LE RACKET ALIMENTAIRE


Madame X et son époux revenaient tranquillement de l’église. Au carrefour de la vie, le feu vert leur souriant gentiemment, ils décidèrent de maintenir la cadence quand quelque chose d’inattendu se produisit.
Un feu orange, les aurait pousser à accéler le pas pour dégager, un feu rouge à s’arrêter, mais en ce moment précis, tous les feux s’étaient éteints comme par magie.
Intrigués, ils jetèrent rapidement un coup d’oeil aux autres voitures dans les voies perpendiculaires. Elles étaient à l’arrêt. Ils poursuivirent donc leur course. Soudain, une horde de corps habillés les interceptèrent  armes au poing. Madame X se lança dans une diatribe enfièvrée, arguant que son mari n’était pas en faute et que les feux s’étaient mystérieusement éteints.

« Vous feriez mieux de réparer vos feux! »

Mais tout ceci tomba dans des oreilles de sourds. Ils appelèrent le mari de côté pour discuter et finirent par toucher le noeud du problème.

« Donnez 2000 FCFA ou bien c’est une contravention ! ».
Le mari expliqua que sa femme et lui n’avaient plus rien. Les hommes en armes ne voulurent pas entendre raison et décidèrent de demander directement à Madame X si elle aussi était fauchée.

« Je n’ai rien. J’ai pris le reste de mon argent pour acheter des fruits. « 
« Bon donnez les fruits là! » déclara leur interlocuteur à leur grande surprise.
Sous le regard impuissant et perplexe de Madame X, son gros Ananas fut emporté. L’ananas que son enfant voulait déguster car il est bon de mettre l’accent sur le fait que Madame X est enceinte.
Alors quelle est cette nouvelle forme de racket? Quel nom peut-on lui attribuer? Le racket alimentaire? Parfois c’est comme si nos corps habillés sont sous l’effet d’un envoûtement qui les oblige à soutirer quelque chose aux honnêtes citoyens peu importe la nature de la chose et le régime politique en place. L’incident que je viens de vous conter a eu lieu cette semaine.
Sous le régime des refondateurs, des militaires ont puisé dans les provisions d’un proche parce qu’il disait ne plus avoir un sou vaillant en poche. Et les exemples similaires foisonnent.
Un autre a balancé à des policiers qu’il n’avait que 60 F CFA, histoire de les décourager. Grande à été sa surprise quand les policiers ont quand même pris l’argent! Je dis bien 60 F CFA!
Prions pour ce corps de métier afin qu’il soit délivré de cet esprit de racket qui commence drôlement à s’apparenter à la mendicité.
Et vous chers lecteurs, avez-vous déjà été victimes de tels agissements? Comment peut-on expliquer ce genre d’attitude?
categories 225newscoup de gueule

A propos de l'auteur

Je suis Yehni Djidji, écrivain, scénariste, chroniqueuse, entrepreneur web et ce n'est que la partie visible de l'iceberg. Je crois qu'avec la foi on peut tout accomplir, même s'accomplir !

3 thoughts on “LE RACKET ALIMENTAIRE

  1. h-a-l-l-u-c-i-n-a-n-t !
    tchiéé on peut plus rien faire pour eux dèh ! quand viendra une génération d’etres humains normaux et animés de bonnes valeurs ?
    hum, peut-on aussi leur en vouloir ? qu’est-ce qui peut bien les animer oh ! sont-ils mal payés ou biennnn c’est inscrit dans le code génétique de ce corps de métier ! lol
    franchement il faut filmer ce genre de trucs stupides et denoncer les gars !
    de la manière ils ont radars pour nous pecho quand on fait exces de vitesse là, c comm ca letat n’a qu’a mettre en place des dispositifs accessibles à la population pour filmer tous ces gens font mal leur travail là ! quand c pas mauvais accueil , c racket ! si vous voulez pas travailler là restez chez vous ! la vie est simple tchrrrrrr
    Lord have mercy on us !

  2. Oui malheureusement cela arrive à tout le monde Cela m’arrivait souvent lorsque j’étais propriétaire associée principale de Best of Africa : coffre, banquette arrière, place du passager… étaient alors chargés de marchandise. ET j’acceptais de donner une canette,un fruit ou une cigarette si c’était demandé gentiment, et uniquement dans ce cas. En revanche je n’ai jamais accepté de donner même un jeton encore moins un petit billet : en faute je payais mon amende (excès de vitesse ou feu brulé 2 000; cas de fourrière 22 000) ; à défaut j’attendais. On m’a toujours libérée. la difficulté est double (1) cela fait perdre beaucoup de temps; (2) c’est humiliant. Enfin je le ressens ainsi. Je suis tout à fait d’accord avec vous Yehni, cela s’apparente à de la mendicité. Souvent j’entends comme argument « c’est dur notre métier : être debout le jour, la nuit, alors qu’il fait chaud, qu’il fait froid. » Et il est rai que c’est dur. C’est tout de même un métier où on peut progresser,où n a un salaire régulier, un couverture médicale en tant que fonctionnaire… Dans un pays où un large nombre de jeunes y compris diplômés et bien diplômés sont dans la rue en train de jouer au damier ou au mieux e débrouillent avec des petits métiers, ces lamentations sont un pu agaçantes voire indécentes. Merci Yehni du coup de gueule;

  3. Cette attitude ne s’apparente pas à la mendicité, c’est de la mendicité! le truc c’est que un peu partout pareil chez nous ici, Nouakchott ils demandent le thé ou l’argent du thé, Yaoundé l’argent de la bière …
    la seule façon de lutter c’est comme le dis Béatrice, c’est de refuser de donner des sous au risque de perdre du temps et de se sentir humilié, mais ca marche quasi toujours quand on est dans ses droits!

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