Rire de tout mais plus de l’Ebola !


05 Août. 2014

ebola

C’est une qualité que l’on concède volontiers aux ivoiriens et peut-être même aux africains : cette capacité à rire de tout, à trouver la pointe humoristique dans la situation la plus sombre. Vache folle, grippe aviaire, même les déchets toxiques ont alimenté de franches rigolades, servis de socle à la confection de blagues bien assaisonnées. Là, des artistes ont puisé l’inspiration pour des chansons au succès que j’ai encore du mal à comprendre et pour des danses tout aussi improbables. Et voilà que l’Ebola arrive et que la qualité d’autrefois devient défaut. On a pris la menace à la légère et elle a progressé. Petit à petit, elle a gagné du terrain. Aujourd’hui l’OMS avoue son impuissance. Pendant ce temps, les Etats frappés ont déclenché l’alerte maximale. La Côte d’Ivoire aussi déploie l’attirail lourd. Campagne tous amizuts. Télévision, Radio, journaux, internet, bientôt téléphone mobile et caravane de proximité. Tout pour faire prendre conscience à la population que cette fois, il n’y a pas matière à rire : c’est une affaire sérieuse, je dirais même plus, sérieusement mortelle.

Mais je me souviens encore de cet ami qui de retour de Guinée parlait sur sa page facebook de la contradiction entre les mesures préventives énumérées dans les médias et le laxisme des autorités aéroportuaires qui ne lui avaient fait passer aucun test particulier à son arrivée d’une destination que tout le monde savait potentiellement dangereuse. C’était dans les débuts de la crise. C’était encore une menace lointaine quelque part en Guinée, pourtant un pays limitrophe.

Je me souviens encore de ma sœur qui s’étant rendue dans une clinique s’est vue demandée si elle voulait acheter un thermomètre sur place puisqu’elle n’en avait pas. « Un grand hôpital comme le vôtre n’a pas de thermomètre ? » Réponse « Si, mais c’est pour votre propre sécurité. A cause de l’Ebola on demande à chacun de venir avec son thermomètre pour éviter les échanges de fluides corporels. Sinon, si vous avez confiance, on peut désinfecter notre thermomètre et l’utiliser. » Elle n’a pas insisté et a donné l’argent nécessaire sans comprendre pourquoi l’infirmière en sachant bien la potentielle contamination par fluides interposés ne portaient ni gants, ni bavette, mais proposait un thermomètre « personnalisé », comme si sa sécurité à elle ne comptait pas.

Comme toujours on ne s’y prend pas tôt, et quand bien même on réagit vite, on le fait mal. Heureusement, il n’est pas encore trop tard pour nous. Il est vrai que les commerçantes de viande de brousse continuent leur commerce désormais pure contrebande, malgré la prohibition. Il est vrai que les chauves-souris, on en trouve encore survolant la Commune du Plateau avec le même entrain que la période « pré Ebola ». Cependant, on sent un réel réveil du gouvernement et un réél éveil des populations aussi. Depuis quelques jours, les visuels pour sensibiliser sur la maladie circulent sur internet, des numéros verts ont même été communiqués. Vous pouvez cliquer ICI pour avoir toutes les informations sur la maladie.

Espérons que l’épidémie ne vienne pas jusqu’à nous et que les pays déjà touchés puissent bénéficier des soins adéquats car il semble que des traitements expérimentaux existent si on en croit le rapatriement express des américains contaminés dans leur pays d’origine.

Stay blessed !

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A propos de l'auteur

Je suis Yehni Djidji, écrivain, scénariste, chroniqueuse, entrepreneur web et ce n’est que la partie visible de l’iceberg. Je crois qu’avec la foi on peut tout accomplir, même s’accomplir !


Un commentaire sur “Rire de tout mais plus de l’Ebola !

  1. Très effrayant cette maladie mais peut-être un tremplin aussi pour les ivoiriens pour vaincre la psychose grandissante même si ça parait atypique….

    Merci pour cette belle rédaction

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