NOUVELLE: UN PARFUM DE JASMIN…DE SHANNEN RIMPHREY


22 Juil. 2011

Chaque personne a une manière spéciale d’évacuer son stress, d’exprimer son mal être. Si certains se perdent dans le travail acharné, la nourriture ou parfois même les dépenses intempestives, d’autres  s’adonnent à l’alcool, la drogue…le sexe.
Merci à Shannen Rimphrey pour sa contribution. Dans Un parfum de Jasmin, elle nous conte le parcours initiatique de la jeune Samira .
Enfin chez elle. Après quatre années d’études en Tunisie, Samira rentrais enfin. Plus confiante surement et tellement si fiers d’elle. Rien n’avait été facile pour elle. Au contraire, tout avait été pour qu’elle sache l’importance et la valeur de son diplôme. Elle avait commencé cette aventure avec des objectifs précis. Montrer à son père qu’elle pouvait réussir dans un domaine. Domaine qu’elle avait elle-même choisi et non lui.
La première année, tout s’était passé comme un charme. Normal, son père était à ses côtés. En se comportant en gentille fifille à son papa, elle ne ressentait pas le poids de cet exile. Elle était logée, nourrie et blanchie. Son père subvenait à tous ses besoins, réels ou fictifs. Il pouvait se le permettre, il travaillait et donc en avait les moyens.La fin de la deuxième année, avait été plus difficile. N’ayant jamais vécu chez des personnes autre que ses parents, elle avait dû s’accommoder aux exigences de ses tuteurs. De plus, elle avait dû faire face à l’incapacité de pouvoir satisfaire ses besoins financiers. Autrement dit, la « galère ». C’est alors que Samira s’était perdue dans une dépendance accablante pour une jeune fille de son âge et de son rang. Le sexe était devenu pour elle une distraction, mais aussi un remède. Ses rêves de prince charmant commençait peu à peu à s’effriter.Quand elle était triste, c’était sexe. Quand elle était heureuse, sexe. Quand elle avait une envie de s’amuser, sexe. Quand elle avait besoins d’argent, sexe.Le sexe représentait pour Samira une drogue. Elle se fichait pas mal de savoir si elle blessait des personnes. Les hommes, elle les collectionnait les uns à la suite des autres. A la fin de la troisième année, elle avait développé une telle libido, que son attirance pour le sexe opposé commença à se développer. Elle avait atteint un summum de nymphomanie. Cet été la, de retour dans son pays, une nouvelle lui fit l’effet d’une bombe. Sa sœurette allait convoler. Samira en resta pantoise. Pourquoi sa petite sœur et non elle ? Qu’avait Fatim de plus qu’elle ? Samira était bien la plus jolie des deux sœurs. De son mètre soixante, elle bénéficiait d’une poitrine assez bien rondelette et d’une croupe rebondie. Son teint café crème cirée était rehaussé par des yeux en amande d’une couleur marron clair inhabituelle pour une africaine. Elle savait y faire avec les hommes et était imbattable au lit.Samira se rendit compte que tout ce qu’elle avait fait ses trois dernières années était de compenser son sentiment de solitude et d’insécurité généré par l’absence de sa famille, par  une libido excessive. Elle prenait conscience qu’il lui fallait réagir et réparer tout cela. Samira voulait aussi se marier. Fonder une famille. Mais surtout chasser ses démons intérieurs. C’est pourquoi au début de la dernière année, lorsqu’après avoir mis de l’ordre dans sa vie et côtoyer un seul homme elle s’était dit qu’elle allait y arriver. Après seulement deux semaines, elle s’était vue fiancé. Elle ne s’en formalisa point. C’était l’homme que son père aimerait surement. Musulman pratiquant comme elle, bien éduqué et calme. A coup sur son père serait heureux pour elle.
Toute contente, mais un peu inquiète ou par esprit de rivalité fraternelle, elle avait d’abord appelé Fatim. Cette dernière avait émis quelques réserves. Elle estimait que s’était une décision trop rapide. «  Tu dois apprendre à mieux le connaitre Samira ! Sinon ça ne peut pas marcher ! » Lui avait elle dit. Samira voulait vraiment changer et se ranger. La proposition de mariage tombait donc à pic. Sans trop réfléchir et sans écouter ses amies, elle s’est lancé corps et âme dans cette relation. Samira voulait être une bonne femme et une épouse exemplaire. Elle croyait dur comme fer qu’il l’aimait et qu’ils vivraient un mariage heureux. Il l’utilisait comme femme à tout faire. C’est elle qui lavait ses habits, les repassait, lui faisait à