ENTRETIEN AVEC…LUISIANO N’DOHOU


03 Juil. 2011

L’action d’écrire est un peu comme le fait de porter une grossesse, car un livre est un enfant que l’on porte en son sein et à qui l’on donne vie à maturité… C’est sublime!
1-Qui est Luisiano N’dohou ?
Jeune ivoirien né dans les années 70 (un peu de mystère sur la date exacte), étude en Lettres Modernes (deuxième années),  Diplôme supérieur de Spécialité en Négociation et Communication Multimédia (PIGIER) et Master en Marketing (niveau). Je suis chargé du Marketing à la SNDI (Société Nationale de Développement Informatique)… J’ai quelqu’un dans ma vie, mais nous ne sommes pas encore sous le même toit… Pas d’enfant.
2-Tu as été Lauréat de plusieurs concours. Lesquels ? Quel a été leur impact sur ta vie et particulièrement sur ta carrière ?

• Lauréat au concours littéraire organisé par le Rotary Club d’Abidjan Biétry en 1995
• Lauréat au concours littéraire organisé par le CEDA (une nouvelle pour l’an 2000)
• Lauréat au concours littéraire organisé par l’APPEL (association parole et livre) et la Librairie de France (une nouvelle pour La Paix en 2003)
• Lauréat aux concours littéraires Adoras (Intimes Confidences en 2004 et 2010)
• Lauréat au concours littéraire organisé par l’Université John Hopkins
• Lauréat à la deuxième édition du concours de nouvelles du Fan Club Isaïe Biton Koulibaly en 2006
Ces concours m’ont permis de me faire connaître, et ont créé en moi l’envie d’écrire d’avantage, d’aller plus loin. Ils m’ont permis d’entrer aisément comme lecteur ou correcteur dans des maisons d’édition. En un mot, ils ont eu un impact positif sur ma carrière particulièrement dans le domaine littéraire.
3- Combien d’œuvres as-tu déjà publiées et dans quelles maisons d’éditions ?
Le masque de la siffleuse (Cercle Editions)
Comme une nuit de noces (Cercle Editions)
Jusqu’au mariage (Adoras)
Rendez-vous du bonheur (Adoras)
Je l’aime, pas nous ! (Adoras)
A côté de ceux-ci, il y a aussi des publications collectives issues de concours littéraires :
Une histoire pour l’an 2000 (CEDA)
Tournons la page (CEDA)
Intimes confidences (NEI)
Juste pour goûter (Université John Hopkins)
4-Une dédicace dans les jours à venir ?
Oui, mercredi 06 juillet 2011, salle Félix Houphouët-Boigny du District d’Abidjan à partir de 15H. Elle concerne le livre « je l’aime…pas nous », paru dans la collection ADORAS.
5-Comment es-tu arrivé à l’écriture ?
Le livre a toujours été présent dans ma vie, du faite de ma mère qui est enseignante. Je pense que le besoin d’écrire est né de mes nombreuses lectures… Au collège déjà j’écrivais des textes qui n’avait pas de genre clairement définis et qui relevaient à la fois de la nouvelle, de la poésie et du théâtre… C’est au fil du temps que j’ai pu canaliser tout ce bouillonnement que je sentais au fond de moi… J’ai la certitude que mon goût pour la lecture a été pour beaucoup dans l’écriture…
6-On décrie souvent la lenteur du processus éditorial en Côte d’Ivoire, peux-tu partager avec nous ton expérience avec les maisons qui ont publié tes différentes œuvres ? Quelles sont les étapes et le temps que tu as mis avant que tes documents ne soient validés ?
Cette lenteur est due à certaines contingences, surtout pécuniaires. Vous savez, une maison d’édition met assez d’argent dans la publication d’un livre, ensuite, il faut que ce livre soit vendu pour que l’éditeur puisse entrer dans ses fonds… Mais combien d’Ivoiriens entrent spontanément dans une librairie pour acheter un livre, juste pour se cultiver se divertir, etc. ? C’est un problème qu’il faut régler à la base, avec une aide réelle aux maisons d’édition pour ce qui concerne la publication d’ouvrages de littérature générale. 
Cependant, certains auteurs, surtout les plus connus ne connaissent pas cette lenteur dans le processus éditorial. Ils peuvent déposer un manuscrit dans une maison d’édition et 4 semaines après, le livre sort de chez l’imprimeur.
Pour ce qui est des étapes, quand le processus d’édition est enclenché, il y la prise en compte des remarques de l’éditeur… après discussions, parfois houleuse, car l’auteur également défend son point de vue. Ensuite ,un travail de réécriture ou d’intégration des remarques. Parfois, quand chacune des deux parties est pointilleuse, il peut y avoir plusieurs séances de travail… Cette phase peut prendre deux ou trois mois, selon l’importance du travail à accomplir.
7-As-tu recours à un correcteur avant de déposer ton manuscrit ?
Non, jusque-là, je n’ai pas eu recours à un correcteur avant de déposer un manuscrit dans une maison d’édition. J’ai moi-même une expérience de correcteur… J’ai fait ce métier pendant 3 ou 4 ans aux éditions CEDA.

