Le gouvernement ivoirien à l’épreuve du feu !


27 Mai. 2014

 
madiara ouattara

Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir, a-t-on coutume de dire. Alors quoi d’autre, si ce n’est le désespoir, pour pousser quelqu’un à s’ôter la vie ? Il faut vraiment avoir frappé vainement à toutes les portes, abattu toutes ses cartes et même ses jokers, pour en arriver là. Mais encore, il y a tellement de façons de se donner la mort, certaines ma foi, je le pense, plus agréables que d’autres. Mais Madiara Ouattara a choisi une sortie de scène enflammée ce 21 Mai 2014. S’asperger d’essence, se transformer en torche humaine et devant la présidence en plus. Pourquoi là, si ce n’est pour faire passer un message. Car le but d’un acte aussi violent est sans doute de heurter les âmes sensibles, d’imprimer dans les consciences choquées un désir de changement. Encore faudrait-il avoir en face de soi des personnes qui ont une âme, des êtres dotées de conscience.

Son histoire a fait le buzz et continue de le faire avec l’annonce de son décès. Son nom, bien souvent mal épelé, est sur toutes les lèvres. Il barre même plusieurs « Une » de journaux aujourd’hui et sera le cas demain. Mais et après ? Nous allons nous lamenter, nous allons condamner, nous allons pleurer. Mais et après ? On oubliera. On l’oubliera. On oublie toujours jusqu’au prochain drame qui ravive les mémoires avec fracas. C’est exactement ce que nous ne voulons pas, un prochain drame.

Alors il faut que le gouvernement joue finement sa réaction face au décès de Madiara Ouattara, car elle a peut-être fait sauter le couvercle de la boîte de Pandore. Elle n’est pas la seule à se retrouver le dos au mur, la tête dans l’impasse. Il y en a beaucoup d’autres dont le vase est plein, à une goutte près de déborder. Il va falloir jouer serré, très serré.

Si la famille bénéficie d’un dédommagement conséquent, que son cas uniquement est traité, cela peut susciter chez d’autres l’envie de suivre son exemple. Si son sacrifice est ignoré, qui sait si ceux qui partagent la même détresse qu’elle ne passeront pas à la vitesse supérieure ? Ne va-t-on pas désormais se suicider en « suicidant » également d’autres personnes avec soi, ceux que l’on estime coupables de son malaise et de son mal être, avec bien entendu des dommages collatéraux. A quoi va-t-on assister ? Des attentats à la bombe ? Des prises d’otages ? La Côte d’Ivoire a déjà suffisamment de problèmes.

On peut polémiquer sur sa mort ou pas. En effet les théoriciens du complot ont déjà identifié une main obscure derrière son passage de vie à trépas, réclamant une autopsie. Il ne faudra surtout pas oublier d’autopsier notre administration cadavérique qui met des mois pour traiter les dossiers des citoyens. Il faut établir un diagnostic clair des causes qui ont engendré le sacrifice ultime de Madiara Ouattara. Ne soyons pas adeptes du « tous coupables » quand on peut facilement situer les responsabilités. Ne nous contentons pas d’évoquer la fatalité du destin quand tous les jours des circonstances que l’on pouvait aisément éviter lui forcent la main. Si on avait donné son dû à la pauvre dame, elle serait encore là avec ses proches qui ne tarissent pas d’éloges à son sujet.

A l’épreuve du feu, le gouvernement doit certes donner une réponse qui tienne compte des besoins de tous les créanciers de l’Etat mais aussi de tous les besoins des ivoiriens qui sont fatigués de se nourrir de promesses électorales avariées, de discours d’émergence faisandés. Un peuple qui n’espère plus est un peuple mort. Nous voulons vivre. Nous voulons continuer de croire en des lendemains meilleurs. Nous savons que ce n’est pas facile pourtant c’est bien cela qu’on nous a promis pendant les campagnes électorales. Une promesse, est une dette.

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A propos de l'auteur

Je suis Yehni Djidji, écrivain, scénariste, chroniqueuse, entrepreneur web et ce n'est que la partie visible de l'iceberg. Je crois qu'avec la foi on peut tout accomplir, même s'accomplir !

Un commentaire sur “Le gouvernement ivoirien à l’épreuve du feu !

  1. L’action de Madiara Ouattara de s’immoler à l’essence jusqu’à trépas, doit interpeller chacun de nous sur les bouleversements de notre ère. Les politiciens d’aujourd’hui doivent savoir que rien ne pourra plus être caché comme avant et qu’user toujours de la politique politicienne peut leur être suicidaire.
    Il faut que chacun puisse vivre de ses activités, que l’Etat honore absolument ses dettes vis-à-vis de ses fournisseurs, sans discrimination aucune… C’est la condition sine qua non pour que la Côte d’Ivoire aille de l’avant….

    Merci Yehni Djidji pour ton pertinent article.

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