Main mise sur un présumé voleur


14 Juin. 2016

clé

Il y a quelques semaines, je constatais avec stupeur que quelqu’un avait tenté d’entrer dans ma maison, alors que je travaillais tranquillement dans ma chambre.

Le concierge informé, j’ai découvert que ce n’était pas le premier cas de vol dans l’immeuble un jour ouvrable. Plusieurs locataires avaient perdu des objets de valeurs, sans pouvoir s’expliquer comment ils avaient disparu car la porte n’avait pas été forcée.

Or le voleur utilisait une clé passe-partout. Enfin, pas si passe-partout que ça puisque dans le cas de ma maison, elle est restée bloquée dans la serrure. C’est d’ailleurs ainsi que j’ai découvert le pot aux roses.

« Toujours pour le voleur, un  jour pour le propriétaire » dit l’adage. Quelques jours à peine après le forfait, un suspect a été appréhendé. Le bonhomme avait dans sa besace tournevis, pinces et autres outils de nature à forcer une porte récalcitrante. Il croyait être passé discrètement devant la chambre du concierge avant de se faufiler à l’étage, mais ce dernier l’avait bien vu. Il l’a laissé s’avancer un peu avant de le rejoindre, armé d’un long bois au diamètre intimidant.

Apostrophé sur le palier, le quidam n’a servi que des balbutiements. Il a été contacté par Monsieur X pour faire des travaux dans l’immeuble.

« Pas de Monsieur X ici » répond le concierge.  La bienséance voudrait d’ailleurs qu’il se renseigne chez le concierge avant d’arpenter l’immeuble comme s’il était en terrain conquis. Les rares locataires encore à la maison sont interrogés. Personne ne reconnait avoir fait appel à quelqu’un pour des travaux. « Tu es sûr que c’est dans cet immeuble ? ». L’homme soutient mordicus que c’est bien le troisième immeuble carrelé à partir du carrefour, comme on le lui a dit. « Tu es un voleur ! ». La sentence tombe. L’homme se défend. Il a le numéro de Monsieur X comme preuve. Le concierge procède à l’appel. Téléphone fermé. Le témoin de la défense est aux abonnés absents. Le sort de l’homme est scellé. Le gros bois fera son office.

Une dame manque s’évanouir en voyant l’énorme bâton et supplie le gardien de ne pas le tuer dans l’immeuble.

« Les femmes vraiment ! » dit le concierge en me relatant l’histoire. Il ne sait pas que moi-même j’aurais fait pire. Demander qu’on ne le tue nulle part ailleurs. Demander qu’on ne le frappe pas et qu’on le conduise directement au poste. Je me tais. Une voisine a affirmé l’avoir déjà vu traîner dans l’immeuble. J’espère que l’homme n’a pas été victime de sa mauvaise éducation et d’un problème de réseau. J’espère qu’il est vraiment un voleur, parce que s’il est innocent il en a bavé pour rien.

Le concierge, que certains avaient accusé d’être à l’origine ou complice des vols, n’y est pas allé de main morte. « Moi je suis couché dans ma chambre, j’ai des problèmes, j’ai faim, je n’ai même pas l’argent pour manger, toi tu viens voler ».

Et un coup de bâton pour évacuer les frustrations d’une vie difficile. Finalement le présumé coupable a été conduit au commissariat où il ne passera que deux jours maximum. Selon la dame rencontrée par le concierge à la police, il n’y a pas eu flagrant délit. S’il avait été surpris entrain de forcer une porte ou bien déjà à l’intérieur d’une maison, cela aurait été différent.

J’espère qu’il ne reviendra pas se venger.

 

categories Chroniques

A propos de l'auteur

Je suis Yehni Djidji, écrivain, scénariste, chroniqueuse, entrepreneur web et ce n'est que la partie visible de l'iceberg. Je crois qu'avec la foi on peut tout accomplir, même s'accomplir !

2 thoughts on “Main mise sur un présumé voleur

  1. Ah ca deh ! Faut vous cotiser pour offrir une saison de la série « Les experts » ou « New york police judiciaire »à votre gardien, histoire de pouvoir désormais arreter les brigants sur le fait accompli.

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