La campagne est finie: cap sur une élection 0 mort.


24 Oct. 2015

peace

La campagne est finie. Au lieu de diffuser largement les programmes, de communiquer sur les prouesses qu’ils ont eu à accomplir à tel ou tel poste, de produire des chiffres, des statistiques pour étayer leur thèse, certains candidats ont passé leur temps à invectiver les autres.

« X n’est pas ivoirien, Z n’a jamais réussi à faire telle chose ce n’est pas le fauteuil présidentiel qu’il va pouvoir occuper. »

Si pour les élections on pouvait interdire formellement à un candidat de parler d’un autre, certains discours de campagne seraient réduits à une peau de chagrin.

La campagne est finie. En tout cas pour la présidentielle. C’est maintenant à la population de jouer. La population, c’est nous. Voter n’est pas une obligation. Il y a des gens qui ne le feront pas, même si on installe un bureau de vote dans leur chambre à coucher et qu’on paye leur transport. Cependant, pour ceux qui choisissent la voie du boycott, n’empêchez pas les autres qui veulent donner leur voix dans les urnes de le faire et vice-versa.

Il parait que certains iront bien dans les bureaux de vote pour marquer un autre nom sur le bulletin, celui du citoyen le plus célèbre de la Haye, avant de le glisser dans l’urne. C’est leur choix. Mais tout, tout sauf la violence.

Faisons l’économie des paroles insensées et des écrits incendiaires. Officiellement, il y a 3000 personnes qui manquent à leur famille à cause de la crise poste électorale et c’est déjà 3 000 personnes de trop. En réalité il y a plus de 20 millions de personnes qui ne vivront jamais plus comme avant.

Election 0 mort : voici le défi que nous devons relever. Nombreux sont ceux qui croyant mourir pour une cause sont plutôt morts pour un homme. Je ne suis pas prête à donner ma vie pour nourrir les ambitions des politiques. Ma vie vaut bien la leur. Qui sait, elle vaut peut-être même plus. Eux qui sont si prompts à exiger de nous des sacrifices qu’ils ne feront jamais pour nous. Il faut savoir dire non.

Ils sont vieux. Leur avenir est derrière eux mais ils ne descendront jamais dans les rues pour se battre. Eux ils sont trop civilisés pour ça. Ils se querellent par émission télévisée ou par radio interposées. Ce sont nos bras qu’ils utilisent sur le terrain pour s’affronter. Et bien entendu c’est notre sang qui coule sur les pavés, nous qui avons tout l’avenir devant nous. Si nous avons de la retenu, chacun gardera son sang au chaud dans ses veines.

J’ai un enfant en bas âge et aucun candidat ne m’a déjà demandé s’il mange à sa faim ou s’il est en bonne santé. C’est ma responsabilité. Et chacun de nous, autant que nous sommes, nous avons des responsabilités qu’il nous incombe de gérer sans eux, parce qu’ils ne nous connaissent pas. On les défend sur les réseaux sociaux et dans la rue mais nous ne sommes que des lettres de l’alphabet sur une liste électorale. Un chiffre, pendant le décompte des voix. Soyons un peu égoïste et pensons à nous. Pensons à nos pères et mères qui ont sué sang et eau pour qu’on puisse espérer avoir une vie meilleure. Tournons résolument le dos à ceux qui veulent faire de nous leur bras séculier.

J’ai écouté tous les candidats. J’ai vu certains se retirer, d’autres décider de continuer la course. Pour moi une chose est claire : je n’ai pas besoin qu’on me promette une pluie de milliards. J’ai besoin d’un pays en paix où règnent les conditions pour creuser mon propre puits de milliards.

Votons la vie. Votons la paix. Que Dieu nous protège !

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A propos de l'auteur

Je suis Yehni Djidji, écrivain, scénariste, chroniqueuse, entrepreneur web et ce n'est que la partie visible de l'iceberg. Je crois qu'avec la foi on peut tout accomplir, même s'accomplir !

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