LA MEDAILLE DE LA HONTE


16 Août. 2012

Jeux Olympiques de Londres 2012. La Côte d’Ivoire a envoyé une délégation pour défendre ses couleurs nationales. Les épreuves se sont succédé et, au lieu de tomber sur le champ de bataille ou même à côté, trois personnes ont préféré prendre la clé des champs. Franck Brou Kouassi, Assita Touré et Yves Adjé, partis pour faire flotter le drapeau ivoirien dans le ciel londonien au son de notre hymne national, l’ont arraché, jeté au sol et piétiné en disparaissant ainsi dans la nature. 

La tristesse de la population, face aux défaites en série, a fait place à la frustration et à la colère. Les performances remarquables de certains athlètes avaient suscité l’espoir de voir se réitérer l’exploit de feu Gabriel Tiacoh. Enfin, un autre nom allait être scandé après chaque mention du terme « jeux olympiques » en Côte d’Ivoire. Qui savait que trois noms allaient effectivement le supplanter cette année en s’illustrant d’une façon aussi fâcheuse ? 
Il est vrai qu’être sportif en Côte d’Ivoire n’est pas une sinécure. Seul le football fait l’objet de toutes les attentions. Malgré les défaites, les peines, le stress, des millions continuent d’être injecté dans cette discipline. Pour les autres, les subventions sont rares, mal utilisées, insuffisantes. Mais est-ce une raison pour s’en aller ainsi ? Oui, notre pays n’a pas encore totalement recouvré ses esprits après la crise postélectorale. Le coût de la vie ne fait qu’augmenter. De violentes attaques troublent parfois l’accalmie. Mais un clandestin à Londres est-il plus heureux, plus fier, qu’un ivoirien libre dans son pays ? 
S’il était interdit aux pays du tiers-monde de participer aux Jeux Olympiques, on crierait tous au scandale, au racisme, à la discrimination. Et pourtant notre attitude est déplorable. Dix Camerounais avaient déjà donné le ton en filant à l’anglaise. Les critiques acerbes et virulentes qui ont suivi n’ont pas été de nature à décourager ces trois ivoiriens. Ironie du sort, l’un des fugitifs, s’il avait pris la peine de revenir au bercail, aurait appris qu’une bourse d’étude l’attendait. Il serait allé aux États-Unis, en toute légalité et légitimité. Quel gâchis. 
 « L’essentiel est de participer » disait Pierre de Coubertin. Peut-être aurait-il dû ajouter «… et de rentrer après, dignement dans son pays ». Il faut savoir revenir quand on est parti. Surtout quand on représente un pays, un continent. 
Quelques personnes continuent de penser que ces ivoiriens se sont perdus. Londres est une grande ville après tout. Il y a aussi la barrière de la langue. Mais plus les jours passent, plus cette hypothèse montre ses limites. 
Cent quatre médailles pour les États-Unis, quatre-vingt-huit pour la Chine et… la Côte d’Ivoire ? Elle revient avec une médaille de la Honte.
photo: tout-metz.com
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A propos de l'auteur

Je suis Yehni Djidji, écrivain, scénariste, chroniqueuse, entrepreneur web et ce n'est que la partie visible de l'iceberg. Je crois qu'avec la foi on peut tout accomplir, même s'accomplir !

Un commentaire sur “LA MEDAILLE DE LA HONTE

  1. Haaaaaa c’est aussi cela l’Afrique et ces maux. Pour ma part je penses c’est une faute grave voir une trahison envers la nation que de se comporter ainsi. Bon vent à eux.

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