LES PETITES HISTOIRES DE YEHNI N°14


12 Jan. 2012

J’ai présenté ce texte, il y a de nombreuses années déjà, à un concours où il nous était demandé d’imaginer une Côte d’Ivoire nouvelle. Même s’il ne m’a pas permis de remporter le premier prix, il contenait quelques idées pour une Côte d’Ivoire plus dynamique et plus soucieuse du bien être des jeunes, surtout des handicapés. 
30 MN

5heures 35 mn ! C’était exactement l’heure que marquait le réveil en plastique rouge et blanc, qui trônait au chevet de son lit, quand Kadjo Bi Eric daignât enfin ouvrir les yeux. Il les referma lentement et se retourna dans son lit. Il avait encore du temps devant lui. Le car de ramassage ne passait qu’à 7heures. Il décida de se prélasser encore un peu, sachant pertinemment qu’il n’arriverait pas à se rendormir. Il avait gardé l’habitude de se lever tôt, des années aujourd’hui lointaines, où il devait être prêt à temps pour le passage du premier bus de la ligne Abobo-Cocody. Ce bus était toujours bondé arrivant à son arrêt ; le deuxième de la journée. Eric devait alors faire preuve d’ingéniosité et de courage pour pouvoir pénétrer dans cette fournaise ardente, son handicap ne l’aidant pas aisément. Kadjo Bi Eric était né avec une jambe plus courte que l’autre. Il avait d’énormes difficultés pour se déplacer. Il arrivait bien souvent en retard à l’Université de Cocody où il était inscrit en Sciences économie. L’amphi bondé ne contenait plus de places assises et il avait du mal à suivre les cours, puisque rester debout plus de 30 mn relevait du supplice pour lui. 

