LE JUKE-BOX DE L’ACTUALITE IVOIRIENNE


22 Déc. 2010

Parlons de la Côte d’ivoire en chanson….Il sera difficile pour un non initié à la musique ivoirienne de tout comprendre.
 
Au temps du parti unique, on voyait le train de vie des membres du gouvernement et des gourous du PDCI. C’était de la haute bourgeoisie. On avait une voiture de service pour chaque occupant de la maison: monsieur, madame, Nina, Willy, le boy-cuisinier, la bonne-repasseuse, le chien, etc… On se lavait les pieds au champagne, on construisait des maisons gargantuesques avec des robinets en or (Ah! Koukourandoumi).
Comme le disait les Salopards  » On voit tout ça là, on voit tout ça là mais on dit rien. On voit tout ça mais on peut pas parler oh… « .

Et puis il y a eu un moment où le rubicond a été franchi. « Ê nin, mi révolté (Serges Kassy)«  ont dit Laurent Gbagbo et bien d’autres.  Le vent du multipartisme avait déjà commencé à souffler sur les pays voisins. Il n’a pas épargné la Côte d’ivoire. La parole était libérée.
Malgré tout, le PDCI demeurait au pouvoir avec des victoires écrasantes à chaque élection. A la mort du vieux on a eu droit à une première petite querelle de succession. C’est finalement Bédié qui a assuré la relève. Mais il n’avait pas la même poigne que le vieux. Il a même ouvert la boîte de pandore en créant un concept: l’ivoirité. « C’est ivoirien oh, c’est malin«  disait la pub.
A cette époque on assistait au népotisme et à la gabégie: « le même gars il est ministre, député-maire, souvent même président. A lui seul il veut gérer tout ça, oh! Même chauffeur de Gbaka il a apprenti.(Espoir 2000) ».
Ces faits étaient dénoncés par les opposants d’alors, le FPI étant plus virulent que tous les autres. Bédié lui, faisait toujours la sourde oreille.
« Mais c’est quel président depuis on te parle, tu comprends rien. Toi ton peuple à faim et puis tu lui tiens des discours guerriers. Mais si on peut pas manger, si on peut pas se soigner, si on peut pas aussi te parler, président toi tu fais quoi la même? Voilà pourquoi ils ont fait lo lo lo lo lo lo lo lo lo lo é… Tu es parti oh (Soum Bill) ».
En 1999 donc, le Général Guéi  a fait un coup d’état militaire. La population était en liesse. Une liesse qui a été de courte durée. Le balayeur après avoir fait le nettoyage voulait demeurer sur le fauteuil qu’il avait fini de dépoussiérer. C’est ainsi qu’en l’an 2000, Laurent Gbagbo est arrivé au pouvoir d’une façon historique. Ce sont tous les partis politiques confondus qui l’ont porté à la magistrature suprême, après la forfaiture de Guéi et ont dit ‘non’ au Hold-Up électoral (Même si beaucoup font semblant de l’ignorer aujourd’hui). Gbagbo a commencé à travailler. En tout cas, il faisait du bon travail, au début.

Et puis les crises se sont succédées emportant leur lots d’innocents et de martyrs, dès 2002.
« Comment papa Marcellin, peut trouver la mort, la mort dans une histoire de politique. Une mort brutale et une mort, fatale (Bagnon) »
Tout a basculé. On a vu ceux qui étaient au pouvoir faire pire que ceux qu’ils dénonçaient dans le temps.

2004, il y a eu les fameuses tentatives de déstabilisations de la France où là encore tous les partis politiques sont sortis comme un seul homme. « Ils sont clairs clairs, on va les déshabiller, ils veulent bronzer, le soleil va les kpatra eh (David contre Goliath) « .
De traités en accords, de Marcoussis à Ouagadougou, on a cherché partout la solution. On pensait avoir eu l’homme de la situation.

