LE ROSE A LEVRES…POUR HOMME !


Paru dans l’Intelligent d’Abidjan du Mercredi 27 Février

Les hommes se féminisent de plus en plus et cela n’a pas toujours un lien avec des préférences d’ordre sexuel. Vernis à ongle, sac à main, jupe, ils puisent petit à petit dans l’attirail féminin. Aujourd’hui, ils ont décidé de franchir un autre cap et de porter du « rose à lèvres »…permanent.

Les femmes trouveraient les hommes aux lèvres roses séduisants. Forts de cette rumeur entérinée par aucune étude sérieuse, certains Nigérians se sont lancés dans une opération méticuleuse de tatouage permanent de leur lèvre inférieure faisant le buzz autour de cette pratique. 20 000 F CFA environ pour devenir désirable et ce sont les hommes au teint noir très foncé qui en raffolent le plus. On ne finira jamais d’être surpris tant que le souffle de vie nous sera accordé sur la terre.

Malgré les campagnes de sensibilisation autour des pratiques risquées, supposées compenser un déficit en beauté, telles que la dépigmentation de la peau, le piercing, le tatouage, l’être humain persiste. Un documentaire diffusé sur internet permet de mesurer l’ampleur du risque encouru par ces hommes, le premier étant une infection à cause du manque d’hygiène de la cabine de tatouage. L’endroit est exigu. Il y fait chaud, comme l’atteste la transpiration abondante du tatoueur qui ne porte pas de gants pendant l’opération. Les femmes méritent-elles que le sexe opposé risque l’apparition de chéloïdes pour elles ? Mieux, en demandent-elles autant avant de se laisser charmer? Entre la conservation de la teinte naturelle de ses lèvres et le risque d’avoir soit une troisième lèvre à cause d’une excroissance du derme soit une seule lèvre après amputation pour infection, le choix devrait être vite fait. Et nous ne parlons pas encore des possibilités de contracter le VIH.

En outre, le résultat final du tatouage est d’une laideur affligeante. Cependant, comme les goûts et les couleurs ne se discutent pas, on ne peut reprocher à quelqu’un de vouloir cadrer avec le cliché de l’homme noir décrit par Hergé dans « Tintin », tant qu’il ne s’expose pas à des dangers.

On invite constamment les femmes à apprendre à s’aimer comme elles sont, avec leurs défauts, leurs imperfections. On les encourage à ne pas s’infliger le martyr pour se transformer à cause des critiques d’un homme, qui dans tous les cas sera toujours un éternel insatisfait. Désormais, ce cours sur l’estime personnelle et  la valorisation de son patrimoine intrinsèque doit être dispensé aux hommes également.

Il existe un adage que l’on retrouve souvent placardé dans les véhicules de transport en commun : « la beauté d’un homme, c’est son travail ». En clair, le plus bel homme n’est pas le plus coquet, mais celui qui travaille le plus dur. Loin d’être une invitation à la négligence corporelle, c’est un appel à se départir des complexes liés au physique, à faire le culte de l’effort au lieu de celui de l’apparence.

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A propos de l'auteur

Je suis Yehni Djidji, écrivain, scénariste, chroniqueuse, entrepreneur web et ce n'est que la partie visible de l'iceberg. Je crois qu'avec la foi on peut tout accomplir, même s'accomplir !

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