QUAND UN PAYS NE RESPECTE PAS SA DEVISE……


21 Déc. 2010

QU’EST-CE QU’UNE DEVISE ?
Selon Wikipédia, une devise est une phrase courte ou une expression symbolique décrivant les motivations ou les intentions d’un individu, d’un groupe social, d’une organisation ou d’une institution, qu’il a choisi pour suggérer un idéal, comme règle de conduite ou pour rappeler un passé glorieux.
QUELLE EST LA DEVISE IVOIRIENNE ?
Effet de mode, impératif ou nécessité, chaque pays à sa constitution se dote d’une devise. C’est sûrement sans trop savoir la raison, que la Côte d’Ivoire s’est aussi, en son temps, lancée sur la voie de ses prédécesseurs, dans cet exercice. J’imagine les cogitations, les séances de trituration de méninges qui ont aboutit à UNION -DISCIPLINE -TRAVAIL.
La devise ivoirienne suggérait-elle un idéal ou un passé glorieux? L’ivoirien de l’époque la respectait-il ou alors, a-t-elle toujours été un vœux pieux? Une chose est sûre la Côte d’ivoire d’aujourd’hui telle que nous la vivons au quotidien, cette patrie qui nous est chère ne rentre pas dans le canevas pourtant clairement énoncé par ces trois mots d’une simplicité déconcertante.
UNION…..
Parlons en de l’Union, quand les Nordistes se sentent plus isolés que jamais et que les Sudistes se méfient des ressortissants de cette zone du pays ne sachant plus qui est réellement issu du Nord, ou d’un pays plus au Nord, que le Nord.
Les Nordistes se trouvent exclus après l’acte de YAO N’Dré, déjà offusqués qu’ils étaient par les propos du président qui parlait de Côte d’Ivoire utile en faisant référence au Sud.
Les Sudistes eux, ne comprennent pas les préoccupations des Nordistes, et jugent qu’ils créent eux mêmes les conditions de leur rejet là où il n’y a absolument pas de problèmes.
Les ressortissants du centre, sont carrément hors sujet et se demandent bien s’ils sont du Nord ou du Sud.
Les débats politiques passionnés entre supporters de ADO et défenseurs de GBAGBO sont entrain d’inhiber les consciences mais pis, de détruire toutes les notions de fraternité et d’unité qui liaient les ivoiriens entre eux. Cette diversité culturelle dont nous étions si fiers et qui était matière à plaisanter,est aujourd’hui entrain de nous précipiter dans le gouffre. Car si l’union fait la force, nul besoin d’être un génie pour savoir que la désunion crée la faiblesse.
DISCIPLINE……
Laissez-moi rire, avant de commencer à développer cette partie. Discipline. Les ivoiriens ont-ils seulement ce mot dans leur dictionnaire ou leur vocabulaire? ‘On pisse sur les murs et puis ça ne va pas quelque part!’ comme disaient Garba 50.
On transforme des routes de deux voies en quatre voies et on roule même sur le trottoir. 
On n’est pas capable de faire la queue quand on voit un rang. On doit toujours tirer notre cou pour voir si on ne connaît pas quelqu’un devant qui peut nous faire gagner quelques places.  Ou alors on soudoie un gardien, ou un caissier quand il s’agit de payer une facture. Si c’est pour prendre les transports en commun, on préfère jouer des coudes et rouler des muscles, plutôt que s’installer dans les véhicules calmement par ordre d’arrivée.
On modifie nos maisons, jusqu’à placer notre clôture au milieu de la chaussée, les lampadaires deviennent nos lampes de chevets. On élève nos villas, en duplex, triplex, x-plex, comme de vulgaires tours de babel au risque d’avoir une vue directe sur l’intimité du voisin.  C’est certainement le but recherché: du voyeurisme déguisé. Tout cela se fait en toute impunité.  Les immeubles ‘à détruire’ sont plutôt repeints par les propriétaires.
Discipline. On est même pas capable d’arriver à l’heure au travail et à nos rendez-vous. On a alors créé ‘l’heure africaine’ qui tue l’Afrique et nous tuera aussi certainement.
On jette les saletés dans la rue, comme si la rue était une grande poubelle publique.
Porter un uniforme correctement est un des douze travaux d’hercules pour nous. Il faut faire des fantaisies souvent ridicules, des dérivés, des  Ln, qui ne font que démontrer notre  indiscipline.
On écrit des lois auxquelles ont est même pas fichu de se conformer….mais cela c’est un autre débat.
TRAVAIL….
Laissez-moi ricaner cette fois. La corruption a tué le travail en Côte d’Ivoire.  Dessous de table, pot de vin, droit de cuissage: c’est le culte de la facilité, de l’enrichissement illicite. L’administration est d’une lenteur d’escargot et la paresse y a élu domicile. La fonction publique est devenue  l’oasis des flemmards, une retraite mal méritée, avant la retraite.
On cherche toujours la voie la plus rapide et la plus courte pour avoir de l’argent, qu’elle soit illicite ou non. 
On se retrouve avec des travaux non faits,  à moitié faits, terminés mais bâclés. Exemple: nos larges pistes villageoises qu’on appelle routes à qui le moindre crachin enlève leur goudron superficiel.
Le taux de la criminalité a augmenté, exacerbé par le fait que nos policiers soient devenus des coupeurs de routes qui nous dépouillent de manière éhontée de nos jetons.
Même les élèves sont devenus des abonnés de la tricherie soutenus par leurs parents qui achètent les diplômes comme de la tomate au marché. C’est dans les maquis et les boîtes de nuit qu’ils passent tout leur temps .
Le constat est clair la Côte d’ivoire ne respecte pas sa devise, cette devise qui pourtant jetait en elle-même les bases d’un pays fort, si elle était respectée et appliquée. 