2010 nouvelles élections, nouvelle victoire mitigée de Gbagbo. La rue est encore obligée de se manifester. Qu’est-ce qui se passe? « Tu vois, c’est ma nature je suis toujours dans les problèmes (Singuila)« , nous dira Gbagbo. Et il a raison. Avec lui les problèmes n’en finissent pas.  On a deux présidents et Gbagbo se retrouve « seul au monde, il y a rien à faire, seul au monde(Corneille)« ,car la communauté internationale le désavoue.
Acte louable de sa part, il décide d’ouvrir le bal des négociations mais rencontre un refus catégorique du camp Ouattara. « Tout, tout, tout est fini entre nous, tout, j’ai plus la force du tout, tout, d’y croire et d’espérer (Lara Fabian) », lui répond Alassane par le biais de son porte-parole. Il demande à Gbagbo de quitter le pouvoir car c’est lui le nouveau président.
« Tu es gbo n’ kpassa de me dire ça! Tu es gbo n’ yeah! (Serges Kassy) », réplique Gbagbo qui n’est pas aussi isolé que cela .
Il a encore des alliés fidèles qui sont prêt à tout pour celui qui apparait à leurs yeux comme un envoyé de Dieu venu tout droit des cieux pour les sauver de l’emprise de l’occident.
« Si on pouvait adorer un homme oh, Gbagbo oh, j’allais t’adorer (chanteur bété inconnu)« . Mais sont-ils tous aussi fidèles? Ne sont-il pas des « politico-djantra »  sur qui on ne peut pas compter, comme dit Soum Bill. Des gens qui ballottent au gré des vents favorables à l’un ou l’autre des partis politiques et qui « accrochent leurs habits, là où le soleil brille ».

Aujourd’hui, nous nous retrouvons dans l’impasse. Et pourquoi? Parce que « c’est la course au pouvoir, course au pouvoir, c’est la course au pouvoir. (Alpha Blondy) ».
A cause de Gbagbo et Ado,  on se hait, on s’insulte, on se blesse, on s’entretue. 
Or, « ils nous utilisent comme des chameaux, dans des conditions qu’on déplorent. Ils nous mènent souvent en bateau, vers des destinations qu’on déplore. Ils allument le feu, ils l’attisent, et après ils viennent jouer aux pompiers. (Tiken Jah) ». Le seul  problème c’est qu’on ne l’a pas tous compris.
On les a suivi jusque dans l’impasse. Nous ne pouvons que prier pour que l’issue ne nous soit pas fatale et que Dieu se souvienne de ses promesses. « Toi même Seigneur tu nous l’avais dit, tu ne laisseras jamais tomber les oiseaux du ciel à plus forte raison, toi même tes enfants. (Les salopards) »
Aujourd’hui encore, ces politiciens nous demandent de mourir pour eux, en se substituant à la patrie.  Ils sont déjà dans le collimateur de la justice. « Cabri mort n’a pas peur de couteau (Serges Kassy) ».
Ne les écoutons pas, pensons à nos vies et à notre avenir, à tout nos projets non réalisés. Je te dis:
« Enfant, pas faire pleurer ta maman partout, elle te cherche depuis la veille, elle ne dors plus, elle ne mange plus, elle à même perdu le sourire pour toi, ah, enfant chéri.(Ahmed Farras)« . Laissons les politiciens régler leur palabre.

On a accusé la Côte d’ivoire en son temps d’avoir financé des guerres au Nigéria, au Libéria et beaucoup d’autres états africains. Il faut croire qu’on paye le prix de la méchanceté de nos pères. « Ici c’est la chaîne alimentaire, chacun à son tour, tu as mangé pour nous oh,on va manger pour toi aussi oh, eh, tu as mangé pour nous, on va manger pour toi aussi, c’est pas la peine de gaspiller tes larmes,oh, sorcier ne connais pas pitié (Solo system) ».

Qui va gagner cette bataille entre Gbagbo et Ado? « C’est pas dans ma bouche que tu vas manger ton piment. Même si ça te brûles, tu vas le manger tout seul!  (GG Léopoldine) »

Une chose est sûre, il n’est pas tard pour bien faire. On peut briser le cycle de la haine. Si  chacun garde ce chant à l’esprit, « Tu es mon frère, tu es ma sœur, tu es mon espoir et tu le sais. Tu es mon ennemi, c’est ce qu’on veut te faire croire. C’est pas ta faute, si on est séparés. Tu vis au Nord, et moi au Sud. Tends moi la main, donnons leur une leçon, à ces politiciens. (Eddy). », je pense que tout ira bien.

 Stay Blessed!!!!

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A propos de l'auteur

Je suis Yehni Djidji, écrivain, scénariste, chroniqueuse, entrepreneur web et ce n’est que la partie visible de l’iceberg. Je crois qu’avec la foi on peut tout accomplir, même s’accomplir !