Jeux de la francophonie Abidjan 2017: les commissions dissoutes


27 Août. 2016

faro

A dix mois de l’échéance d’Abidjan 2017, un nouveau rebondissement. Les commissions en charge de l’organisation des jeux de la francophonie 2017 ont été dissoutes ce jeudi 25 Août.

J’étais partagée entre la tristesse et une envie irrésistible de rire aux éclats en apprenant que « tous ceux qui ont apporté leur compétence, qui ont compris l’exigence des jeux, et ont montré leur patriotisme avéré, pourraient être rappelés ». En effet c’est une situation tristement risible que voici.

Si travailler plus de deux ans sans contrat, ni salaire, avec des indemnités aussi irrégulières que modiques, des indemnités bien en dessous du Smig, des indemnités que même nos nounous et filles de maison ne nous envieraient pas, ce n’est pas faire preuve de patriotisme, alors qu’est-ce que c’est ?

De la naïveté sans doute. Mieux, de la bêtise. Un sage a dit « quand on t’envoie, il faut savoir t’envoyer ». Ceux qui n’ont pas su s’envoyer, qui se sont impliqués dans l’organisation des jeux, avec pour toute garantie le verbiage des responsables qui se sont succédé à la tête du comité national des jeux, paient aujourd’hui le prix de leur patience, de leur bonne éducation…et de leur patriotisme. « Ça va aller, on a entendu vos préoccupations, on va agir, on a remonté l’information, vos contrats seront signés. ».

Et nous comme des bêtes de sommes, de travailler de plus bel. Sans bureaux formels où nous réunir. Sans matériels dédiés. Faisant mille et un sacrifices pour que les choses avancent. Contraints au bénévolat, là où d’autres étaient et sont encore payés régulièrement. Je me rappelle des séances de travail où j’ai dû trimballer mon fils, de quelques mois à peine, pour pouvoir apporter ma pierre à l’édifice. Je me souviens des échanges jusque tard dans la nuit pour finaliser des plans qu’on devait envoyer dans l’urgence, à cause d’une visite imminente du comité international. Tout ça pour nous entendre dire que les commissions sont dissoutes, à présent que nous sommes fatigués de travailler dans une situation précaire et floue, fatigués de maigrir quand d’autres prennent de l’embonpoint. Pour avoir fait monter nos voix de quelques octaves, voici la réponse à nos légitimes revendications.

D’aucuns peuvent s’étonner que l’on n’attende pas patiemment à titre individuel le verdict de l’étude de notre niveau de compétence et de notre degré de patriotisme avant de nous plaindre. Qui sait ? On pourrait faire partie des « happy few », ces heureux élus reconduits dans leurs « fonctions ». Mais la coupe est déjà pleine et il faut bien la vider de son breuvage infect avant d’accepter éventuellement d’y recueillir un autre. Nous avons trop gardé le silence. Et, certains d’ailleurs ne parleront plus jamais. La mort, cette faucheuse impitoyable, a fait son office dans nos rangs.

Que les choses soient claires. Un échec des jeux ne sera pas pour nous une occasion de réjouissance à coup de « on les avait prévenus ». L’opprobre d’un fiasco n’éclaboussera pas quelques individus, qu’ils soient attachés au Président ou non, mais toute notre nation. Cependant, il faut savoir lire les signes des temps. A dix mois d’un évènement aussi important, trop de bouleversements.  Faire table rase pour (re)commencer ? Quoi ? Avec qui ?  Il y a des « promotions » qui sont plus des cadeaux empoisonnés qu’autre chose.

La Côte d’Ivoire pourrait réussir à organiser des jeux de qualité. Je suis de ceux qui pensent que les miracles existent. La magie pourrait même opérer pour qu’on se retrouve avec des médailles ivoiriennes, même si des nombreuses promesses d’encadrement, d’accompagnement et de promotion des compétiteurs faites à Nice en 2013, je n’ai pas vu grand-chose se déployer.

Toutefois, en l’état actuel des choses, si la situation n’est pas prise en main comme il faut, on risque plutôt d’assister à une cacophonie comme c’est le cas sur cette page du site internet « officiel » des jeux d’Abidjan 2017. Mon nom en grand caractère, mais la photo d’une autre au lieu de la mienne et la mention de la médaille d’argent alors que j’ai remporté une médaille de bronze.

francophonie

J’aurai au moins tiré une leçon de cette aventure : « ne jamais être plus royaliste que le roi, plus patriote que ceux qui gouvernent la patrie ».

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A propos de l'auteur

Je suis Yehni Djidji, écrivain, scénariste, chroniqueuse, entrepreneur web et ce n'est que la partie visible de l'iceberg. Je crois qu'avec la foi on peut tout accomplir, même s'accomplir !

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