LES BUS ÉLECTRIQUES A L’UNIVERSITÉ !


18 Oct. 2013

Que peut-on bien reprocher aux bus électriques qui sillonneront bientôt l’Université Félix Houphouet Boigny? La cérémonie de remise symbolique, de deux engins sur les six prévus, qui a eu lieu le Mercredi 16 Octobre 2013 a eu un fort écho médiatique.

« Ils sont trop chers! » disent certains. J’ai pourtant crû comprendre qu’il s’agissait de cadeaux de l’entreprise Bolloré. Les 1,2 milliards ne manqueront donc pas aux caisses de l’Etat. « Ils n’ont pas beaucoup de places. 22 places assises seulement ». Quand on sait que ce sont les wôrô-wôrô qui assuraient la liaison avant et que chaque véhicule n’a que 4 places disponibles. Ces 6 Bus sont quand même l’équivalent de 33 wôrô-wôrô.

J’aurais été tenté de soulever plutôt le problème d’électricité qui n’est toujours pas réglé. En effet, importer des véhicules électriques quand « Délestron » a établi son royaume sur Abidjan n’est pas forcément des plus judicieux. Mais là encore, je lis dans la presse que les véhicules, sont alimentés par des panneaux photovoltaïques conçus par un autre groupe français: le groupe TOTAL. Voilà qui est réglé. Le soleil, ici, il y en a à profusion.

« On aurait pu acheter des milliers d’ordinateurs portables avec l’argent investi. Cela aurait été bien plus utile ». Cela aussi je l’ai vu quelque part. Des calculs ont même livrés un chiffre: 4000 ordinateurs. La règle veut qu’on ne refuse pas un cadeau. Et encore moins un cadeau fait de la main du donateur. En effet, c’est son savoir-faire que la structure souhaite faire connaître également à travers ce geste. Il ne s’agit pas de donner pour donner. Prions donc pour qu’un fabriquant d’ordinateurs soit pris de la même poussée philanthrope, car s’il faut attendre l’Etat…

« C’est peu 6 Bus, pour 60 000 étudiants ». Je suis parfaitement d’accord avec cela et la justification se trouve peut-être dans des propos du Ministre Cissé Bacongo relayé par la presse, propos qui je l’avoue m’ont laissée perplexe.. » Ce don coïncide avec notre projet de réduction de la circulation de véhicules dans nos campus universitaires ». Il y a vraiment un projet de ce genre qui est mis en oeuvre? Pourquoi devrait-on réduire la circulation de véhicules sur le campus? De quoi s’agit-il? Un partenariat secret avec le Ministère des Sports ou celui de la Santé pour obliger les uns et les autres à faire de l’exercice physique en parcourant les distances à pied? Envisage-t-on de mettre à disposition des vélos?

En poursuivant la lecture, je crois avoir trouvé une réponse à ma question « les navettes vont favoriser la création d’un environnement sain et non pollué à l’Université ».  L’Université serait donc dans une grosse bulle où toutes les fumées toxiques, tous les gaz de pots d’échappements qui embaument l’air dehors ne pénétreront pas? A mon sens on devrait juste dire merci pour ce cadeau et laisser de côté les justifications. Mais vous, que pensez-vous ?

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A propos de l'auteur

Je suis Yehni Djidji, écrivain, scénariste, chroniqueuse, entrepreneur web et ce n’est que la partie visible de l’iceberg. Je crois qu’avec la foi on peut tout accomplir, même s’accomplir !


5 thoughts on “LES BUS ÉLECTRIQUES A L’UNIVERSITÉ !

  1. c’est vrai que c’est utile d’avoir des moyens de transport dans l’université, mais j’avoue que ça ne me dit rien cette histoire de Bus électrique…pour le moment bien sur,…mais qui sait, demain sera meilleur peut-être.

  2. Le problème ne se trouve pas dans ce don de bus mais du fait que Bolloré est en piste en Côte d’ivoire pour des marchés publiques de plusieurs milliards de francs. Quand quelqu’un te fait un cadeau, peux tu être raisonnable impartial s’il participe à un marché publique que tu viens de lancer? Pour lui faire des faveurs en retour, ne seras tu pas tenté de faire du gré à gré?

  3. L’usage est de ne pas refuser — ni dénigrer — un cadeau, sinon vous courrez le risque qu’on ne vous en fasse plus !

    Bolloré s’est « fait la main » avec Autolib en France, et maintenant il vous fait un beau cadeau, d’accord il y a peut-être des arrières-pensées, mais peut-être pas : il y a beaucoup de français qui aiment sincèrement l’Afrique, et j’en parle en connaissance de cause, pour avoir vécu moi-même six ans au Bénin (sourire).

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