LE RACKET TOUJOURS D’ACTUALITE


Mon article paru dans l’intelligent d’Abidjan du 28 Mars  2012
«Ça suffit ! Ça suffit», « halte au racket pour accélérer le développement ». Ce sont quelques-uns des slogans qui ont servi à sensibiliser contre le racket…en vain. Il aurait été plus judicieux d’épargner l’argent des campagnes afin de le reverser aux automobilistes comme contribution de l’Etat à leur budget mensuel alloué au racket. Les républiques passent, mais ce fléau reste. Aucun gouvernement n’arrive à l’endiguer. Même les menaces de radiation et d’emprisonnement sont sans effets. Les vieilles habitudes ont la peau dure. Il y a toujours des barrages où les pièces qui importent sont sonnantes et trébuchantes et non en papier. Soit nos forces de l’ordre ne comprennent pas que cela entache gravement la réputation de leur corporation et le respect même qu’on accorde à leur personne, soit elles s’en moquent. 

Avant, la simple vu du corps habillé faisait trembler les malhonnêtes. Aujourd’hui, même les gens honnêtes ont peur…pour leur portefeuille. Le contrôle de routine est devenu un contrôle financier. Son sifflet dans la bouche, le policier devient le maître du monde. Il arrête qui il veut et il fait grâce à qui il veut. Lui seul connait les critères qui motivent son choix d’arrêter tel ou tel autre véhicule. Particuliers ou conducteurs de véhicules de transport en commun, tout argent est bon à prendre. Encore faut-il trouver une raison pour pousser le chauffeur à mettre la main à la poche. Lorsque les excuses habituelles ne fonctionnent pas (port de la ceinture, papiers incomplets, passage au feu orange…), il créé des infractions fallacieuses pour soutirer de l’argent aux conducteurs. « Ampoule intérieure de la voiture grillée, pas d’extincteur, pas de craie, pas de triangle, pas d’herbes fraîchement coupées à placer sur la route en cas d’accident… » Il y a aussi le cas des agents du contrôle radar qui vous épinglent sans jamais montrer la photo immortalisant votre forfait. Vous êtes toujours censés les croire sur parole. 
Comme il n’y a pas de corrompu, sans corrupteur, les automobilistes ne peuvent pas trop hausser le ton. Ils ont également une part de responsabilité. Non seulement, ils ne sont pas en règle au niveau de leurs papiers mais ils se prêtent au jeu du racket, sachant bien que cet argent ne rejoindra jamais les caisses de l’Etat. Or, ces 500 F CFA et 1000 F CFA anodins, une fois cumulés, constituent une grosse perte pour l’Etat de Côte d’Ivoire. Avec les cas de vols, de viols, d’assassinats, d’enlèvements qui se multiplient, on espère que les forces de l’ordre vont redéfinir enfin leur priorité pour devenir plus efficace dans l’exercice de leur tâche en laissant de côté cette pratique qui est loin de leur faire honneur.
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A propos de l'auteur

Je suis Yehni Djidji, écrivain, scénariste, chroniqueuse, entrepreneur web et ce n'est que la partie visible de l'iceberg. Je crois qu'avec la foi on peut tout accomplir, même s'accomplir !

2 thoughts on “LE RACKET TOUJOURS D’ACTUALITE

  1. Merci d’avoir ainsi souligné la part de responsabilité de l’automobiliste. Personnellement je me refuse à glisser pièce ou billet pour « gagner du temps » comme me le conseille nombre de mes connaissances. Il est vrai que c’est un peu pénible car peut faire perdre beaucoup de temps. J’y tiens néanmoins.

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