RTI OU LMP TV?


RTI ou LMP TV? Pour beaucoup, la question n’est plus à poser tant la réponse est évidente. Oui, la RTI sert les intérêts du LMP. Pourtant cette dernière se targue de défendre uniquement la République. Il faut croire que depuis quelques temps LMP et République se confondent un peu.
Peu importe, moi je veux féliciter la sagacité des dirigeants de la RTI pour la célérité avec laquelle ils ont réformés les programmes de cette chaîne. Milles et une tribunes sont offertes pour communiquer autour de la crise ivoirienne et véhiculer les informations voulues « vraies »: « parlons-en », « paroles fortes », « ma part de vérité »…. et le tout puissant « raison d’Etat » qui est diffusé et rediffusé à souhait plus de trois fois par jours.
On ne sait pas qui a prescrit cette posologie, mais la pilule semble bien passer, puisque de plus en plus de personnes changent leur regard sur la crise ivoirienne.
On a même un JT en anglais, very good….La guerre de communication bat son plein.

« Du réchauffé, rien que du réchauffé », semble être la nouvelle devise de la « chaîne des grands évènements », devise qui porte d’ailleurs des fruits.
Les archivistes ont dû avoir du boulot ces derniers temps et de gros rhumes aussi. Dénicher les enregistrements de 1992 de Alassane Ouattara, des vieux films de Lumumba, de Thomas Sankara et autres, n’a sans doute pas été facile.
Cela fait des années que Lumumba et Thomas Sankara ont été lâchement assassinés. Nous ne les connaissions pas personnellement. Ils sont d’une autre époque, ou alors d’autres cieux. Mais regardez un peu la télévision ivoirienne et vous aurez l’impression que ce sont les plus proches parents des ivoiriens, injustement assassinés dernièrement et dont la disparition a affligé au plus haut point nos âmes.

Ce que je reproche surtout à la RTI, c’est de montrer des images d’archives, sans mentionner constamment qu’il s’agit d’archives, ce qui prête à confusion. Comme ces discours de l’HONORABLE Ben Soumahoro qui ont également été sortis des tiroirs. Ce monsieur grâce à qui j’ai connu l’expression  » deux tondus et trois pelés », ce monsieur au verbe acerbe et à la verve légendaire, adepte et disciple inconditionnel de la vérité, semble bien muet depuis le début de cette crise, au point qu’il ait fallu ressortir ces anciens discours vilipendant Ouattara.
Est-ce parce qu’il pense que la vérité n’est pas dite dans toute sa clarté? On le saura bien assez tôt.
En plus, certaines archives sont équivoques. Comme ce document de Février 1992 parlant de la marche organisée par le FPI et qui a été réprimée dans la violence parce que selon Alassane Ouattara, premier ministre de l’époque, les marcheurs avaient des gourdins et des couteaux.
Selon Laurent Gbagbo, c’était un coup monté. Des loubards avaient été payé par le gouvernement en place pour casser, piller et brûler.
Et en ce qui concerne les marches du RHDP, réprimées violemment également il y a quelques mois? Qu’est-ce qui prouve maintenant, après la diffusion de cette archive qu’il n’y a pas aussi eu, coup monté, de la part du gouvernement en place… Faites attention à ce genre d’éléments, qui peuvent être interprétés de plusieurs façons.
Il y a aussi le documentaire très instructif sur la vie de Laurent Gbagbo, diffusé le Dimanche 20 Février 2011. On voit comment les appuis de Laurent Gbagbo en France, ont aidé à assoir le FPI. Comment ils ont fait publier des journaux clandestins en France, qu’ils ont fait pénétrer en Côte d’Ivoire par le biais d’amis  résidents au Burkina Faso.

Les similitudes avec Alassane Ouattara, aidé par la France et le Burkina, avec sa télévision et sa radio pirates, taxés de « parallèle », par le Général Ministre Blé Goudé,  sont un peu fortes n’est-ce pas?
Soit dit en passant, la TCI de Alassane Ouattara peut très bien elle aussi porter le nom de RHDP TV. En plus, quand on voit les images, on entend rien, et quand on entend le son, on ne voit rien. Autant dire qu’on a qu’une seule chaîne

J’adulais le Président Gbagbo jusqu’à ce qu’il ne m’inspire plus que des questions.
Il a contribué à la démystification du poste présidentiel en Côte d’Ivoire et même en Afrique. Petites chemises pagnes, discours terre à terre avec une surdose de gestes, esquissant des pas de danses ça et là, icône vivante des dictons comme: »le travail paie », « au bout de l’effort, la récompense », courageux, brave, regagnant son pays au plus fort des crises, il était bien partit, lui le fils du sergent planteur, pour faire une conquête rapide de l’espace comme MOOV.
Et puis, on a plus rien compris! Incapable de prévoir, d’empêcher ou même de mâter, ou de nous sauver de la rébellion, faisant des concessions à doubles tranchants ,  de mauvaises appréciations de la réalité, acceptant l’inacceptable, s’entourant de charognards, voleurs, pillards….
Oh, je sais qu’il est facile de critiquer quand on est pas dans la situation. Il a peut être pris les bonnes décisions. A sa place j’aurais peut être eu une fortune personnelle de 16 000 milliards, vendue âme, père et mère….
Mais le fait est que je ne suis pas à sa place. Et le résultat est là et soulève des doutes justifiés. 10 ans pendant lesquelles la Côte d’Ivoire est allé à reculons, à contre sens.

 Gbagbo  nous a montré ses limites en tant que Président… mais Alassane qui n’est même pas encore dans le fauteuil  montre qu’il est pareil, sinon pire, en voulant par tous les moyens rejoindre le palais présidentiel. Il est prêt à s’acoquiner avec tout ceux qui pourront lui permettre d’accéder à ce rêve si longtemps chéri, et à payer le prix.

Les ivoiriens font pitié et je pense que c’est ce que la RTI doit véhiculer comme information. Nous faisons pitié parce que nous sommes pris entre deux feux. Mais nous faisons surtout pitié parce que nous n’avons pas voulu  mettre en pratique le conseil que Laurent Gbagbo nous a donné en 2000.« Que le peuple me retire sa confiance et que je subisse la rigueur des lois, si je trahis »…a-t-il dit lors de son investiture.
 Nous n’avons pas voulu plébisciter à la tête de l’Etat un nouveau visage ou saisir la main tendu du pauvre Francis Wodié, que nous avons même poussé à se retirer de la scène politique. Voilà où notre méchanceté nous mène. Un révérend Tagoua aurait dirigé la Côte d’ivoire avec l’inspiration divine, Adama Dahico nous aurait fait rire en disant: « Ah, ah ah ah, les caisses de l’État sont vides »…etc, etc.

Mais, non! Nous nous sommes mis dans la mains de ces deux-là et aujourd’hui l’histoire est devenue tellement « carabinée », que les conséquences sont prises pour les causes, que les causes, sont devenues des excuses…on ne comprends plus rien.

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A propos de l'auteur

Je suis Yehni Djidji, écrivain, scénariste, chroniqueuse, entrepreneur web et ce n'est que la partie visible de l'iceberg. Je crois qu'avec la foi on peut tout accomplir, même s'accomplir !