« Grâce à Dieu, tout cela appartenait au passé ! » se dit-il en se levant pour aller se préparer. 
Il prit une douche rapide et eut même le temps de se raser de près et d’avaler un café avant de sortir de sa chambre. Il se mêla au flux d’étudiants qui migraient vers le point de ramassage, en plein cœur de la cité universitaire flambant neuf « KWAME N’KRUMAH ». Spontanément, les étudiants se mirent en rang et Eric se retrouva environ 50ème de la file. Il n’était cependant pas inquiet. Les dix cars climatisés mis à leur disposition par la Société de Transport Abidjanais, contenaient chacun, une soixantaine de places assises. De plus, l’ordre et la discipline régnaient dans les rangs. Pas de bousculade ni de bagarre! Tout était bien organisé ! Et ce n’était pas les étudiants handicapés qui s’en plaindraient. 
A 7 heures , les dix cars se garèrent les uns après les autres dans un alignement parfait, et les étudiants s’y engouffrèrent un par un. Moins de cinq minutes plus tard, tout le monde étant assis, le cortège s’ébranla vers l’université. Stéphane s’était installé dans le bus N°2 et c’était exactement ce qu’il voulait. C’était un bus très animé qu’il appelait affectueusement « LA SORBONNE », à cause des débats passionnés qui s’y déroulaient. Dans une entente tacite, les mêmes étudiants s’y retrouvaient régulièrement afin de débattre pendant les 30 minutes de trajet, de l’actualité, des études, mais surtout, des réformes positives qu’avaient connues le pays. Même s’il gardait le visage tourné vers la vitre, et regardait le paysage défiler, Eric ne perdait pas un traître mot de la conversation qui avait lieu dans le bus. Aujourd’hui, un étudiant dans une chemise pagne, aux tons chauds, semblait être le modérateur de ce forum improvisé. Il s’appelait Léonce Appiah. 
-Qui aurait pu imaginer il  y a cinq ans que nous serions aussi à l’aise qu’un coq en pâte aujourd’hui ? commença t-il. 
-Personne ! répondirent en chœur quelques étudiants. 
Un autre jeune homme à la barbe taillée en couronne prit la parole. Il s’appelait Romaric N’dah. 
-Nous, autrefois appelés « génération sacrifiée », avons aujourd’hui été ressuscités et élevés au rang que nous méritons. 
Il fut interrompu par une voix en provenance de l’avant du bus. 
-Comme le dit la bible : »la pierre qu’ont rejeté les bâtisseurs est devenue la pierre de l’angle’. 
Tout le monde se mit à rire. Celui qui avait parlé était un garçon corpulent, mais à la voix étrangement fluette que tout le monde appelait « le pasteur ». Il citait presque tout le temps dans ses propos, des phrases issues de la Bible. 
 -Qui aurait pu imaginer qu’en terre d’Eburnie, des élections seraient faites sans qu’il n’y ait ni plaintes, ni complaintes dans le camp des vaincus ? poursuivit le modérateur, une fois les rires calmés. 
-Personne ! s’écrièrent encore les autres à l’unisson. 
-Il n’y a pas à redire. Le pouvoir en place fait de l’excellent travail. Et surtout pour la jeunesse, renchérit Romaric. 
-Tout à fait ! Tout à fait ! l’encouragea Léonce d’un air magnanime. Ils ont enfin compris que la jeunesse est l’avenir d’un pays, d’une nation et qu’il faut en prendre soin comme la prunelle de ses yeux ! 
Tidiane Diallo, émis un juron avant de maugréer. 
-Moi je préfère ne pas me mêler de politique. Je considère tous ces politiciens comme des menteurs. Ils ne pensent qu’à se remplir les poches ! Et il est trop tôt pour se prononcer sur les actions du pouvoir en place ! Je crois au changement, mais pas aussi rapidement ! 
Il fut interrompu par Séverine Koblan. C’était une belle jeune fille au teint très clair. Elle avait les traits fins qui rappelaient ceux des peuls. Non voyante depuis sa naissance, elle était étudiante en maitrise d’Allemand. 
-Alors là, je ne suis absolument pas d’accord avec toi ! C’est bien beau de ne pas vouloir s’occuper de la politique. Mais que tu le veuilles ou non, la politique s’occupe de toi et t’affecte. Souviens-toi de l’époque où la crise faisait rage dans notre pays. Penses-tu que tous ceux qui ont perdu la vie savaient ne serait-ce qu’écrire ce fameux mot « politique » ? Et pourtant, elle a servi de manches aux couteaux et de balles aux fusils qui leur ont ôté la vie. 
Séverine se mit à pleurer au grand dam de ses camarades qui essayèrent de la réconforter comme ils le pouvaient. Le modérateur s’éclaircit la gorge. 
-Je pense que le débat est entrain de changer de trajectoire et s’éloigner de façon tangentielle de son objectif premier. 
-Oh !! s’exclamèrent les autres. 
Il poursuivit sans se laisser démonter. 
 -Séverine a raison quand elle dit que la politique s’occupe de nous que nous le voulions ou non. Nous avons accordé le pardon à nos frères qui se sont égarés. Fermons donc cette parenthèse. Ce que je veux dire à Tidiane, c’est que peu importe si le gouvernement se remplit copieusement les poches ou pas! Les faits sont là et contredisez moi si je me trompe. 
Il commença à énumérer en comptant consciencieusement sur ses doigts comme un enfant flirtant pour la première fois avec les calculs arithmétiques : 
-en cinq ans de pouvoir, deux cités universitaires ont été construites, d’une capacité de 200.000 étudiants chacune et comportant toutes les infrastructures pour un bon apprentissage. 

