MADEMOISELLE L’INTERPRETE


21 Fév. 2012

J’avais pour habitude de répondre: «Non» ou « un peu » chaque fois que quelqu’un me demandais si je parlais bien anglais. Même si mes camarades de classe et mes enseignants reconnaissaient que mon niveau était au dessus de la moyenne, j’ai toujours eu honte de dire « oui ».

Mon blocage venait du fait qu’une partie importante de mon apprentissage de l’anglais a été fait par le biais de films du Nigeria et du Ghana. Peu d’acteurs parlaient un anglais qui satisfaisait ma mère. Cependant,  elle pensait que c’était une bonne façon de commencer. Elle a corrigé mes « Ladda » en « Ladder » et mon « Broda » en  « Brother »… Malheureusement, je suis toujours convaincue que j’ai l’accent africain dans ma bouche.  Lol!

Donc, quand j’étais en classe de quatrième on a commencé à regarder les films africains en anglais. Je les aimais, et je les aime encore. Au début, je n’ai pas remarqué que ces films avaient joué un rôle important dans ma façon de parler anglais. Je répondais toujours à ceux qui s’étonnaient de mes bons résultats: « ma mère est professeur d’anglais ». Comme si il y avait une relation entre les deux faits. Comme si un enfant avait automatiquement les aptitudes de ses parents. J’ai cessé de donner cette réponse le jour où j’ai rencontré une amie dont la mère est un professeur d’anglais aussi, mais qui ne comprend pas grand chose. J’ai réalisé que c’était ma propre volonté et ma passion pour cette langue qui me faisait passer un week-end entier à regarder le même film trois ou six fois avec des gens différents. 
A dire vrai, quand j’apprécie quelque chose, je veux que les gens autour de moi l’apprécient aussi. Quand je trouve un film intéressant, je veux que les autres le visionnent. Je veux les voir rire et pleurer ou crier comme je le faisais quand je le regardais toute seule. C’était ma plus grande joie de venir avec un nouveau film et de voir toute la famille rassemblée autour de la télévision. Ils m’écoutaient traduire en Français au fur et à mesure … même si la plupart comprenait l’anglais. J’avais l’habitude de dire que je le faisais pour la domestique, ou pour le cousin passant quelques jours à la maison… 
Ma mère était heureuse de mes progrès. C’était elle la traductrice attitrée, quand je me plaignais de ne pas reconnaître les mots et percevoir les sons. A présent, j’arrive même à traduire certaines parties en pidgin qu’elle ne comprend pas. 
Plus de 10 ans après, je traduis la prédication dans une église. Je sais maintenant que toutes les choses qui arrivent dans la vie d’un homme sont liées. Je suppose que Dieu me préparait à le servir de cette façon. Chaque dimanche est un nouveau défi. Anglais général et biblique ne sont pas les mêmes. Dans une conversation usuelle on ne parle pas « bons grains, d’ivraie, de samaritain, de dîme et de crucifixion » … 
Mais par la grâce de Dieu, j’arrive à retrouver les mots justes ou des synonymes. Oh, je fais des erreurs! Parfois, c’est comme si les mots m’échappent. Mais je suis reconnaissante pour cette occasion, cette expérience inestimable. Avec Dieu il n’y a pas de hasard. De la traduction des films dans ma petite maison à la traduction dans une église. Qui aurait pu imaginer cela?

Thank God!

picture: imagesetmots.fr
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A propos de l'auteur

Je suis Yehni Djidji, écrivain, scénariste, chroniqueuse, entrepreneur web et ce n'est que la partie visible de l'iceberg. Je crois qu'avec la foi on peut tout accomplir, même s'accomplir !

3 thoughts on “MADEMOISELLE L’INTERPRETE

  1. congratulation!!keep it up!
    je suis conmme toi quand j’aime quelque chose j’aime que les gens l’aiment et ressentent la meme chose que j’ai ressenti
    je te recommande de regarder les films de TYLER PERRY..je suis sure que tu va adorer bisous

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