LES GRAINES D’EBENE


Paru dans l’intelligent d’Abidjan du 18 Avril 2012


La sonnerie de votre téléphone retentit. C’est une jeune femme au bout du fil. Son nom ne vous évoque rien mais elle semble vous connaître parfaitement. Elle sait votre nom, le lieu où vous travaillez, la zone dans laquelle vous habitez. Vous finissez par admettre que, sans doute, c’est votre mémoire qui vous joue des tours. Cette « amie » perdue de vue est aujourd’hui en Europe dans une grande structure qui importe des graines d’ébène. 
Des graines d’ébène ? Elle vous explique avec force détails persuasifs l’importance de ces graines dans la confection des produits que son entreprise commercialise. Ses patrons en ont d’ailleurs besoin en toute urgence. Elle serait heureuse que vous puissiez récupérer le colis chez leur fournisseur, un vieux paysan dans la périphérie de Bonoua, dont elle vous donne le contact. En échange de votre intervention, vous aurez une coquette somme et le titre de revendeur exclusif. 
Le seul problème de ce tableau paradisiaque se situe au niveau de la liquidité pour procéder à l’achat. L’argent a été envoyé à Abidjan, mais ne pourra être perçu que dans quelques jours. Face à l’urgence, elle vous prie de bien vouloir acheter les graines avec votre propre argent. Dans quelques jours, le responsable de leur succursale en Côte d’Ivoire vous remboursera votre investissement avec en prime, un bonus conséquent. 
Ah, l’appât du gain. Vous cédez. Mais avant, vous prenez soin d’appeler le dit représentant qui vous rassure sur sa bonne foi et le sérieux de son entreprise. Vous réunissez alors vos économies. Vous honorez le rendez-vous avec le « brave paysan » à la gare de Bonoua. Le fait qu’il ne vous conduise pas à son domicile ne vous alarme pas. Sa vieillesse relative non plus. Vous lui remettez l’argent contre les « précieuses graines » que vous cachez fébrilement dans votre sac. Elles valent de l’or, il ne faut pas l’oublier. Vous rentrez chez vous gaiement, dissimuler votre trésor dans un lieu sûr. Vous imaginez comment réinvestir les millions que votre nouvelle activité vous rapportera. Vous attendez l’appel du représentant de la succursale, ou un signe de votre « amie ». Peut-être espérez-vous encore au moment où vous lisez ces lignes. Pitié, arrêtez ! Vous avez été grugé. Vous ne recevrez aucun remboursement, aucun bonus. Il est même fort probable qu’une fois mise en terre, vos graines d’ébène, seules souvenir de ce fâcheux incident, ne poussent jamais. 
Rares sont ceux qui avouent être tombés dans le panneau. Soit par honte, soit parce que quelques jours à peine avant le « drame », ils clamaient haut et fort être plus pauvres que des rats d’église, ils se taisent. Entre temps le nombre de victimes ne cesse de croître. Celles qui ont le courage d’aller porter plainte à la police découvrent qu’il existe plusieurs variantes de leur mésaventure, qui d’ailleurs n’est pas un cas isolé. Si le fait est aussi récurrent, il devrait y avoir des communiqués pour appeler la population a plus de vigilance…à défaut de pouvoir mettre les fautifs sous les verrous.
categories Chroniques

A propos de l'auteur

Je suis Yehni Djidji, écrivain, scénariste, chroniqueuse, entrepreneur web et ce n’est que la partie visible de l’iceberg. Je crois qu’avec la foi on peut tout accomplir, même s’accomplir !


20 thoughts on “LES GRAINES D’EBENE

  1. Quelque chose me dérange,pourquoi CREER un blog si ce n'est pour communiquer par écran interposé avec les autres.Je vous ais envoyé un mail par le biais de votre adresse-mail en vu sur votre blog:le blog de YEHNI DJIDJI,vous n'avez meme pas pris la peine de me répondre.J'ai réitéré ma demande en m'adressant directement à vous dans mon dernier commentaire.Aucune réaction non

  2. Si vous étiez vraiment sensible au contact humain , vous auriez dû savoir via ma page facebook et mon compte twitter que je suis malade depuis un bon bout de temps. Moi je suis très sensible aux menaces. SVP ne commentez plus, et ne lisez même plus mon blog. Si vous n'avez pas encore acheté le livre ne le faites pas. Dieu pourvoira toujours des personnes pour le faire. Je réponds quand je