QUE DEVIENT UN PAYS QUI NE RESPECTE PAS SA DEVISE ?
Un pays qui ne respecte pas sa devise n’a plus d’âme. C’est la porte ouverte aux querelles intestines, à la division, à la régression économique, à la zizanie. C’est un état sauvage, un état voyou comme on se plait à taxer tout ceux qui ne partagent pas notre point de vue.
Un homme qui enfreint ses propres règles, qui revient sur sa parole donnée, tel est l’état qui n’obéit pas à sa devise. C’est un état dangereux qui risquent de contaminer les autres. C’est vrai, puisque nous déportons notre comportement dans nos pays d’accueil.  Affrontement entre pro-Gbagbo et pro-Ado à Paris: deux blessés!  HONTE AUX IVOIRIENS!

QUE FAIRE?

On peut changer de devise, quoique cela soit à peu près aussi utile que le transfert de la capitale en pleine crise, ou on peut la conserver. Personnellement j’opte pour la seconde option.
Quand on compare notre devise à celle d’autres pays ( « plutôt la mort que la souillure » pour la Bretagne, « nous sommes la forteresse » pour le Swaziland, « par la raison ou par la force » pour le Chili,  » Jean est son nom » pour le Porto Rico, on peut dire que celui qui a trouvé la devise ivoirienne a été bien inspiré. En effet, elle contient les ingrédients secrets de la croissance et du développement . Mais encore faut-il qu’elle soit respectée. Regardons autour de nous et prenons conscience du retard que notre propre comportement nous a fait accuser. Le Ghana que je ne cesse de donner en exemple est entrain de donner une leçon aux ivoiriens. 

Tu es tombé comme Ghana!, cette phrase qu’on se plaisait à dire n’a plus de sens. ‘Tu es tombé comme Côte d’ivoire‘, serait plus juste. Alors que les ghanéens ont eu des élections transparents, qu’ils sont devenus deuxième producteur mondial de cacao, qu’ils viennent de découvrir un vaste gisement de pétrole, qu’ils seront bientôt déclarés Nouveau Pays Émergent, où sommes nous?
Nous en sommes à nous ‘chamailler pour un siège’, à lutter pour devenir Pays Pauvres Très Endettés. Et nous n’avons pas honte de venir dire à la télévision que malgré la crise nous sommes la locomotive de l’Afrique de l’Ouest. Nous sommes la locomotive de qui? Si tel est le cas, alors l’Afrique de l’Ouest est complètement fichue.
Ouvrons les yeux! Nous avons perdu notre place dans le concert  ‘live » des nations depuis longtemps, mais nous sommes aussi entrain de la perdre dans le « playback »des africains. Ressaisissons nous! Il n’est pas trop tôt pour changer. Si Jerry Rawlings n’avait pas inculqué la discipline aux Ghanéens, nous n’en serions pas à envier la propreté de leur rue et leur ardeur à la tâche.
Au lieu de passer notre temps à nous battre pour X ou Y, des gens qui ont des fortunes colossales injustifiables, alors que nous luttons encore pour assurer les trois repas du jour, recueillons nous au chevet de notre devise mourante. Accordons lui les soins nécessaires. Un rétablissement est possible si chacun prend l’engagement de changer. N’attendons pas qu’on nous fasse la police ou qu’un dictateur viennent nous obliger à le faire. Est-ce si difficile de jeter ses ordures dans une poubelle? De faire un rang? De respecter les règles? De faire le travail pour lequel on nous paye? De vivre selon ses moyens?
Non, je ne crois pas.
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A propos de l'auteur