-Tu as oublié les cars de ramassage climatisés ! lança le chauffeur. 
-J’y viens, j’y viens ! Les cars destinés en priorité aux étudiants handicapés, puisqu’il insiste. Le versement d’une prime de transport mensuelle de 50 000 F CFA aux étudiants en plus des bourses ! La construction de trois autres universités dans les villes de l’intérieur, pour désengorger Abidjan. L’octroie de bourses d’étude aux 3 meilleurs de chaque UFR. Pour nous autres étudiants handicapés, c’est une opportunité inestimable d’aller jusqu’au bout de nos rêves. Plus besoin de dormir à l’intérieur ou devant les amphis pour espérer arriver à l’heure aux cours du lendemain. Et pour les étudiants aveugles, des livres en braille ont été subventionné, par l’Union Européenne, sans compter les appareils auditifs et les infrastructures pour prendre en charge les malentendants. Et là je ne parle que des universités. Je ne mentionne, pas les ponts, les entreprises, les usines de transformation de l’hévéa, du café, du cacao et j’en passe ! Tout cela a été réalisé grâce à la mise en valeur et l’exportation de produits négligés comme l’attiéké, tiré du manioc, l’anacarde, l’ananas et autres. Plus près de nous, regardez à travers les vitres. Des routes bien bitumées, plus d’ordures amoncelées ça et là ! Notre perle des lagunes a retrouvé son éclat. 
-Si on avait écouté et pris la peine de lire plutôt les mémoires et les écrits des économistes et des professeurs, on aurait pu gagner du temps ! ajouta Romaric. 
-Aujourd’hui, nous pouvons dire avec certitude que nous amorçons le développement et que nous sommes définitivement sortis du cercle vicieux des Pays Pauvres Très Endettés ! renchérit Léonce. Tous nos revenus hypothéqués, engloutis dans le cycle infernal du remboursement de dettes où le coût de la vie s’élève alors que le revenu s’amenuise. C’est bel et bien fini ! Notre Eburnie est devenue un petit paradis. 
-Mais crois-tu que cela s’est fait du jour au lendemain ? intervint Patrick, le voisin de Eric, qui était atteint de poliomyélite. Ce sont des années de réflexion, voire même de méditation et d’études qui ont conduit l’actuel président à mettre en place le programme de redressement de l’économie qui a sorti le pays de son bourbier post colonial. 
Des murmures commencèrent à s’élever dans le bus, chacun voulant donner à son voisin son point de vue sur l’actuel président. 
-Tout cela me conforte dans l’idée selon laquelle « toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu ! » tonna le Pasteur pour être sûr de se faire entendre, et provoquant un rire collectif. Il poursuivit ses propos sans se laisser intimider. 
 -Je dis cela parce que ce sont les déviations et les insuffisances des républiques précédentes qui lui ont permis de mettre à jour toutes ces solutions. Sans parler de la guerre qui a fait rage. Après la souffrance et des années dans le désert, nous voilà à Canaan. 
-Le mérite ne revient pas uniquement à « GODSEND ». Elle a su s’entourer d’une équipe intègre, dynamique, compétente et surtout loyale ! déclara le chauffeur. 
-C’est vrai ! On le sait tous, les grands hommes, ceux qui avaient l’étoffe de leader et qui étaient bien partis pour révolutionner le monde et abolir les injustices ont été trahis par des proches, des personnes de confiance! confirma Léonce. 
Dans tous le bus les étudiants se mirent à crier des exemples de grandes figures africaines ayant été victimes de trahison. 
-Samory Touré! 
-Lumumba! 
-Thomas Sankara! 
-Samson ! lança le pasteur dans la mêlée. 
Aux regards inquisiteurs de ses voisins il se sentit dans l’obligation de se justifier. 
-Dalida l’a trahi et pourtant c’était sa femme, bredouilla-t-il. 
-La femme c’est vraiment le Diable ! conclut Tidiane. 
-Non, s’il vous plait, pas de propos sexiste et misogyne! s’indigna Séverine. En plus, « GODSEND » a bien prouvé que de la femme, pouvait sortir quelque chose de bon ! Vous oubliez souvent que notre président est une femme ! 
-Elle est quand même forte celle là ! C’est seulement à la fin de sa campagne qu’on a su que c’était une femme ! dit Romaric admiratif. 
-Elle savait qu’il serait difficile pour les éburnéens d’élire à leur tête une femme. Alors qu’elle avait les compétences et le talent pour impulser un développement durable à ce pays, expliqua Séverine. 
-C’est une leçon pour vous tous, les machos ! lança une fille assise non loin du chauffeur d’autobus. 
-Ce que je déplore, c’est qu’on oublie souvent de féliciter les anciens ! Ceux qui ont dirigé les républiques précédentes ! lança Léonce qui se sentait exclu de la conversation. 
-Pourquoi féliciter ceux qui ont pillé les caisses de l’état ? protesta Tidiane. 
Cette phrase eut sur Kadjo l’effet d’une douche froide et il s’emporta, s’arrachant à la contemplation des rues abidjanaises. 
-Piller les caisses de l’Etat, piller les caisses de l’Etat ! Vous n’avez que ces mots là à la bouche ! Nous avons tous participé à ce pillage ! Nous et nos familles, nous et nos amis ! Ces personnes que nous incriminons aujourd’hui sont nos oncles, nos tantes, nos parents. De près ou de loin nous avons profité de la manne financière de ce pillage ! Ils ont été parrains à nos anniversaires et sponsors de nos fêtes ! Nous étions heureux alors de dépenser cet argent sale ! Même les policiers que nous traitons de tous les noms à cause du racket ; ne sont-ils pas nos beaux-frères, nos pères ? Arrêtons donc je vous prie de leur jeter la pierre. 
-Je te soutiens entièrement ! Il est facile de condamner ! renchérit Léonce, heureux d’avoir suscité la relance du débat. 
-Que celui qui n’a jamais péché jette la première pierre.