  3. @Rita et Yehni, calmez vous et mettez de l'eau ds vos vins car tt ce qui se conçoit et dit ds la colère ne mène à rien de bon.
    Rita, reprends contact stp humblement avec Yehni, suis sûr qu'elle te répondra avec la même attention qu'elle ns accorde, à nus les milliers d'anonymes pr elles, qui la suivons.
    Yehni, essaie de la comprendre, excuse la, excuse toi et reponds à

  4. Paroles sages ! j'avoue que j'ai toujours du mal à me considérer comme quelqu'un de public ! lool ! J'ai déjà mis de l'eau dans mon vin. Je voulais juste lui ouvrir mon coeur comme elle m'a ouvert le sien. Tu verras que Rita et moi allons bien nous entendre. La franchise est la clé des relations humaines qu'elle affectionne.

  5. Vu l'accueil CHALEUREUX que vous me réservez sur votre blog vous ne pensez tout de meme pas que je vais aller sur votre PAGE FACEBOOK ou TWITTER.Le fait d'etre malade,j'en suis désolée pour vous,ne vous autorise absolument pas à me parler sur ce ton.Vous ne me connaissez pas pour me juger.Vous etes sur la DEFENSIVE.Je suis surprise de constater que vous ne réagisssez qu'aux

  6. loooooooooooool! ça commence à devenir très intéressant. Vous ne commenterez plus ? Et je vous revois ici ! Je crois que vous vous contredisez vous même ! Je suis presque sûre que vous allez venir commenter encore. Peut-être de façon anonyme si vous avez trop honte d'être monté sur vos grands chevaux inutilement…inutilement parce que comme vous le dites c'est ludique. Ludique, mais il

  7. Eh ben!!! Quel gâchis!

    Il aurait pourtant fallu si peu pour vous entendre et remettre les choses à plat: l'amende honorable, l'humilité et la maîtrise de soi.

    Dommage!

  8. Tout d'abord pour commencer le RESPECT,c'est d'abord ne pas PUBLIER un mail privé sur l'espace PUBLIC.Explique moi au juste de quoi dois-je avoir honte?Il ne s'agit pas içi de faire une SURRENCHERE et d'aller à la facilité en déformant mes propos.La contradiction est aussi de votre coté,je vois:je croyais que vous me publirez plus.J'ai toujours utilisé le meme

  9. @Rita…Quelle assiduité pour quelqu'un qui devait laisser un dernier commentaire et qui ne passe que occasionnellement sur le blog… J'aime votre franchise.

    Cependant, tout porte à croire que vous n'avez pas relu vos commentaires avant de les envoyer ! Je n'ai fait que répondre à vos messages. Pitié, ne ramenez pas l'âge dans cette affaire. Vous avez 35 ans, je

  10. De toute façon mes COMMENTAIRES PUBLICS ou PRIVES,ça ne passent pas.Malgré tout ce que je tente de vous expliquer,vous restez sur vos POSITIONS.Je suis fatiguée de me JUSTIFIER sans cesse.Je prends l'entière responsabilité de mes ACTES ainsi que tous les TORTS.Vous avez gagné,j'abandonne ça devient un dialogue de sourds.Dindé,un des intervenants a appris à me connaitre et sais qui je suis

  11. RITAFLOWER et YEHNI DJIDJI,

    Laissez tomber! Là, je vous parle en grand-frère de toutes les deux (40 ans et plus), ok? (rires). YEHNI DJIDJI est une adorable jeune soeur qui fait un travail admirable en ligne. Toi, tu es une trempée de dynamisme et de panafricanisme. Y a pas plus lucide et plus fraternelle que toi, pour t'avoir pratiquée assez souvent sur le Net, sur les forums.

  12. Rita Flower ! Merci beaucoup de m'avoir fait sortir de ma léthargie. Là je viens de l'hosto, où je me suis fait charcuter un peu, lol. J'ai une douleur horrible mais je prends le temps de t'écrire. c'est dire que je peux faire des efforts quand je veux. lol. Si tu réponds à chaque fois et moi aussi, ce n'est pas je pense dans le souci de gagner quoi que ce soit, ni de &

  13. RitaFlower et Yehni Djidji, c'est une belle histoire d'amour qui débute… (Ça commence toujours par un "palabre").

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