Je suis Yehni Djidji, écrivain, scénariste, chroniqueuse, entrepreneur web et ce n'est que la partie visible de l'iceberg. Je crois qu'avec la foi on peut tout accomplir, même s'accomplir !

6 thoughts on “QUAND UN PAYS NE RESPECTE PAS SA DEVISE……

  1. A mon avis il y a 2problemes majeurs qu’il faut adresser en CI: l’identite et l’identification nationales. Il faut qu’on puisse ce que c’est que d’etre ivoirien et ce que doit etre la CI. On dit les nordistes viennent du nord du nord. Mais les Krous viennent aussi du Liberia, quand les Akans viennent du Ghana (a moins que ce ne soit les Akans du Ghana qui viennent de la CI et a ce moment il faudrait qu’ils reviennent donc ds leur pays d’origine pour qu’on fasse la reunification)! Donc qui vient de CI alors? Qui est plus ivoirien que qui? On dit le Sud produit plus que le Nord, mais qui sont les manoeuvres ds les plantations du Sud? Ne sont ils pas ceux du Nord? Qui sont ceux qui font le commerce et tiennent les transport en communs, ceux qui ont la liquidite (dument acquise) en CI? Ne st ils pas ceux la encore? D’ailleurs les entreprises libanaises font 30% du PIB, les francaises font 25%, que font-ils alors ces ivoiriens qui savent a l’oeil nu dire qui est vrai ivoirien? On perd notre tps dans les distinctions entre ivoiriens « et » cad de pere et de mere ivoiriens, et les ivoiriens « ou ». Le vecteur commun n’est il pas « ivoirien »? Qd on ne sait pas ce que c’est que d’etre ivoirien, comment peut on dire ce qu’est la CI? Des gens qui n’ont pas d’identite personnelle ne peuvent pas avoir une identite collective forte. Il faut se connaitre soi meme pour savoir comment participer au developpement de notre nation. Il faut se connaitre soi meme pour identifier clairement ce qu’on que notre nation soit au plan sous-regional, regional, continental et international. Tant que les ivoiriens(???) n’ont pas un esprit mature, il n’y aura pas de nation forte et distincte par la vision qu’on saura lui donner. Tant que la nation ne devient le fruit d’une vision commune, on n’arrivera pas a consolider une union vraie dans laquelle nous travaillerons avec discipline. Mais nous c’est qui? C’est toi, c’est moi, c’est lui, c’est elle. Si il ou elle ne prend pas conscience qu’il faut travailler d’abord pour la nation pour qu’ensuite chacun jouisse des fruits, on ne peut pas etre uni parcequ’on a pas de but commun. Ce qu’on oublie souvent de notre devise, c;est que les 3 mots sont interdependents et ordonnes. L’union precede toute chose. Pas d’union, pas de discipline et pas de travail. C’est dans l’union des consciences pour un but precis que la discipline survient et qu’ainsi on peut travailler. Si tu es ds un bureau et qu’un de tes superieurs te dit de faire X en 1hr, et qu’un autre vient te dire de faire -X dans la mm heure, a la fin tu auras fait quoi si ce n’est 0? Si par contre 1 seul te dit fais X en 1hr, mais que toi tu prends un break chaque 5 min pour appeller tes copains gratos sur le telephone du bureau (en bon ivoirien), a la fin de l’heure tu n’auras surement pas fini X. On reprend le meme scenario de X en 1hr et cette fois ci tu decides dans ton coeur d’etre discipline, mais si cette discipline se limite a ton coeur et ne s’etend pas a tes actes (cad tu croises les bras en tte discipline pdt une 1hr) tu n’accompliras pas ta tache. Meme si tu as un bon coeur, tant que tu ne semes pas, tu ne recoltes pas!
    Dans la vie, on ne devient pas par hasard. On decide de devenir. Ceux qui se complaisent ds la mediocrite ou s’apitoyent sur leur sort, decident de rester ainsi tant qu’ils ne decident pas d’etre autre chose!

