RICHES A TOUT PRIX


En Côte d’Ivoire, il n’y a pas que les herbivores qui broutent. Les hommes aussi se jettent dans la mêlée en « broutant » et « ruminant »…l’argent des autres. L’escroquerie par le biais d’arnaques mises en œuvres sur internet désignée par ces termes n’est pas l’apanage des ivoiriens. Ils font tellement d’efforts pour surpasser leurs prédécesseurs qu’on ne peut que remarquer cette percée fulgurante dans le mal.

Aujourd’hui plusieurs sites internet ne donnent même pas la possibilité de choisir l’option « Côte d’Ivoire » dans le menu déroulant de leurs formulaires. Ivoirien rime avec méfiance, danger, escroquerie…Nous sommes sur leur liste noire et cela ne décourage pas ceux qui sont à la base de cette exclusion. Ils ne voient pas plus loin que le bout de leur nez. Ils pensent à l’argent qu’ils empochent et non au préjudice qu’ils causent à toute une nation. Certains osent même dire qu’en agissant ainsi, ils vengent leurs ancêtres victimes de la traite négrière, exploités par les blancs…

A Brest, Gauthier un jeune homme de 18 ans s’est donné la mort en Octobre 2012. Il était victime d’un maître-chanteur qui menaçait de diffuser une vidéo pornographique de lui s’il ne lui donnait pas la somme de 200 euros. Se croyant à l’abri derrière son ordinateur, Gauthier s’était livré à des jeux déplacés avec une jeune fille rencontrée sur un site internet. Les deux ados se sont déshabillés pour s’amuser un peu. Le jeu a viré au cauchemar. Préférant la mort à la honte et à l’humiliation, Gauthier s’est pendu dans le jardin familial. Il avait auparavant adressé un SMS d’adieu dans lequel il disait à ses parents: «tout est de ma faute». Peut-être que c’est vraiment de la faute de Gauthier qui s’est montré imprudent dans l’usage de l’outil à double tranchant qu’est internet. En effet, quelle idée de se déshabiller devant une inconnue par webcam interposée ? Cependant c’est aussi la faute du maître-chanteur qui, selon les premières enquêtes, opérait depuis un cybercafé à Abidjan, en Côte d’Ivoire.

Alors que des découvertes majeures sont faites par des étrangers en matière d’avancée technologique, nos frères consacrent leurs efforts et leurs connaissances au vol. Comment soutirer de l’argent aux gens ? Comment les dépouiller de leurs biens ? Telles sont les préoccupations de ces jeunes qui ont fait de la naïveté des uns et de l’imprudence des autres, leur fond de commerce. Et pour pouvoir attirer la clientèle, la convaincre facilement en vue d’augmenter leur chiffre d’affaire, ils n’hésitent pas à recourir au mysticisme. On se souvient encore de ce « brouteur » d’une quinzaine d’années qui, sur instruction d’un marabout, a assassiné un petit garçon à Bonoua. Au lieu de la gloire promise, des millions qu’on lui a fait miroiter, il se retrouve en prison pour meurtre. Le jeu en valait-il vraiment la chandelle ? Être riche, d’accord mais à quel prix ?

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A propos de l'auteur

Je suis Yehni Djidji, écrivain, scénariste, chroniqueuse, entrepreneur web et ce n'est que la partie visible de l'iceberg. Je crois qu'avec la foi on peut tout accomplir, même s'accomplir !

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