Ne pas confondre activisme et incivisme


31 Juil. 2015

anonymousLorsqu’on évoque l »activisme, on parle entre autre de militantisme, d’action concrète, d’efficacité. Même si la politique a donné au terme une connotation négative, on peut être activiste dans d’autres domaines comme la littérature et le web par exemple. Dans nos multiples initiatives pour transformer des situations que nous jugeons injustes ou anormales il nous arrive malheureusement de commettre de graves impairs qui peuvent nous coûter chers.

Invitée hier à participer à un atelier organisé par Audace Institut Afrique à l’Université Félix Houphouet Boigny de Cocody sur le thème : » L’écriture : outil majeur de l’activiste », les échanges ont permis de mettre en exergue des élements que bien souvent nous oublions. Assis derrière nos ordinateurs nous avons un sentiment de liberté inégalé.  Celui qui ne prendrait jamais part à une marche pour  exiger une réduction du prix des denrées alimentaires par exemple, n’aura aucun scrupule à apostropher le Ministre du Commerce, celui de l’Agriculture et celui de l’Economie sur les réseaux sociaux.

J’aimerais ici nous rappeler que nous ne devons pas écrire (dire également) des choses que nous sommes incapables d’assumer. C’est une règle de base et chaque choix a et aura ses conséquences.

Je souhaite partager avec vous certains propos du Dr Josué Guébo répondant à une personne dans le public. Elle voulait savoir comment se protéger des représailles si ses écrits trop engagés n’étaient pas appréciés par le gouvernement ou toute autre sphère d’influence.

Il faut savoir faire la différence entre la critique, l’opinion et l’invective. L’activisme ne nous dispense pas des règles les plus élémentaires de courtoisie et de valeurs morales. Insulter quelqu’un qui a l’âge d’être notre père ou notre grand-père ne fait pas de nous le héros d’une cause mais plutôt le héraut de la mauvaise éducation que nous avons reçue. Nous étalons juste nos lacunes comportementales sur un support ayant, en plus, une portée mondiale. Activisme n’est pas obligé de rimer avec incivisme ou de se conjuguer avec incivilités.

Trop d’activistes, surtout ceux évoluant dans le domaine politique, se sentent obligé d’humilier des gens qui sont bien plus âgés qu’eux et, il faut le dire, bien plus forts qu’eux. On se demande finalement s’ils sont portés par des vélléités de vérité ou l’envie de salir.

Certaines causes méritent qu’on leur fasse le sacrifice d’une vie, d’autres non. Pour militer, il faut avant tout être vivant. Quand on a des revendications à faire et qu’on est en position de faiblesse, l’idéal est d’utiliser des tournures nuancées pour véhiculer le message. Il faut savoir prendre des précautions oratoires pour dire sans médire ni trahir. Avec les élections qui approchent nous devons plus que jamais redoubler d’efforts dans le choix de nos propos quand nous dénonçons ce qui ne va pas afin de ne pas travestir notre cause tout en favorisant un climat apaisé.

Un proverbe ivoirien dit « personne ne connaît la tombe du lâche ». Et pour cause, il ne se met jamais en position délicate. Certes il ne s’agit pas ici d’être lâche mais de savoir se positionner sur la durée. Le slogan de Audace Institut Afrique traduit ainsi assez bien ma pensée « une liberté responsable pour une prospérité partagée » et j’ai envie d’ajouter « pérenne ».

categories DébatInspirés

A propos de l'auteur

Je suis Yehni Djidji, écrivain, scénariste, chroniqueuse, entrepreneur web et ce n’est que la partie visible de l’iceberg. Je crois qu’avec la foi on peut tout accomplir, même s’accomplir !


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.