Pro Patria Pro Lege, Pro Pub


15 Mai. 2014

10313055_668813653167343_538806631237077796_n

Pro Patria Pro Lege (pour la patrie et pour la loi), telle est la devise que l’on peut lire sur la façade de l’école de Gendarmerie. Si elle présente un aspect souriant, avec un parterre de fleurs colorées régulièrement taillées, ce n’est pas toujours le cas de sa consœur de la police. A quelques mètres à peine l’une de l’autre, la différence est criarde. Envahie par une broussaille tenace, les pourtours de l’autre école ont souvent un air de savane herbeuse, de plantation en jachère, attendant la machette habile qui lui redonnera un peu de dignité. Il y eut une époque où il n’était pas rare de voir, perchés sur la clôture, de jeunes recrues colmatant de multiples brèches à longueur de journée. A telle enseigne que je me demandais s’il s’agissait là d’un genre de bizutage où les plus vieux perçaient le mur nuitamment afin que les nouveaux puissent démontrer leurs aptitudes en appliquant littéralement l’adage  » c’est au pied du mur qu’on voit le vrai maçon. »

Ce mur de l’école de police donc, si souvent blessé et pansé-cela se ressent encore malgré les couches de peinture-est aujourd’hui devenu un espace d’affichage publicitaire. Une maison de téléphonie a placardé ses offres tout le long. Est-ce normal quand on se rappelle la vive campagne du Ministère de la Communication contre l’affichage anarchique qui agresse les conducteurs et enlaidit la ville? On a envie de répondre « oui », en partant du postulat selon lequel les personnes devant faire respecter la loi ne sauraient la transgresser. Malheureusement cela ne coule pas de source. La question reste donc posée et on se demande qui blâmer si effectivement, cet affichage est anarchique. La maison de communication qui a osé proposer cette transaction ou l’autorité qui a donné son accord?

Il est clair que la police a des besoins financiers. Ce n’est pas la pugnacité du racket policier qui dira le contraire. Encore moins les réclamations pour loyers impayés des propriétaires de maisons baillées aux policiers. Mais faut-il tout accepter au nom du besoin? Est-ce que ce mur est devenu la chasse gardée de la maison de téléphonie ou bien est-il disponible pour tous? Pour les prochaines présidentielles par exemple, on pourrait donc voir des affiches de candidats sur ces murs là, les murs de la police nationale?

A mon avis s’il faut afficher une publicité sur les murs de l’école de police, cela devrait être un gros « NON AU RACKET »  pour commencer.

crédit photo: Fatims Coulibaly

categories 225news

A propos de l'auteur

Je suis Yehni Djidji, écrivain, scénariste, chroniqueuse, entrepreneur web et ce n’est que la partie visible de l’iceberg. Je crois qu’avec la foi on peut tout accomplir, même s’accomplir !


6 thoughts on “Pro Patria Pro Lege, Pro Pub

    1. Je crois que vous n’avez pas bien lu l’article. Je l’ai bien notifié et ce dès la première ligne » Pro Patria Pro Lege (pour la patrie et pour la loi), telle est la devise que l’on peut lire sur la façade de l’école de Gendarmerie »

  1. Je suis toujours choquée devant cette image. Qu’elle est la leçon à retenir de ça. « Pour de l’argent, vous pouvez céder » ?
    Que les responsables de cette grossière erreur se rattrapent très vite. Si c’est encore possible.
    Précisons que l’entreprise en question n’appartient pas à l’Etat ivoirien…. Pire encore !!!

  2. PRO PUB WALAI
    Pour être agressive, cette pub l’est.
    maintenant quand à savoir si l’école de police à céder au marcher pour avoir une meilleur façade ou pour les frais de location de l’espace, on aura pas de si tôt une réponse vrai.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.