C’était le pasteur. 

La conversation cependant, était devenue si profonde que personne ne releva sa remarque. Il poursuivit : 
-Dieu merci, nous sommes allés de l’avant. Tous les ivoiriens ont pris conscience à temps du retard et des problèmes que l’égoïsme et la haine ont engendré dans le pays. 
-Vraiment, Dieu merci ! C’était révoltant de voir des pays comme la Malaisie, Singapour et autres Tigres et dragons d’Asie, qui ont une superficie insignifiante, ainsi que peu de ressources naturelles et de matières premières, devenir en moins d’une vingtaine d’années, incontournables dans le concert des nations. Tout cela parce qu’ils ont une politique de transformation systématique et développée ! s’écria Romaric. Il a été démontré que le produit fini valait vingt fois le prix de la matière première qui permettait sa composition. En ne transformant pas, nous nous maintenions nous même dans la pauvreté !  
-L’Afrique a tout mais ne transforme rien ! L’Asie n’a rien, mais transforme tout ! enchaîna le « Pasteur ». 
-C’est biblique ça ? demanda le chauffeur pour le charrier. 
-Bien sûr ! dit le pasteur fermement sans se démonter. J’ai seulement oublié la référence ! 
Tout le monde éclata de rire devant sa mine sérieuse. Déjà, on apercevait le portail imposant de l’université repeint en un beige immaculé. 
-Je me demande parfois si tous ces chiffres qui traduisent la bonne santé de notre pays ne sont pas truqués… falsifiés, s’interrogea Tidiane ! 
-Ehounou, toi qui est en dernière année d’économie, dit-nous s’il est possible de falsifier les chiffres ! demanda Léonce. 
Ehounou mit du temps à répondre et un silence inattendu s’abattit dans le bus. C’était un garçon plutôt calme, non voyant depuis la naissance, d’une beauté remarquable. Sa voix claire et grave s’éleva alors.

-S’il est possible de falsifier les chiffres ? répéta-t-il rêveur ! Tout est possible. Mais ce que je sais, c’est qu’il y a cinq ans, j’étais sur le point d’abandonner mes études universitaires ! J’arrivais toujours en retard ! Des gens prenaient un malin plaisir à m’indiquer un mauvais chemin quand je me renseignais. Je n’avais pas de perspectives d’avenir. Je ne pouvais même pas relire correctement mes cours. Aujourd’hui, je dispose des cours à forts coefficients en braille. Les autres je les ai en audio grâce à mon dictaphone. J’ai un car qui me conduit à l’école chaque matin, et me ramène à la maison chaque soir ! Je suis logé gratuitement ! Jamais je n’aurais été major de ma promotion sans les réformes opérées. J’aurais grossi le rang des culs de jattes et autres handicapés qui mendient leur pitance au bord de la route. Nous aurions tous probablement fini de la même manière ! Peut-être que c’est de la poudre aux yeux ! Mais cela fait 5 ans maintenant qu’il n’y a ni grèves, ni marches de protestations. Même quand il y a des mécontentements, le personnel travaille en portant un foulard rouge pour protester, à l’image des asiatiques. Ma mère ne s’est plus plaint de son salaire depuis une douzaine de mois, mon père non plus. Les denrées alimentaires de base sont accessibles à tous. L’école primaire gratuite est une réalité. Tenez vous bien, ils sont nombreux les européens qui désirent continuer leurs études en Côte d’Ivoire. Ici, dans ce pays autrefois, la risée des nations. 

