KORA 2012 : CHRONIQUE D’UN ECHEC ANNONCE


31 Déc. 2012

« L’erreur est humaine », on peut le concéder à M Ernest Adjovi. Mais il y a des erreurs que l’humain  a du mal à pardonner à celui qui organise la douzième édition d’un évènement.

L’échec des Kora Music Awards n’était pas souhaité mais hautement prévisible.  Même ceux dépourvus de tout don de prophétie l’avait vu venir. Il y a des discours qu’on ne devrait pas tenir, encore moins dans un pays comme la Côte d’Ivoire où les habitants ont plusieurs fois brillé par leur versatilité.

« Les koras ne sont pas destinés à tout le monde » disait-on, goguenards, sur les réseaux sociaux. « Un million ce n’est rien » déclarait sans sourciller Adjobi au JT de 20 heures . « Tu n’as pas l’argent, restes chez toi » scandaient des arrogants. « Si cela te parait trop cher tu n’es pas concerné » raillait-on.

Résultat des courses, les pauvres sont restés bien au chaud chez eux. Le gouverneur du district n’a pas trouvé preneurs pour sa généreuse utilisation du budget de l’Etat arrivée sur le tard. Le prix du ticket a eu beau baisser, jusqu’à devenir gratuit voire plus que gratuit, on a eu beau faire du raccolage via la télévision nationale et internet, les pauvres ont dédaigné pour la plupart cette invitation de dernière minute…dénotant de tout le respect qu’on leur porte. Même les riches ont démontré qu’ils ont bien mieux à faire de leur argent en n’honorant pas le gala de leur présence.

Oh honte, un stade presque vide devant lequel Chris Brown n’a pas voulu prester dans un premier temps. 10 000 personnes dans le public comme mentionné par le Community Manager de l’évènement ou moins comme le témoignait des personnes sur place, c’est toujours peu comparé aux 35000 places minimum que le stade comporte. C’est toujours peu comparé à l’engouement qu’on aurait pu susciter avec une meilleure communication et une bonne dose de réalisme.

Oh honte ! Des artistes invités et nominés aux abonnés absents. Des ministres qui font du remplissage, décernant avec plus ou moins d’éloquence des trophées à des personnes plus ou moins méritantes…prêtant ainsi le flanc à une récupération politique de l’évènement. Et pourtant dans des conditions similaires il est quasi certains que les mêmes causes auraient produit les mêmes effets.

On se demande bien pourquoi, malgré tous les insuffisances d’Adjovi quant à redonner à Kora Awards ses lettres de noblesse,  la cérémonie continue d’être sa chasse gardée ? S’il est immuable parce que l’idée vient de lui, alors il faudrait que d’autres initiatives germent. La musique africaine ne saurait se plaindre d’une autre occasion de la promouvoir.

Le concert de Chris Brown, P-Square a bien eu lieu vers 21h et était époustouflant à en croire les quelques fans téméraires qui sont restés jusqu’à la fin. On doit leur décerner le Kora 2012 de la patience.

Et DJ Arafat qui s’en tire avec deux koras dont celui du meilleur artiste africain ? Il faut croire que c’est tout ce qu’on mérite pour n’avoir pas dit « Non » assez fort quand l’inoffensif coupé-décalé qui squattait les maquis et le boîtes de nuit à commencer à grossir et s’insinuer dans nos spectacles, notre télévision, notre radio… nos vies. Nous avons caressé la bête dans le sens du poil et aujourd’hui elle est incontrôlable. Oui, félicitations à Arafat qui n’a rien demandé et honte aux koras.

Ernest Adjovi disait que ceux qui seront installés dehors auraient une meilleure position que ceux qui étaient dedans? La population a préféré prendre encore plus de recul et avoir une place encore plus privilégiée… en suivant la cérémonie derrière les postes téléviseurs et les écrans d’ordinateurs.

Il faudra donc retourner dans les salles de conférence penser à un autre moyen de promouvoir la destination ivoire et la paix en Afrique parce que les koras ont vraiment cassé leurs cordes à Abidjan. Même s’il y a fort à parier que Sieur Ernest Adjovi l’homme aux doigts magiques réussira à les raccommoder pour en tirer de nouvelles notes …espérons que cette symphonie cacophonique retentira sous d’autres cieux que les nôtres.

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A propos de l'auteur

Je suis Yehni Djidji, écrivain, scénariste, chroniqueuse, entrepreneur web et ce n'est que la partie visible de l'iceberg. Je crois qu'avec la foi on peut tout accomplir, même s'accomplir !

Un commentaire sur “KORA 2012 : CHRONIQUE D’UN ECHEC ANNONCE

  1. Vraiment, Arafat a eu deux koras, le seul gagnant dans cette affaire c’est Mr Adjovi, qui à pu récupérer de l’argent de cette échec cuisant.
    Les moyens mis à disposition , et toute l’arrogance de la présentation, avec le mépris des autres artistes sur le report d’une cérémonie comme celle là, peut on reporter la finale de la CAN? les MTV Award?
    Quand des personnes prennent de leurs temps, surtout en cette fin d’année et qu’on reporte c’est faire preuve d’un grand amateurisme.

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