Johary Ravaloson, le 10ème lauréat du Prix Ivoire


12 Nov. 2017

 

Au commencement était un pari fou

En 2008, sentant l’urgence d’apporter sa contribution aux belles lettres africaines, l’Association Akwaba Culture créé le Prix Ivoire pour la Littérature Africaine d’Expression Francophone. Un prix littéraire de notre continent et par notre continent qui vient mettre à hauteur d’yeux les talents dont il regorge. Un pari fou, vu les investissements importants à injecter pour atteindre la qualité recherchée et le peu d’engouement des sponsors pour la chose littéraire.

Oui, sous nos cieux, alors qu’on se lamente à grands cris au sujet de la jeunesse qui se perd, de l’éducation qui se dégrade, des performances académiques qui se réduisent à une peau de chagrin, ce sont malheureusement dans les évènements et activités à faible valeur intellectuelle ajoutée que les financiers décident de placer le plus d’argent. C’est ce que veut le peuple et il faut le lui donner même si ce n’est pas bon pour lui. Soit. 10 ans plus tard, Akwaba Culture a tenu ferme.

Enfonçant les portes fermées, gagnant en crédibilité, le Prix Ivoire bénéficie aujourd’hui de l’accompagnement de plusieurs institutions et entreprises. Ainsi, les organisateurs vont chaque année un peu plus loin dans leur quête d’excellence. Cela je dois l’avouer me remplit d’espoir.

Un succès partagé par tous les activistes du livre

Etant moi-même initiatrice de plusieurs activités de promotion du livre, je sais les batailles à mener, je sais les promesses jamais tenues, les regards dédaigneux quand on demande des financements. Pour quoi ? Pour le livre. Je sais combien de fois mon salaire à manquer à ma famille pour servir la cause du livre. Le succès de Isabelle Kassi Fofana et son équipe de passionnés est une victoire pour nous tous militants du livre. Et, chaque année, elle nous convie à célébrer avec elle ce prix qui gagne en notoriété et s’étoffe davantage.

Hier, j’ai pu vivre encore une fois la saine émulsion des grands esprits qui se rencontrent autour d’une passion commune. Cela m’a même poussée à ressortir mes manuscrits en jachère. Mets raffinés. Musique Live. Invités tirés à quatre épingles. Une joie que n’a pas ternie le départ brusque de Régina Yaou le 04 Novembre 2017. Elle était une invitée spéciale de cette édition aux côtés de Fatou Kéita et Venance Konan. Hier, elle était là avec nous Régina, aimée par ses pairs, célébrée pour son œuvre, et immortelle de par son riche héritage.

Johary Ravaloson vainqueur du prix ivoire 2017

C’est le romancier Malgache JOHARY RAVALOSON qui a reçu le Prix Ivoire pour la Littérature Africaine d’Expression Francophone 2017 pour son roman Vol à vif (éd. Dodo Vole). Toutefois, un prix spécial a également été décerné à Blaise Ndala (RD Congo) pour Sans Capote ni kalachnikov (roman, éd. Mémoire d’Encrier).

Johary Ravaloson, fort ému, a reçu son prix d’un montant de 2 000 000 Francs CFA (environ 3000 euros) et un trophée. Conformément à l’accord établi avec le Salon du livre et de la presse de Genève, il sera l’invité dudit Salon en 2018.

Le jury, présidé par la romancière et dramaturge Werewere Liking, a été séduit par son écriture solide, remarquable, neuve. En conteur moderne, son auteur raconte l’histoire agitée des Dahalos, célèbres voleurs de zébus à Madagascar. Sur cette histoire, Johary Ravaloson couche l’amour ingénu – mais pipé – liant des adolescents que rapproche le destin, et qui ne se savent pas frères. Derrière cet univers heurté et plein de vies blessées, de coups de feu et de sagaie, c’est toute la mémoire des pratiques ancestrales du vol des zébus, la force de la divination sur la vie des hommes et les gestes du pardon qui sont peints.

La cérémonie a aussi servi de cadre à la remise d’un tout nouveau prix confié à l’Association Akwaba Culture par le Ministère de la Culture et de la francophonie : le prix littéraire Horizon. C’est Marjorie Amoussou Diallo alias Essie Kelly, qui a remporté le trophée pour son œuvre « latitudes féminines » ainsi qu’une enveloppe de 500 000 F CFA.

 

Essie Kelly pose avec son prix

 

Si l’émergence tant serinée par nos gouvernants, doit arriver, que ce soit en 2020 ou plus tard, ce sera en permettant d’abord l’émergence de plus d’Isabelle Kassi Fofana, plus d’Akwaba Culture, pour promouvoir l’éducation et son alliée de tous les jours : le livre.

categories Littérature

A propos de l'auteur

Je suis Yehni Djidji, écrivain, scénariste, chroniqueuse, entrepreneur web et ce n’est que la partie visible de l’iceberg. Je crois qu’avec la foi on peut tout accomplir, même s’accomplir !


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