offrir ce qu’ils aiment...
 …On peut passer des années pour trouver un éditeur pour son premier livre et seulement quelques jours pour le second…

1-Qui est Blan’ko Gbich ?
Blan’ko est le pseudonyme que m’a attribué le DP du journal Gbich  et Go Magazine, quand j’y ai été engagé comme journaliste-correcteur. Blan’ko pour blanco, vous savez, ce produit qui permet entre autres d’effacer les taches d’encre sur du papier. Sinon, mon nom à l’état civil est Oumar Ndao. Je suis journaliste et écrivain. Également responsable du Département Éditions de Go Média. De nationalité sénégalaise, je vis en Côte d’Ivoire depuis 1988.
2-Combien d’œuvres as-tu déjà publiées ?
Je suis auteur d’un recueil de nouvelles intitulé Corps et Âme , paru en 2003 aux Nouvelles Éditions Ivoiriennes.

3-Une dédicace dans les jours à venir ?
Non, aucune. Je suis plutôt en train de peaufiner mon second livre dont la publication est programmée, si tout va bien, en septembre prochain aux Éditions Go Média.
4-Que recherches-tu dans l’écriture ?
Je ne sais pas vraiment. Tout ce que je sais, c’est que je prends beaucoup de plaisir à raconter des histoires. J’ai commencé à m’y mettre très tôt. Je devais avoir seize, dix-sept ans… Sans penser forcément à me faire éditer. Et je n’ai plus arrêté. L’écriture occupe une place importante dans ma vie aujourd’hui. Et j’essaie de me farcir vaille que vaille un minimum d’une page tous les soirs avant d’aller au lit. C’est une véritable passion pour moi. Mais je n’écris pas forcément pour gagner de l’argent. C’est devenu une véritable nécessité. Il faudrait peut-être que je voie un psychanalyste pour m’expliquer pourquoi j’ai cette rage de noircir des pages… (rire) !
5-On décrie souvent la lenteur du processus éditorial en Côte d’Ivoire, peux-tu partager avec nous ton expérience ? Quels sont les étapes et le temps que tu as mis avant que ton manuscrit  ne soit validé ?
Tu as tout à fait raison. Il est extrêmement compliqué de se faire éditer en Côte d’Ivoire. Tellement, qu’il y a de quoi décourager les jeunes auteurs. La première maison à laquelle je m’étais adressée m’avait fait comprendre que je devais mettre la main à la poche en même temps que je déposerais mon manuscrit. C’est vous dire… Par la suite, on m’a conseillé les Nouvelles Éditions Ivoiriennes. Là aussi, il m’a fallu plus de douze mois avant d’avoir une réponse. Et près de six mois (correction, confection de la couverture et impression) avant de tenir mon bouquin dans la main. Plus tard, en décembre 2009, j’ai déposé un second manuscrit. Il y est encore… A mon avis, la patience est de mise. Quand on voit le nombre de manuscrits entassés dans le bureau du directeur littéraire, on comprend tout de suite.
6-Où peut-on trouver tes livres ?
Dans toutes les librairies et grandes surfaces, en principe. On est sûr de le trouver dans Les Librairies de France.
7-On dit que les ivoiriens n’aiment pas lire. Quel est ton point de vue ?
Je ne suis pas tout à fait d’accord avec cette assertion. Les Ivoiriens aiment la lecture. Seulement, il faut leur offrir ce qu’ils aiment. Je te donne un exemple. Les Coups de la vie Tome 1 s’est vendu à plus de quinze mille exemplaires en moins de quatre mois. Je ne parle même pas de Savoir Aimer de Biton Coulibaly qui s’est vendu également comme de petits pains. Eh bien, contrairement à Go Média qui accompagne ses auteurs par une publicité suivie et ciblée, certains de nos éditeurs vous oublient dès que vous avez fait avec elle la première dédicace. C’est ce qui explique d’ailleurs que c’est dans les premiers mois que vous vendez quelque peu. Ensuite vous vous retrouvez tout seul à vous débattre pour ne pas laisser mourir votre livre. Plus aucune pub. Pas de visibilité et donc pas de ventes. L’autre aspect, qu’il ne faut pas négliger, c’est le prix souvent trop élevé du livre.

