Sicobois nouveau modèle


07 Mar. 2016

3_deguerpissement_CFI_sept2014_AAA_0
Image de déguerpissement de quartier précaire. Source: rfi.fr

Il n’est pas rare de voir, nichées dans un repli d’un quartier dit résidentiel, des grappes de maisons en bois dont l’étanchéité ne tient qu’à des bâches en plastique. Ces cabanes communément appelées Sicobois sont souvent la cible des opérations de déguerpissement.

La plupart du temps, c’est l’aspect sécuritaire qui est évoqué. Sécurité des riverains qui pensent que les dédales sombres de ces cités précaires permettent aux bandits de se faufiler en toute impunité après un forfait. Sécurité des habitants des dites cabanes souvent dans un équilibre instable sur les flancs escarpés d’une pente. Position d’autant plus dangereuse que les saisons de pluie de ces dernières années portent toujours leur lot d’inondation et de glissement de terrain. Sécurité même du propriétaire du terrain qui à bien du mal à venir récupérer son bien avec toutes les rumeurs qui attribuent aux habitants des connaissances mystiques capables de faire passer de vie à trépas dans d’atroces souffrances un propriétaire un peu trop zélé.

Étant pris pour cible donc par les mesures de déguerpissement, toutefois que l’Etat veut marquer d’un coup de poing sur la table qu’il travaille pour notre sécurité et l’assainissement de notre environnement, les habitants de ces quartiers précaires, qui n’ont pas toujours un revenu aussi faible qu’on veut nous le faire croire, ont développé une nouvelle technique d’occupation de l’espace.

Je suis tombée sur deux cas du genre à la Riviéra. De l’extérieur, vous ne verrez qu’une clôture imposante hérissée de bouteilles cassées et un portail gigantesque. Mais jetez un œil indiscret à l’intérieur et vous verrez que le terrain nu est occupé par des cabanes en bois essaimées à qui mieux mieux.

Je recherchais un peintre quand on m’a indiqué une de ces maisons jouxtant un immeuble de trois étages. Je craignais déjà pour ma bourse vu le niveau de vie de ce fameux peintre dont on disait tant de bien. Une fois le portail poussé, changement total de décor. Cour sablonneuse, enfants courant à moitié nu, des femmes avec des pagnes autour de la poitrine.

Je n’ai pas pu m’empêcher de penser que beaucoup de personnes subordonnant leurs relations à l’aisance financière de l’autre pourraient se faire prendre au piège. Imaginez un instant, le jeune homme ou la jeune dame qui ne veut jamais que vous entriez chez lui ou chez elle sous prétexte que ses parents sont sévères. Vous vous contentez donc d’imaginer ce qui se cache derrière le haut mur et de fantasmer sur le bon parti que vous avez déniché. Le réveil risque d’être brutal.

categories 225news

A propos de l'auteur

Je suis Yehni Djidji, écrivain, scénariste, chroniqueuse, entrepreneur web et ce n'est que la partie visible de l'iceberg. Je crois qu'avec la foi on peut tout accomplir, même s'accomplir !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.