Découvrir les origines de la littérature ivoirienne avec Henri N’Koumo


Henri N'Koumo

07 Mar. 2017

Henri N’koumo, le Directeur du livre

Henri N’koumo. Il est de ces gens pétris d’une culture tellement riche que vous vous sentez petits à leurs côtés. Et je ne parle pas de sa taille qui doit tutoyer le mètre 90 voire plus.

Ce jour encore, j’ai eu l’occasion de m’abreuver à la source de son savoir immense sur la littérature d’ici et d’ailleurs. Invitée au lancement de la 10e édition du prix Ivoire pour la littérature africaine d’expression francophone de l’Association Akwaba Culture, Monsieur N’Koumo a délivré un discours, véritable cours, sur la naissance de la littérature ivoirienne.

Au commencement était Dadié

La littérature ivoirienne est née en 1933 grâce à Bernard Dadié qui écrivit une pièce de théâtre intitulée « les villes ». Cette œuvre dénonçait les nombreux changements de capitales en Côte d’Ivoire. En effet, on était passé de Assinie à Bassam en 1893, puis à Bingerville en 1900 avant d’opter pour Abidjan en 1933.

En 1936, Dadié remet le couvert avec une nouvelle pièce de théâtre appelée « Assémien Dehylé-Roi du Sanwi ». Aux côtés de Bernard Dadié, il ne faut pas oublier deux autres auteurs importants de cette époque. Il s’agit de Amon d’Aby qui publia « la mare aux crocodiles » et de Germain Coffi Gadeau, père de « Kondé Yao »  écrit en 1939 ainsi que « les recrutés de Monsieur Maurice ». Pour la petite histoire, « les recrutés de Monsieur Maurice » est la seule pièce  censurée par l’administration coloniale après deux représentations. Coffi Gadeau est aussi l’auteur de « nos femmes » puis « mon mari » face aux nombreuses plaintes des femmes indexés dans la pièce mentionnée plus tôt.

Toutefois, on ne peut nier à Dadié son statut d’élément le plus significatif de ce trio. Premier ivoirien a avoir écrit une œuvre poétique « Afrique debout » en 1950, premier ivoirien a avoir écrit un roman « Climbié » en 1952, premier ivoirien à avoir écrit un conte moderne, une nouvelle, etc….

L’émergence de nouvelles plumes

A partir de 1960, de nouveaux auteurs s’affirment sur le plan international. Il s’agit de Aké Loba qui remporte le Grand Prix Littéraire d’Afrique Noire en 1961 avec Kocoumbo, l’étudiant noir.  Pour la petite histoire, la Côte d’Ivoire obtiendra ce prix 6 fois après lui. Bernard Dadié (1965), Jean Marie Adiaffi (1981), Ahmadou Kourouma (1990), Maurice Bandaman (1993), Véronique Tadjo (2005) Venance Konan (2012)

A partir de 1960 émerge de nouvelles plumes comme Charles Nokan, Amadou Koné, Zadi Zaourou. Un Martiniquais d’origine établi en Côte d’Ivoire mérite d’être intégré à cette liste. Il s’agit d’Eugène Dervain, élève d’Aimé Césaire, poète et dramaturge auteur de l’œuvre « Termitière ».

Mais où sont passées les femmes?

Le refus des parents d’inscrire les filles à l’école a été la source de l’émergence tardive d’une littérature féminine. C’est Simone Kaya qui en 1976 publie « les danseuses de Impé Eya », un récit autobiographique. Ensuite, Fatou Boli lui emboite le pas en 1977. Malheureusement la critique ne fait qu’une bouchée de ce premier ouvrage qui ne sera jamais suivi d’un second.

En 1983, Véronique Tadjo écrit « latérites »primés en 1984 par l’OIF parait en même temps que la première œuvre de Tanella Boni, qui fut Présidente de l’Association des Ecrivains de Côte d’Ivoire.

Pris par le temps, Henri N’Koumo, actuel directeur du livre au Ministère de la culture et de la francophonie, n’a pas pu faire une lucarne à la littérature pour enfant qui connait un véritable essor en Côte d’Ivoire.

 

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A propos de l'auteur

Je suis Yehni Djidji, écrivain, scénariste, chroniqueuse, entrepreneur web et ce n'est que la partie visible de l'iceberg. Je crois qu'avec la foi on peut tout accomplir, même s'accomplir !

5 thoughts on “Découvrir les origines de la littérature ivoirienne avec Henri N’Koumo

  1. « En effet, on était passé de Assinie à Bassam en 1983 » . Je crois que c’est une erreur, vous avez interverti les chiffres. Mettre plutôt 1893

      1. Sais-tu, Yehni, que premières femmes dramaturges ivoiriennes – exception faite de Werewere Liking qui s’inscrit dans une histoire littéraire singulière – sont de ta génération? Elles sont trois et ont publié leurs œuvres la même année, 2012, aux éditions Balafons…

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