8-Tu es responsable du Département Edition à GO MEDIA qui a publié “Le best of les coups de la vie” devenu BEST-SELLER. Quels sont les ingrédients de ce succès selon toi ? 
D’abord, “Le best of les coups de la vie”, c’est une rubrique à succès du journal Go Magazine, qui a donc déjà son lectorat. C’est une page qui permet aux lectrices et lecteurs de partager leurs expériences, leurs secrets… Ceux qui le peuvent écrivent à Madame Anzata Ouattara, ou alors ils se déplacent et elle recueille et traite leurs confidences. “Le Best of Les coups de la vie” est une compilation de ces histoires. On a la chance de disposer de plusieurs supports. Les journaux Go Magazine, Gbich !, Roman-Photo, Allo Police, les différents sites qui accompagnent nos journaux… Le département Édition de Go Média profite de tous ces supports pour la publicité. Nous organisons un grand nombre de cérémonie de dédicaces. Nous profitons aussi des espaces que nous réservent les confrères et les partenaires radio et télé. Bref, nous ne lésinons pas sur les moyens pour nous imposer. Ceci explique le succès de nos livres. Mais évidemment et surtout aussi, c’est leur qualité. Parce qu’on ne peut pas vendre n’importe quoi non plus aux gens. On aura beau être très offensif au niveau pub, si la qualité du produit laisse à désirer ça n’ira pas loin. Nous essayons donc d’être très rigoureux à ce niveau. 
9-Quels sont les défis que les jeunes maisons d’éditions comme celle de GO MEDIA doivent relever ? 
Nous avons pour le moment à notre actif  Les 3 tomes du “Best of Les Coups de la vie”, la bande dessinée “Les sorcières” de Kan Souffle (Tome 1&2), et “Savoir Aimer” de Isaie Biton Coulibaly. Et “Situation drap” de Mme Aline Apoutri en préparation. Le Tome 4 du “Best of les Coups de la vie” et “C’est Idiot d’aimer” de votre serviteur. Pour le moment, nous ne publions que des auteurs-maison. Le grand défi, c’est d’arriver à s’imposer durablement et arriver à être présents hors de nos frontières.

10-A quand une ouverture au grand public ?
Ça ne saurait tarder. Nous n’allons pas nous arrêter bien entendu aux auteurs de la boite. Déjà, nous recevons beaucoup de manuscrits du grand public pour emprunter votre  expression. Nous n’oublions pas lesdits manuscrits dans un tiroir. Nous les confions à notre comité de lecture, qui y travaille déjà. Et nous attendons son avis avant de nous lancer. Mais ça ne saurait tarder.
11-Des conseils aux jeunes écrivains ?
Je crois qu’au vu de tes écrits, tu es bien placé pour leur donner des conseils. La seule chose que je peux vraiment dire, c’est que le talent seul ne suffit pas. Il faut du travail et surtout de la rigueur. Je vais citer Bernard Weber qui disait : On dit que pour réussir, il faut trois choses : le talent, le travail et la chance. Mais que deux suffisent. Talent plus travail, on n’a pas besoin de chance. Talent plus chance, on n’a pas besoin de travail. Travail plus chance, on n’a pas besoin de talent. Vu qu’on ne peut pas agir sur la chance, mieux vaut donc le talent et le travail. »
Ensuite, une fois qu’on a son manuscrit terminé en main, il ne faut pas hésiter à le soumettre à plusieurs éditeurs à la fois. Et surtout ne pas se décourager si on tarde à le faire éditer. Si votre manuscrit est rejeté, n’hésitez pas à reprendre le travail. Beaucoup d’auteurs à succès ont vu leurs premiers manuscrits rejetés par des éditeurs. Tout simplement parce que c’était d’illustres inconnus. Bref, si l’écriture est pour vous une passion, ne baissez jamais les bras. On peut passer des années pour trouver un éditeur pour son premier livre et seulement quelques jours pour le second…
12-Je te remercie pour ta disponibilité!
C’est moi. Et félicitation pour ce que tu fais.

Interview réalisée par Yehni Djidji

categories InterviewsLes mois littérairesLittérature

A propos de l'auteur

Je suis Yehni Djidji, écrivain, scénariste, chroniqueuse, entrepreneur web et ce n'est que la partie visible de l'iceberg. Je crois qu'avec la foi on peut tout accomplir, même s'accomplir !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.