manger, faisait ses devoirs de classe… elle l’aimait vraiment. Plus qu’elle ne l’aurait voulue. Cela ne lui posait pas de problème de faire plaisir à celui qu’elle considérait comme son mari. Elle lui donnait tout ce qu’il voulait, même un enfant ! Elle était fière de se savoir enceinte. Les conséquences, elle s’en fichait pas mal puisque son mari était à ses côtés. Quelle ne fut pas sa déconvenue quand elle constata qu’il avait d’autres copines. Il avait brusquement changé. Elle avait l’impression qu’elle le faisait vomir. Il était devenu méchant et grossier. Il ne venait chez elle que pour manger ou  pour laisser son linge. Ou encore pour le sexe. Elle devint malheureuse, pensive. Elle perdit son bébé. A ce stade de sa vie, Samira se remit à réfléchir. En moins de deux mois il lui avait tout donné. En moins d’un mois, il lui avait tout repris mais ce n’était pas sa seule déconvenue. Samira était perdue. Elle ne savait que faire. Elle avait essayé de recoller les lambeaux de leur relation, rien ! Elle s’interrogeait. Devrait-elle reprendre son ancienne vie et jeter au lieu d’être jeté ? Devrait-elle continuer à croire en l’existence, d’un amour vrai et durable ? Devrait-elle se tourner vers le sexe opposé avec qui elle savait pouvoir trouver du réconfort ? Ou tout simplement bannir le mot amour de son vocabulaire ? Comme toutes les femmes après une déception, elle choisi la dernière.
Samira passait ses journées à narguer les hommes. A les blesser dans leur amour propre  et leurs sentiments. Affichant son visage poupin et insouciant pour dire qu’elle n’en avait cure. Mais ses draps étaient inondés, inondés de larmes et de pourquoi. Inondés d’images de lui, d’images de sa chute. Elle avait mal.  Un malheur n’arrivant jamais seul, son père perdit son emploi. La situation critique dans laquelle elle se trouvait la fit passer par une période dépressive. Des envies d’addiction à l’alcool et la cigarette lui passaient par la tête, elle cherchait un moyen de tout oublier. Dans l’alcool ! Samira se renferma sur elle-même. Souhaitant une fin rapide de ce calvaire, ou la mort. Seul son confident et meilleur ami la soutenait. De par des paroles fortes en sagesse et en recours biblique Ange la rassurait. La calmait ou même pleurait avec elle quand il le fallait.
Il était là pour elle. A tout moment, à toute heure. Il veillait à ce qu’elle ne s’autodétruise pas. Il la soutenait financièrement certes, mais aussi moralement.
C’est tout naturellement qu’un mois après sa rupture, Samira s’était mise à flirter avec Ange. Pendant deux mois de relation, le fantôme de son échec les hantait. Elle avait peur de trop s’investir. Elle avait peur d’y laisser encore des plumes. Ce n’était plus raisonnable cette obsession de l’échec. Cette peur de ressentir cette peine insoutenable. Peu à peu néanmoins, il su la rassurer, la mettre en confiance. Au bout de deux mois, Samira repris pieds. Ange lui apportait continuellement son soutien, sur tous les plans. Il réussissait  à lui faire prendre conscience d’elle. Il la rassurait et la conseillait, lui faisant comprendre  que malgré  le chômage de son père, elle devrait rester forte. Samira était bien avec lui. Elle n’avait plus l’obsession de se marier a tout  pris. Elle n’avait plus de pulsion sexuelle. Samira se sentait bien avec ange. Et elle le lui rendait bien. Elle avait repris confiance en elle et put finir son mémoire de fin d’étude. Elle était bien dans peau, mais aussi bien dans sa tête. Elle avait changé. Sa déception, le chômage de son père, les difficultés pour terminer son mémoire et la difficulté de subsistance dans ce pays étranger l’avaient forgée. En plus de ces expériences et de sa maturité acquise, Samira avait trouvé l’amour. L’important dans la vie, ce n’était pas de ne jamais tomber, mais seulement de savoir se relever lorsqu’on tombait.
Elle ressortait de ces quatre années avec un délicieux parfum de jasmin qui embaumait sa vie. C’était à présent à elle de savoir se servir de ses frasques pour dessiner son avenir.
SHANNEN RIMPHREY
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A propos de l'auteur

Je suis Yehni Djidji, écrivain, scénariste, chroniqueuse, entrepreneur web et ce n’est que la partie visible de l’iceberg. Je crois qu’avec la foi on peut tout accomplir, même s’accomplir !


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