L’ANALPHABÉTISME: LA MENACE SILENCIEUSE


Article paru dans l’intelligent d’Abidjan du 19 Décembre 2012

La population ivoirienne comprend 51% d’analphabètes. Ce sont les chiffres qui sont ressortis de la 47e journée internationale de l’alphabétisation en Septembre.

Il n’est pas aisé de concevoir que certains ivoiriens en 2012 n’aient pas accès à l’instruction. Pourtant, il faut bien se rendre à l’évidence que le phénomène existe quand votre coiffeuse vous demande de relever un numéro pour elle parce qu’elle ne sait pas écrire.  

Il y a des parents qui ne jugent pas utile d’inscrire les enfants dans un établissement scolaire. Les filles sont préparées à être des épouses et des mères. Les hommes s’ils sont autorisés à aller à l’école, suivent les cours par intermittence au rythme des semailles et des récoltes. Il y a aussi le volet financier. Faute d’argent, les enfants ne peuvent pas aller à l’école.

Un autre facteur important est la personnalité de l’enfant. Des jeunes gens dont les parents payent les études à grands frais  trouvent plus judicieux de se tourner vers l’école des vices de la vie et d’en maîtriser tous les contours. Alcoolisme, tabac, sexe, cybercriminalité, virées nocturnes… Les études représentent le cadet de leur souci alors qu’il y a des personnes qui aimeraient être à leur place. Ne serait ce que pour une année.

Mettez votre poste téléviseur en marche et écoutez les jeunes ivoiriens s’exprimer. C’est le Nouchi qui règne en maître et malmène la langue de Molière. Ce langage de rue que certains veulent muer en patrimoine national n’est pas foncièrement mauvais. Cependant, il faudrait pouvoir passer avec aisance d’un registre à l’autre selon la circonstance. Or ce n’est pas le cas.

51% d’analphabètes. C’est grave ! C’est même une menace pour le développement et la cohésion du pays. Les messages passés à la télévision, à la radio, dans les journaux, sont-ils bien perçus ?

 « De l’éducation de son peuple dépend le destin d’un pays. » disait Benjamin Disraeli.  Le gouvernement doit créer le cadre adéquat,  vulgariser l’éducation de base afin que l’analphabète ait au  moins le BEPC. Les organes idoines doivent réfléchir à un moyen de redynamiser le système éducatif en évitant une solution nécessitant la fermeture  des temples du savoir.

Toutefois, en plus des initiatives du gouvernement pour essayer de réduire ce pourcentage de 51% à 35%, une prise de conscience est nécessaire. Il revient à chacun de refuser d’être maintenu dans l’ignorance. Cela bénéficie uniquement aux bergers qui voient en chaque citoyen une tête du bétail électoral. A-t-on déjà vu un mouton à l’école ?

Il faut briser les chaînes de l’analphabétisme.  Ceux qui ont  la chance d’être inscrits dans une école doivent concentrer leur attention sur leur apprentissage et s’évertuer à gravir les échelons sans trébucher. Quant aux autres, qui par la force des choses n’ont pas pu bénéficier de l’éducation, ils doivent pouvoir rejoindre les cours du soir pour jeunes et adultes. Il n’est jamais trop tard pour apprendre.

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A propos de l'auteur

Je suis Yehni Djidji, écrivain, scénariste, chroniqueuse, entrepreneur web et ce n'est que la partie visible de l'iceberg. Je crois qu'avec la foi on peut tout accomplir, même s'accomplir !

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