L’IVOIRIEN NOUVEAU


article publié dans l’Intelligent d’Abidjan du 27 Mai 2013

L’emploi jeune est un des axes majeurs de la politique gouvernementale puisque plus de 3 millions de jeunes sont touchés de plein fouet par le chômage. La fonction publique et le secteur privé étant saturés, il apparaît de plus en plus clairement que seul entrepreneuriat peut endiguer ce fléau qui mine cruellement nos familles et notre société. Aussi les initiatives en faveur du financement des projets se multiplient, sans que malheureusement on voie pour le moment une nette amélioration de la situation.

Plusieurs raisons expliquent cela et j’en veux pour preuve la conversation que j’ai eue avec une jeune fille au sujet d’un fonds mis en place pour financer les projets jeunes.

« Je n’ai pas de projets à faire financer ». Ce fut là sa première réponse. Etonnée de voir un être humain sans projet, donc sans ambition, je l’ai entraîné sur le terrain de la formation scolaire. Qu’est-ce qu’elle a appris comme métier à l’école et qu’elle peut formaliser en une entreprise, pourquoi pas avec deux ou trois de ces amis de classe, au chômage comme elle. « Le tourisme, mais ce domaine est tombé en Côte d’Ivoire depuis longtemps ».

Qui viendra donc le relever ce domaine, si personne ne fait rien ? Pourquoi avoir fait des études dans un secteur d’activité en déliquescence ? Nous avons poursuivi la discussion et les contours d’un projet se sont formés axé principalement sur la redynamisation du tourisme intérieur. Elle a alors avoué qu’elle avait déjà pensé à l’idée que je lui soumettais mais elle était sûre que personne n’allait y adhérer parce que les ivoiriens n’ont pas cette culture de visiter leur pays.

Comment diantre, acquiert-on une culture? Je l’ai encouragé à rédiger un projet et à le soumettre puisqu’on ne sait jamais où la chance peut nous sourire.

« De toutes façons, ce genre de financements s’octroient par affinités. Mon projet ne sera jamais financé si je ne connais pas un décideur de la structure. »

Nous, jeunes, devons vraiment être plus dynamiques que cela. Personne ne fera du porte à porte pour nous distribuer de l’argent. Il y a des organismes mis en place pour nous apporter une aide, allons vers eux. Certes, ils ne peuvent pas tout faire. Plus de 3 millions de chômeurs, ce n’est pas rien. Sans compter que des étudiants sortent de l’école chaque année pour grossir les rangs. Mais nous pouvons au moins les aider à nous aider, en évitant cette autocensure, ce défaitisme, qui n’œuvrent pas en notre faveur. Abandonnons les idées reçus, au moins jusqu’à ce que nous fassions notre propre expérience négative. Alors nous aurons des raisons valables de nous plaindre. Sinon, il ne sert à rien de se baser sur des témoignages, parfois fabriqués de toutes pièces, pour se forger une opinion.

J’étais récemment à une conférence où l’on demandait aux jeunes d’être des citoyens nouveaux, proactifs, travaillant pour l’amélioration de leur condition de vie et pour le rayonnement de leur pays. Soyons donc, ces ivoiriens nouveaux.

categories Chroniques

A propos de l'auteur

Je suis Yehni Djidji, écrivain, scénariste, chroniqueuse, entrepreneur web et ce n’est que la partie visible de l’iceberg. Je crois qu’avec la foi on peut tout accomplir, même s’accomplir !


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