 -Chaque jour, ma sœur qui travaille dans une ambassade ivoirienne en Europe me raconte comment les files sont longues pour obtenir le visa pour la Côte d’Ivoire, renchérit quelqu’un. 
-L’administration est plus fluide, les opérations sont plus rapides. Le Racket et les pots de vins, qui étaient entrés dans les mœurs, ont quasiment disparu ! enchaîna Romaric. 
-Quand je pense que nous avons failli gâcher notre potentiel! Heureusement, nous nous sommes ressaisis à temps ! Grâce à Dieu et à la contribution de chacun de nous ! dit Léonce. 
Le bus se gara en douceur dans la cité universitaire et ouvrit ses portes dans un cliquetis métallique. Le chauffeur fit un large sourire aux étudiants, même à ceux qui ne pouvaient pas le voir. 
 « Ce sont vraiment des jeunes gens conscients ! se dit-il en lui même. La relève est assurée. Notre patrie pourra continuer sa marche vers le développement en toute quiétude et en toute sérénité. » 
Les étudiants dirent au revoir au chauffeur avec des signes de la main. Kodjo rejoint ceux de sa classe qui l’attendaient afin qu’ils cheminent ensemble jusqu’à l’amphithéâtre.
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La salle KODJO EBOUCLET du palais de la culture, jusqu’alors plongée dans le noir, s’illumina brusquement. Kadjo Bi Eric assis au premier rang, avec ses amis qui avaient participé à la réalisation du court métrage « 30 minutes pour tout changer », avait le cœur qui battait à un rythme inhabituel. Il sentit une goutte de sueur perler sur son front, et pourtant…la salle était climatisée ! Il attendait avec impatience la réaction du public venu nombreux à la projection de ce film réalisé par l’association des étudiants handicapés de Côte d’Ivoire et qui devait compétir au festival de Cannes dans quelques mois, dans la catégorie « amateur ». Séverine, filleule d’un ancien ambassadeur avait réussi l’exploit de faire venir à cette projection ; le Président de la République en personne, la plupart des membres de son gouvernement et plusieurs autres personnes influentes du pays ! La salle, qui avait aussi accueilli quelques parents et amies des jeunes cinéastes, était pleine. Depuis quelques minutes maintenant, le film avait pris fin et la salle inondée de lumière demeurait anormalement silencieuse. Comme dans un accord tacite, le président se leva et se mit à ovationner les étudiants, suivi dans son élan par tous les occupants de la salle. Devant cette reconnaissance publique, inattendue, certains parmi eux se mirent à pleurer d’émotions ! Le président serra la main à chacun et insista pour faire un discours improvisé. 
« Les mots me manquent pour exprimer ma joie, ma fierté, mais surtout mon étonnement devant la justesse, la pertinence et la qualité de l’analyse de ces jeunes gens. Ce ne sont ni le talent, ni l’imagination qui manquent à ces étudiants qui font et feront certainement les beaux jours de ce pays ! Je peux vous assurer que le changement de mœurs et de mentalité se fera ! Même si ce sera dur et fastidieux, je peux vous donner ma parole que ce gouvernement s’attèlera à jeter les bases de cette Côte d’Ivoire paradisiaque. Avec une jeunesse aussi consciencieuse, je sais qu’ensemble, nous arriverons à déplacer les montagnes des préjugés, de la corruption et du sous développement. Ainsi, si ce n’est nous, au moins, vos cadets ou vos enfants, en bénéficieront-ils, je l’espère. Pour vous jeunes étudiants, courageux, handicapés, je vous prie de mettre sur demande manuscrite toutes les doléances relatives à l’amélioration de votre statut, ainsi qu’une étude des coûts et de faisabilité et en remettre 4 copies à mon secrétariat ! Le reste, je m’en charge ! Même si, par un concours de circonstances, vous ne reveniez pas de Cannes avec un prix, sachez que vous avez gagné la reconnaissance de votre chef d’Etat, de votre pays et que Dieu également se souviendra de vous pour cet effort que vous avez fait. Longue vie à votre association ! » 
Toute la salle applaudit et le bureau de l’association des étudiants handicapés de Côte d’Ivoire monta sur l’estrade pour la photo de famille, avec les membres du gouvernement.

image: rezoivoire.net

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A propos de l'auteur

Je suis Yehni Djidji, écrivain, scénariste, chroniqueuse, entrepreneur web et ce n’est que la partie visible de l’iceberg. Je crois qu’avec la foi on peut tout accomplir, même s’accomplir !


4 thoughts on “LES PETITES HISTOIRES DE YEHNI N°14

  1. Texte prophetique (j’espere) qui me rappele certains propos « malachiques » concernant une CI nouvelle qui va attirer un si grand nombre de gens que les formalites pour le visa ivoirien seront multipliees. Sans vouloir (re)susciter des polemiques politiques, tous, pro-X ou pro-Y, nous devrions avoir de telles visions pour notre pays et reflechir des maintenant aux voies et moyens pour y parvenir, car le futur se prepare des a present.

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