Qui sauvera la rue Ministre de la Riviéra Palmeraie ?


01 Nov. 2017

Est-ce encore une rue ? Je me le demande. Une large piste villageoise peut-être qui pourrait s’inscrire dans le parcours d’une course d’obstacles. Des obstacles il y en a foison sur cette voie qui autrefois portait le nom prestigieux de « Rue Ministre ». Les restes de goudron craquelés,  de béton, de sable, de tuyauterie, d’ordures. Plus aucune voiture ne peut l’arpenter de bout en bout aussi « tout terrain » soit-elle. Moi-même qui l’emprunte parfois pour mon sport matinal, j’ai bien du mal à ne pas trébucher.

Il y a longtemps que les efforts pour rendre son lustre d’antan à cette rue ont cessé. Personne ne tente même de faire semblant de trouver une solution globale. Quelques jeunes gens, à chaque fois qu’il y a un match de l’équipe nationale, se positionnent à des carrefours avec une pelle et du sable pour racketter les automobilistes. Ils font croire qu’ils colmatent les « nids d’éléphants ». De temps en temps des commerçants aménagent le tronçon qui mène à leur boutique, afin de faciliter l’accès à leurs clients et à leurs véhicules de livraison.  Une école essaie d’embellir la devanture de son établissement. Des actions isolées qui ne durent jamais longtemps.

En fait chacun tente de se barricader comme il peut devant le silence inquiétant de l’Etat. Les habitants érigent des portails anarchiques pour lutter contre la montée des eaux et de la criminalité. Ils bâtissent des murets devant leur villa afin d’empêcher l’eau de pénétrer leur domicile, s’obligeant à bien des contorsions pour pouvoir accéder à leur demeure. Mais il vaut mieux escalader des escaliers tous les jours, que de se lever un beau matin les pieds dans l’eau sale, certains documents importants trempés. Oui, je l’ai vécu à plusieurs reprises chez mes parents qui habitent malheureusement à deux pas de cette rue.

La maison de retraite, achetée après mille sacrifices, s’avère ne plus être un lieu de repos. A chaque coup de tonnerre, le cœur qui bat. A chaque orage, la crainte qui revient.  Quand vient la saison des pluies, alors que les gens dorment paisiblement il faut veiller. Il faut vérifier le niveau des eaux, préparer les serpillères, être prêt à éponger quand il faudra, à surélever les affaires importantes. Attendre, que le ciel soit clément, ou que les eaux montent. Le pire c’est qu’avec le réchauffement climatique, la pluie n’attend pas sa saison pour s’abattre, impitoyable.

Deux solutions donc: déménager, ou passer au muret. Or, à muret, muret et demi. Les tentatives solitaires pour essayer de fuir « le déluge » ne font que dévier l’eau chez le voisin le moins barricadé. La Riviéra Palmeraie est totalement défigurée. J’en parlais déjà dans l’intelligent d’Abidjan en 2012. Malheureusement, rien n’a changé depuis.

Faudra-t-il qu’un ministre y habite de nouveau pour qu’on essaie de sauver cette rue qui se dégrade en étiolant l’investissement de toute une vie d’honnêtes citoyens ? J’espère que non.

 

 

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A propos de l'auteur

Je suis Yehni Djidji, écrivain, scénariste, chroniqueuse, entrepreneur web et ce n’est que la partie visible de l’iceberg. Je crois qu’avec la foi on peut tout accomplir, même s’accomplir !


Un commentaire sur “Qui sauvera la rue Ministre de la Riviéra Palmeraie ?

  1. Je pense que ce n’est pas le Ministre qui doit revenir y habiter. Mais c’est plutôt le Président de la république. Je n’arrive pas à comprendre que cette rue soit dans un état pareil.

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