PARADOXE ELECTORAL


Article paru dans l’Intelligent d’Abidjan du 16 Avril 2013

Le Dimanche 21 Avril 2013 les ivoiriens devront choisir ceux qui seront à la tête de leur commune et de leur région. Que de paradoxe dans cette campagne électorale couplée. C’est à croire que certains candidats trouvent désormais trop fastidieux de jouer la comédie du serviteur parfait et dévoué, aux électeurs, jusqu’au jour du vote. Ils agissent aux antipodes de leurs paroles, en comptant peut-être sur la naïveté de l’électorat pour ne pas relever les nombreuses contradictions et les plébisciter. Sinon comment comprendre que sans scrupules, ils foulent au pied les promesses qu’ils ont marquées à grands frais sur leurs supports de campagne ?

Inscrire en caractère d’imprimerie les actions en faveur de la salubrité et laisser après son meeting sur un terrain, des tonnes de sachets et mouchoirs usagers. Clamer haut et fort que l’on mettra un point d’honneur à assurer la sécurité des habitants, et risquer la vie de ces mêmes personnes en roulant à tombeau ouvert  avec son cortège de campagne, sans respecter les feux tricolores. S’ériger en Messie venu ramener la quiétude des populations et chanter à tue-tête des slogans de campagne après 22heures. Ils diront peut-être pour se dédouaner qu’il s’agit là d’œuvres de supporters zélés. Mais comment espérer, de quelqu’un qui a des difficultés à faire pleinement adhérer ses partisans à sa vision, qu’il puisse appliquer son programme à toute une commune ?

Et puis, lorsqu’ils parlent de réconciliation, de paix, de pardon et s’insultent, se calomnient par paraboles interposées dans les journaux et pendant les meetings, ils ne peuvent plus brandir l’excuse des supporters. Leurs propos sont là, retransmis fidèlement par les journaux et la télévision.

Que dire également, de ces panneaux géants qui sont sortis de terre comme de la mauvaise herbe. Ces panneaux  faits de feuilles de contreplaqués où les prétendants au « trône » affichent de large sourire sont-ils seulement réglementaires ? Militer pour la fin de l’anarchie et poser ces obstacles dans la ville, obstruer la vue aux automobilistes, créer des accidents sans aucune gêne, en oubliant qu’un mort ne vote pas ! Il faut le faire !

Il y a quelques jours, assis à l’arrière d’un véhicule bardé d’affiches incitant à voter  « X », un jeune homme a eu la merveilleuse idée de jeter son mégot de cigarette par la fenêtre. Il s’en est fallu de peu pour qu’il brûle un passant. Et celui-ci de s’exclamer « tu n’es pas encore élu, tu jettes ton mégot sur les gens. Quand tu seras au pouvoir c’est le feu même tu vas verser sur nous ». Bien-sûr ce n’était pas le candidat X qui avait posé l’acte, mais dans l’esprit de ce jeune homme, c’était bonnet blanc et blanc bonnet.

Les exemples foisonnent et il faudra une réponse plus convaincante que « fais ce que je dis, ne fais pas ce que je fais » pour justifier ces incohérences criardes aux électeurs, qui observent et tirent rapidement des conclusions.

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A propos de l'auteur

Je suis Yehni Djidji, écrivain, scénariste, chroniqueuse, entrepreneur web et ce n'est que la partie visible de l'iceberg. Je crois qu'avec la foi on peut tout accomplir, même s'accomplir !

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