sambè sambè 2015


21 Juil. 2015

ramadan

Samedi ou vendredi, le doute planait sur le férié qui suivrait le ramadan 2015. Je me suis amusée à lancer la phrase « un férié samedi c’est comme… » et les compléments de réponse ont été assez étonnants.

Un férié qui tombe un Samedi c’est comme « une réduction sur un produit gratuit », « Drogba qui vient jouer au Séwé », « si tu donnes 2000f à Bill Gates », « un baoulé qui va au village sans pain », « émergence sans pont », « onuci qui surveille élection », « Citer Zadi gniribou l’oncle du port alors qu’il ne fait rien avec toi », « chanter une berceuse à quelqu »un qui dort déja« , « demander crédit à la Grèce« , « Andre Ayew qui jette son gbass sur terrain pour gagner la CAN 2015« …

Heureusement la fête est tombée un Vendredi. Si les supermarchés ont été pris d’assaut par ceux qui célébraient le Ramadan le vendredi dernier, c’était plutôt plat du côté de Cap Nord dans l’après-midi. A peine quelques jeunes gens en uniforme pagne, prenant des selfies devant le rayon des produits laitiers. Pourtant j’ai eu l’occasion d’avoir une belle expérience avec un enfant. Je lui donnerais 10 ans tout au plus. Le mini chariot qu’il poussait était plein de biscuits. A la caisse il était juste avant moi et tout seul.

La caissière: Combien tu as chéri?

J’ai apprécié le « chéri ». Dans d’autres grandes surfaces j’ai pu voir le jour de Ramadan un personnel qui manquait totalement de patience vis-à-vis des petits musulmans venant faire leurs courses. Les vigiles les rabrouaient vertement, leur en interdisant parfois l’accès. Les caissières les insultaient presque. Comme si l’argent de ces enfants n’était pas utilisable. Comme si ces enfants ne contribueraient pas aussi à leur chiffre d’affaires. Je ne parle même pas des autres clients qui se moquaient ouvertement.

Revenons donc à cet enfant en particulier. La caissière attendait que l’enfant réponde avant de passer les articles au scanner. Elle a peut-être déjà été victime de clients voyant plus gros que leur poche.

La caissière: donne moi ton argent je vais compter.

L’enfant a ouvert la main. Que des pièces. Il en avait juste assez pour prendre ses biscuits et avoir un reliquat de 100 F CFA. C’est là que tout s’est gâté. L’enfant espérait repartir avec plus que 100 F CFA. Qui sait? C’était peut-être son transport pour rentrer chez lui. Sa voix s’est brisée. Les larmes étaient proches. Il voulait abandonner certains articles.  Lesquels? Il ne pouvait se décider. Pour un enfant aussi grand, il s’exprimait difficilement. Pourquoi diantre l’a-t-on laissé seul dans le supermarché? Les bagagistes ont tenté également de lui tirer les vers du nez. En vain.

La caissière: Tu veux laisser quoi?

Silence.

La caissière: Bon tu veux combien comme monnaie?

J’ai alors proposé de payer une partie des courses de l’enfant. Soulagement pour tout le monde.

La caissière: La tantie va payer. Bon tu veux combien?

L’enfant: 300

Elle lui donne les trois cent francs CFA. Pendant qu’on calcule ma marchandise, j’aperçois un paquet de bonbons qui n’est pas à moi. J’interpelle la caissière. Le paquet de bonbons appartient à une fillette après moi. Elle aussi dans l’accoutrement typique de l’enfant célébrant la fête. J’espère qu’elle n’a pas fait exprès dans l’espoir que je règle également sa course. Procédure d’annulation enclenchée. J’avoue j’ai eu des regrets après. Ils ne devaient pas coûter bien chers ces bonbons.

 

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A propos de l'auteur

Je suis Yehni Djidji, écrivain, scénariste, chroniqueuse, entrepreneur web et ce n'est que la partie visible de l'iceberg. Je crois qu'avec la foi on peut tout accomplir, même s'accomplir !

2 thoughts on “sambè sambè 2015

  1. Mon petit témoignage de sambè-sambè
    Je n’écris pas aussi bien que Yehni donc sorry
    Le même jour je me promenait dans le quartier ou je travail, je me suis approcher d’un commerçant qui insiste toujours pour me vendre un de ses articles (je lui prend des boite de cirage, même quand mon stock est encore plein).
    quand je lui ai souhaité « sambè-sambè » il n’a pas hésité à vider toute sa poche pour me donner ses pièces [surement la monnaie de transport 350fr total]. Quelque temps après une petite causette des enfants nous ont accosté, apparemment, mon commerçants n’était plus près pour de la générosité. Je me suis donc chargé de restituer son don aux enfants. OUF

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