Côte d’Ivoire: la grogne sociale continue, la grève s’intensifie


23 Jan. 2017

Troisième semaine de grève

 

La grogne sociale continue en Côte d’Ivoire. La fin de la grève qu’on avait annoncée n’a pas eu lieu. C’est quand même compréhensible au vu des circonstances. Alors qu’il a disposé de tout le week-end pour faire une déclaration sur le maintien ou non de la grève, c’est hier aux environs de 23heures que Théodore Gnagnan Zadi, porte-parole plateforme et IFCI, s’est prononcé. Les fonctionnaires doivent reprendre le chemin du travail et donner une chance au dialogue.

Bien entendu, à l’écoute de cette annonce nocturne qui va à l’encontre de la décision de la base,  les supputations vont bon train. Au vue de la tenue vestimentaire un peu trop décontractée du comité présent à la télévision (port d’un polo pour rencontrer le premier ministre à la primature), les théories du complot pullulent. Ils auraient été séquestrés, torturés, forcés à produire ce communiqué. Leur famille aurait été menacée. Rien n’est sûr mais dans un contexte aussi tendu, où le gouvernement pèche gravement au niveau de la communication, toute nouvelle est bonne à prendre. La population se gave d’informations avérées ou pas.  Elle se fait peur par rumeurs interposées, heureuse au moins d’avoir quelque chose sous la dent. Tout, sauf le silence des autorités.

La grogne sociale continue

 

Ce lundi matin donc, Abidjan s’est réveillée les pieds dans l’eau, sous les rafales d’une pluie diluvienne et totalement inattendue pour cette période de l’année. Manifestation des agents de l’ONPC réprimée avec des gaz lacrymogène à la Riviéra, corridor de Yopougon Gesco fermé puis réouvert, plusieurs villes de l’intérieur en proie à des troubles. Les nouvelles venant de Man sont les plus alarmantes avec des saccages de commerces. Que disent les autorités compétentes? Les fonctionnaires, les élèves, les paysans maintenant.  La filière agricole aussi a son lot de griefs à exprimer. Il ne manque plus que les souscripteurs aux entreprises d’Agrobusiness entrent dans la danse.

De plus, les yeux rivés sur les enseignants, on oublie que les médecins des structures publiques suivent également le mot d’ordre. Certes le service minimum est assuré. Mais quand pendant le service « maximum » on dénote déjà un manque de personnel, des infrastructures défaillantes, des équipements défectueux, on peut se poser des questions. Qu’adviendra-t-il des malades qui n’ont pas les moyens de se soigner dans les cliniques. Un internaute dénonçait l’attitude d’une sage-femme dans une PMI, qui a refusé de vacciner des enfants à cause de la grève. Jusqu’où le bouchon doit-il être poussé pour qu’on réalise qu’on va trop loin?

grève des fonctionnaires. Elèves dans la rue

C’est l’heure de la solution

 

Les choses vont mal et une solution doit être rapidement trouvée. Les ivoiriens sont inquiets. Trop de mauvais souvenirs remontent à la surface. Un de mes professeurs avait l’habitude de dire « papier de blanc ce n’est pas gros coeur ». J’ai envie de dire aujourd’hui que la politique ce n’est pas gros coeur non plus. Il faut savoir se rabaisser et négocier surtout qu’un précédent a déjà été créé en accédant aussi promptement aux revendications des mutins.

Après les imams, les archevêques et évêques ont rédigé un texte pour appeler au jeûne mais aussi au dialogue. A l’allure où vont les choses, il faudra vraiment une intervention divine pour que tout rentre totalement dans l’ordre.  Trop de rubicons sont franchis. Il faut réagir avant d’atteindre le point de non retour. Mettons nos orgueils respectifs de côté et discutons, négocions, faisons des concessions dans l’intérêt souverain de l’ensemble de la population. L’intérêt de la Nation, les gens ont déjà donné. Ils ont réalisé que cela ne satisfaisait qu’une portion de la population et toujours les mêmes. Aujourd’hui chacun veut sa part du gâteau ivoire.  Prions pour que la sagesse nous habite.

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A propos de l'auteur

Je suis Yehni Djidji, écrivain, scénariste, chroniqueuse, entrepreneur web et ce n'est que la partie visible de l'iceberg. Je crois qu'avec la foi on peut tout accomplir, même s'accomplir !

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