LE VIOL DE TROP


Chronique paru dans l’intelligent d’Abidjan du 09 Janvier 2013

Depuis le mois de décembre 2012, un viol collectif à New Delhi secoue le monde entier. Une étudiante de 23 ans, violée à plusieurs reprises, agressée sexuellement avec une barre de fer rouillée,  est décédée quelques jours plus tard  dans un hôpital de Singapour.

Les agressions et viols sont multiples en Inde. Cependant, l’extrême violence de cette attaque explique l’ire populaire. On la qualifie même de « viol de trop » et nombreux sont ceux qui réclament la peine de mort pour les coupables. L’Inde envisage de déployer plus de policiers pour sécuriser les rues et de revoir les lois pour durcir les peines encourues par les violeurs. Pourquoi ne l’avoir pas fait plus tôt ? On aurait évité cette nouvelle victime et certainement plusieurs autres.

Le viol est un crime et il doit être considéré comme tel. Avec ou sans circonstances aggravantes, l’acte est répréhensible et ne doit pas être pris à la légère. En Afrique du sud on dit qu’il est plus probable pour une femme de se faire violer que d’apprendre à lire. C’est grave. Comme une infime partie des personnes violées portent plaintes de peur d’être stigmatisées et blâmées, la politique de l’autruche continue.

Il existe vraiment des personnes qui continuent de blâmer les victimes d’agressions. « Elle n’aurait pas dû sortir tard le soir, elle n’aurait pas dû boire,  elle était vêtue de façon impudique. » Au Swaziland on a même interdit le port de la mini jupe qui, entre autres raisons, attirerait la convoitise. Quelle ironie pour un pays où les jeunes filles se trémoussent en « cache-sexe » pendant une danse traditionnelle.

Oui nous devons avoir des tenues décentes, c’est une question de respect pour notre corps, nos croyances morales et religieuses…mais on ne saurait lier les vêtements au viol. Même dans les Etats imposant à la femme d’être couverte de la tête aux pieds, ce fléau existe! Peut-on encore parler d’indécence ? Que dire des cas de viols d’enfants, parfois même de bébés de quelques mois à peine ! Tenue indécente ? Que dire des hommes qui se font violer (cela existe bel et bien) ! Tenue indécente ?

Et cette barbarie touche tous les pays. Il suffit de lire la presse pour savoir qu’en Côte d’Ivoire aussi cette abomination existe. Malheureusement, les viols sont parfois décrits comme des faits cocasses, avec des tournures arrachant un sourire là où l’indignation et la compassion devaient être de mise.

Commençons par arrêter de trouver des excuses aux agresseurs et arrêter d’imputer les crimes aux victimes. Inculquons des valeurs morales fortes à nos fils et à nos filles. Favorisons une meilleure prise en charge physique et psychologique des victimes en évitant leur stigmatisation.

Ce n’est pas la première fois que la voix de l’opinion publique s’indigne pour plus tard aller decrescendo. On souhaite que ce « viol de trop »  en Inde ne tombe pas dans l’oublie. Par-dessus tout, on espère qu’aucun viol partout dans le monde ne soit oublié, car chaque cas est un viol de trop.

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A propos de l'auteur

Je suis Yehni Djidji, écrivain, scénariste, chroniqueuse, entrepreneur web et ce n’est que la partie visible de l’iceberg. Je crois qu’avec la foi on peut tout accomplir, même s’accomplir !


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