8-Où peut-on acheter tes livres ?
On peut se procurer mes livres dans toutes les librairies de la place ou directement chez mes éditeurs (NEI et Cercles Editions).

9-Tu fais partie de l’association Akwaba Culture. Quels sont les objectifs de cette association et qu’est-ce qui a motivé ton adhésion ?
L’association Akwaba Culture veut faire la promotion du livre mais aussi et surtout de l’écrivain. A travers donc le Prix Ivoire pour la Littérature Africaine d’Expression Francophone, chaque année, un auteur africain est primé au cours d’un dîner Gala haut en couleur qui fait d’Abidjan un pôle des belles lettres africaines. En effet, l’association invite à cette occasion des sommités du monde littéraire pour célébrer le livre. Nous avons déjà convié à cet effet Séydou Badian, Aminata Sow Fall, Christian Diop (veuve du célèbre écrivain Anlioune Diop et Directeur général de Présence Africaine), Djibril Tamsir Niane, Cheick Amidou Kane, Boris Boubacar Diop et bien d’autres…
J’ai spontanément adhéré à cette association car ses objectifs sont nobles. A la faveur du Prix Ivoire, nous organisons également le concours de connaissance littéraires des lycées. Un questionnaire est soumis aux élèves pour évaluer leurs aptitudes dans le domaine littéraire. Nous voulons faire de ces jeunes de grands lecteurs pourquoi pas, de grands écrivains de demain.

10-On dit que les ivoiriens n’aiment plus lire. Quel est ton point de vue?
Beaucoup d’Ivoiriens lisent très peu en effet, mais il y a de très grands lecteurs, qui sont au fait de toute l’actualité littéraire du pays et cela est à encourager. Vous savez, lire est une activité qui ne naît par toujours spontanément, il faut que le pli soit pris, de préférence, assez tôt, quand on est encore tout frais, et qu’un rien peut émouvoir… Il est difficile d’amener des adultes à commencer à s’habituer à la lecture… C’est une des raisons pour lesquelles l’association Akwaba Culture fait la promotion de la lecture chez les jeunes, de sorte à ce que dans le futur, un nombre importants d’Ivoiriens soit de grands lecteurs… Ce n’est pas un rêve irréalisable si toutes les bonnes volontés s’y attèlent….

11-Des conseils aux jeunes écrivains ?
Écrire est une aventure passionnante. L’action d’écrire est un peu comme le fait de porter une grossesse, car un livre est un enfant que l’on porte en son sein et à qui l’on donne vie à maturité… C’est sublime… Mais ce n’est pas aussi facile qu’on le croit… Il y a des moments de page blanche, où l’on manque cruellement d’inspiration… Mais il faut persévérer… je demande donc à mes jeunes frères qui se lancent dans l’écriture d’être persévérants… d’accepter de perdre parfois leur loisir pour écrire… La récompense est au bout de l’effort. Je ne parle pas de richesse matérielle, sous nos cieux les écrivains ne sont pas millionnaires… Mais nous sommes riches de partager nos rêves, de divertir les lecteurs, de les faire voyager, de les inviter à nous rejoindre dans cette grande et belle aventure du livre et de la lecture…
12-Merci pour ta disponibilité!
C’est moi qui te remercie de m’avoir donné la parole pour dire ma passion du livre.

Interview réalisée par Yehni Djidji 

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A propos de l'auteur

Je suis Yehni Djidji, écrivain, scénariste, chroniqueuse, entrepreneur web et ce n'est que la partie visible de l'iceberg. Je crois qu'avec la foi on peut tout accomplir, même s'accomplir !

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