  2. Ton analyse est émotionnelle. Personnellement je suis du centre et je me pose pas la question d’être du sud ou du nord.On en a rien a cirer puisque je vis a Abidjan et que a vrai dire la propagande d’ou qu’elle vienne me laisse indiffèrent. Je n’ai pas honte de mes origines.
    On ne parle pas d’union, de travail et d e discipline en temps de guerre ou d’instabilité.
    Merci a Houphouet d’avoir fait de nous des gens simples sans maturité et d’avoir préparé une succession catastrophique.
    Il faut voir le vrai problème. L’idéal ivoirien n’a jamais existé. Le miracle a été un mirage.
    Rawlings a du faire fusiller 8 généraux Ghanéens, éliminer des centaines de personnes et exploser les maisons des mamas BENZ…
    Il faut lire et comprendre l’histoire du monde. Les peuples ne naissent pas démocrates ou travailleurs…Il faut avant tout un préalable. la paix.

    Ce qui précède est a mon avis (pas du tout humble) un bon début de réflexion.

    Dans les années 30, personne n’avait envie de revivre les drames de la guerre 14-18. Je comprends que les nations européennes aient tenté d’éviter la guerre à tout prix mais au vu du résultat, elles auraient dû réagir autrement. Churchill avait dit à Chamberlain quand il est allé voir Hitller : « Vous avez dû choisir entre le déshonneur et la guerre. Vous avez choisi le déshonneur et vous aurez la guerre ! » Je crois qu’il avait raison.

    Les hommes préhistoriques ont lutté pour préserver leur famille, leurs enfants, leur nourriture, leurs biens, leurs ressources vitales, leur culture, leur langue, tout cela pour des raisons que nous comprenons très bien. Parce qu’il est dépourvu de tout moyen de protection efficace, l’homme – qui n’est jamais qu’un animal – a au cours de l’évolution utilisé de plus en plus son cerveau pour élaborer des méthodes de survie efficaces…

    Notre espèce ne peut survivre qu’en tissant des liens sociaux qui nous donnent une force que nous n’aurions pas si nous étions isolés. Nous sommes obligés de vivre ensemble pour survivre, donc de mettre en place des systèmes très compliqués basés sur nos liens sociaux. La politique parlementaire est le summum de ce que nous pouvons élaborer de mieux pour éviter de nous faire la guerre entre nous. Discuter dans une enceinte de problèmes graves, surtout avec des gens avec qui vous n’êtes pas d’accord, c’est quand même le meilleur moyen d’éviter les guerres. Bon, je vous l’accorde, nos mandataires sont parfois des cons mais ce n’est pas une raison pour jeter le bébé avec l’eau du bain. Notre système poiltique est basé sur des valeurs communes pyramidales…

  3. @ Tanya: tu as touché deux points essentiels:
    -« Des gens qui n’ont pas d’identite personnelle ne peuvent pas avoir une identite collective forte. « 
    – « Ce qu’on oublie souvent de notre devise, c;est que les 3 mots sont interdépendants et ordonnes. »

    @Anonyme: J’avoue en toute humilité ne pas avoir bien compris ton intervention. Mais merci quand même d’être passé. Pour ce qui est de Rawlings malgré toutes ces exactions, quand il a quitté le pouvoir et qu’un nouveau président a été démocratiquement élu, c’est lui que la population a rappelé devant les déviations du pouvoir en place. Vas-y comprendre quelque chose. A sa deuxième prise de pouvoir il n’a plus tué personnes. Mais il a quand même su donner de la rigueur aux ghanéens.

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