LE PRIX, LA QUALITÉ OU LA QUANTITÉ !


Article paru dans l’intelligent d’Abidjan du Mercredi 03 Avril 2013

La cherté de la vie est devenue un fléau que les gouvernements peinent à endiguer. Tous les jours, les prix grimpent à une vitesse vertigineuse pour redescendre rarement et au rythme de l’escargot. Les cris d’indignations poussés par la population, à chaque fois qu’elle doit ouvrir son portefeuille pour acheter une denrée valant deux fois plus que la veille, meurent rapidement sans associations de consommateurs assez fortes pour être vraiment la voix des sans voix. Toutefois, cette hausse des tarifs est parfois plus subtile. Comme tous les regards sont rivés sur les prix affichés au compteur, voilà que les commerçants, déjouant les pronostics, agissent directement et subrepticement sur les quantités ou la qualité sans toucher au prix. N’évoquons même pas les factures d’eau ou encore moins d’électricité. Les exemples sont nombreux.

Une bouteille de boisson gazeuse qui n’est pas aussi remplie qu’avant. On en vient à se demander si le commerçant n’aspire pas le liquide à l’aide d’une seringue pour en faire une commercialisation parallèle. Un savon en morceau dont la taille semble avoir été réduite. Qui va au marché ou au supermarché armé d’une règle pour comparer les mesures des articles à chaque période d’achat ? Qui le fait une fois à la maison ? Un gel douche dont la consistance est plus proche de l’eau que du gel. Un insecticide qui parfume les bestioles au lieu de les tuer. Au risque de vous asphyxier, vous pulvérisez presque tout le tube dans la pièce, mais les insectes poursuivent leurs activités sans interruption. Un rouleau de papier hygiénique qui comporte moins de tours que de coutume.  Des tarifs de communication téléphonique qu’on peine à maîtriser. Pas de visibilité claire de la facturation avec les nombreux profils disponibles, les messages de promotions ponctuelles, saisonnières… Une bouteille de gaz qui ne fait plus long feu. Des bougies qui tiennent à peine debout quand on les pose sur une surface plane et Dieu sait qu’elles sont de plus en plus sollicitées avec la récurrence des coupures d’électricité depuis plusieurs Mois.

Même au niveau des boîtes d’allumettes, le problème se pose ! Il est plus facile d’allumer un feu en frottant deux pierres l’une contre l’autre qu’en ayant recours à des allumettes. Vous pouvez aisément épuiser une boîte entière ou deux sans être capable de voir jaillir une flamme quelconque. Mauvaise qualité des matériaux utilisés pour la fabrication! Production bâclée puisque certaines bûchettes n’ont même pas de produits inflammables suffisants pour permettre l’allumage à la friction.

Le paquet ne coûtant que 25 F Cfa, on laisse faire. On ne va pas alerter une association de consommateurs pour si peu.  Ce n’est pas pour autant que l’on ne voit pas toutes ces défaillances. On se demande qui à la charge de défendre le consommateur final, celui qui supporte la TVA et à qui l’on n’offre pas un service de qualité sans que cela n’offusque personne, et chose surprenante parfois, sans que cela ne l’offusque lui-même.

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A propos de l'auteur

Je suis Yehni Djidji, écrivain, scénariste, chroniqueuse, entrepreneur web et ce n'est que la partie visible de l'iceberg. Je crois qu'avec la foi on peut tout accomplir, même s'accomplir !

Un commentaire sur “LE PRIX, LA QUALITÉ OU LA QUANTITÉ !

  1. Tellement vrai tout ça.
    Parfois on a même l’impression que les dirigeants et nous ne vivons pas sur la même planète

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